|
|
Les droits de succession : un impôt sans légitimité économique ou morale La seule
réforme qui ait un sens à la fois économique et moral
est la suppression de tous les droits de succession. Tout le reste n’est
que du bricolage fiscal au gré des opportunités politiques.
Même si les droits de succession ont été grandement
amputés ces dernières années, ils demeurent un impôt
inique, sans légitimité économique et aux conséquences
graves, comme la fuite des capitaux. Mieux, je me place même sur
un plan éthique pour dénoncer cet impôt : comment
en effet justifier un prélèvement, qui reste élevé,
sur un mort au seul motif qu’il a su se constituer ou entretenir
dans sa vie passée un capital ? Cela remet en cause la légitimité
de la propriété du capital et par conséquent la liberté
du propriétaire de donner la destination qu’il souhaite à
ce capital après sa mort. Cela revient à punir celui qui
a fait l’effort toute sa vie d’accumuler un patrimoine, non
sans avoir au passage acquitté des impôts importants. C’est
toute l’absurdité de la progressivité des droits de
succession. Je trouve tout aussi choquantes les mesures qui consistent
à inciter les personnes à faire des donations avant leur
mort. Cela me paraît extrêmement dangereux alors même
qu’on assiste au vieillissement de la population et que chacun sait
que l’allongement de la durée de la vie a un coût de
plus en plus important. La suppression de cet impôt ne serait en
rien un « cadeau » fait aux plus fortunés : il n’a
tout simplement pas de sens dans un pays qui reconnaît le droit
à la propriété privée.
|