A lire l’analyse de Jean-Pierre Chevallier « Le désastre de France Télécom »

Ce lundi 30 janvier, le directeur financier de France Télécom a été viré car les résultats de 2005 sont pires que ce que ses dirigeants pouvaient craindre ! Et en 2006 ce sera pire encore...

150 milliards d'euros de créances de toutes sortes, ce sont aussi 150 milliards d'euros de dettes Manque de chance, ça arrive au mauvais moment : la dette de General Motors est au plus mal, et les marchés des produits dérivés vont sanctionner ces dérapages, ce qui va provoquer des réactions en chaîne catastrophiques, en particulier sur la très grosse dette de France Télécom.

France Télécom a survécu jusqu’à présent grâce à la protection de l’Etat et à des acrobaties comptables, mais l’augmentation des risques sur la dette de General Motors va provoquer des réactions en chaîne sur les marchés des produits dérivés et sa chute dans un avenir proche. Les dettes à long terme de France Télécom sont très importantes : 50 milliards d’euros d’après les comptes (fin 2004) publiés en normes IFRS (International Financial Reporting Standards, Normes Internationales d'Information financière), auxquels il faut ajouter plus de 60 milliards de charges de retraite qui ne sont pas provisionnées et quelques dizaines d’autres milliards qui n’apparaissent pas dans ces comptes. Au total, plus de 150 milliards de dettes à long terme pour de rares capitaux propres qui proviennent en grande partie des apports de l’Etat et d’actionnaires…

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Les comptes publiés par France Télécom ne donnent pas une image fidèle de la réalité en vue de tromper le public, ce qui est un délit. Ses dirigeants en avaient déjà commis un en toute impunité en inscrivant dans les comptes de l’exercice 2001 des cessions d’immeubles (pour 2,7 milliards) dont les actes de vente n’avaient pas été signés au 1° avril 2002 afin de dissimuler le surendettement. Ils continuent en retenant 31 milliards d’euros de dettes à court terme pour un chiffre d’affaires de 46 milliards, ce qui est peu vraisemblable. Une grande partie de cette somme (les deux tiers ?) est manifestement constituée de crédits à court terme renouvelés afin de ne pas augmenter l’endettement à long terme.

7 milliards de provisions pour risques auraient dû être enregistrés en charges et diminuer d’autant le montant des bénéfices et des capitaux propres.

27 milliards d’écarts d’acquisition sont dépréciés sur 20 ans, contrairement aux règles admises ailleurs qu’en France, au lieu de venir en diminution des bénéfices ou des capitaux propres (qui seraient alors négatifs !). Cette acrobatie comptable est assez mal connue en France, et quelques explications sont nécessaires… A la fin des années 90, dans la fièvre de l’Internet, les dirigeants de France Télécom ont acquis et payé fort cher des sociétés qui finalement n’avaient quasiment aucune valeur. Le montant de ces acquisitions a été enregistré en immobilisations à l’actif mais il a fallu par la suite les inscrire à leur juste valeur, et à côté, l’écart de ces acquisitions qu’il faut ensuite faire disparaître en enregistrant la dépréciation en charge venant en diminution des bénéfices. Il était admis jadis que ces dépréciations pouvaient s’étaler sur 20 ans, ce qui permettait aux patrons aventureux de ne pas faire apparaître leurs erreurs. Ces abus ont eu des conséquences très graves et les autorités américaines ont obligé les entreprises à déprécier dès le 1° janvier 2002 la totalité de ces écarts d’acquisition dès leur mise en évidence, ce qui a fait plonger un certain nombre de dot com et assaini le marché. Pour éviter que France Télécom ne tombe en faillite, les autorités françaises n’ont pas adopté ces règles qui sont pourtant appliquées partout…

Par ailleurs, les charges de retraite des salariés de France Télécom ne sont pas provisionnées sous le prétexte que les députés ont voté une loi les transférant à l’Etat. En transposant les 70 milliards d’euros des charges de retraite des 309 000 salariés de La Poste et les 60 milliards des 156 000 salariés d’EDF (retenus dans leurs rapport de gestion), ces charges sont certainement de l’ordre de 60 milliards pour les 205 000 salariés de France Télécom dont 42 % ont gardé leur statut de fonctionnaires !

Enfin, les banques créditrices de MobilCom (acquise par France Télécom) pour plus de 5 milliards ont été obligées d’abandonner leurs créances pour recevoir en contrepartie des fonds non remboursables transformables en actions France Télécom…

Au total, plus de 150 milliards d’euros de créances sont détenues par des salariés, des banques et d’autres entreprises. Ce sont autant de dettes pour France Télécom. C’est aussi de l’argent non gagné qui circule. Heureusement, les Français ne comprennent rien à ces problèmes économiques et financiers…

Le chiffre d'affaires n'augmente plus depuis 2002 à cause de la concurrence.

 

Les Cercles libéraux 63 ont organisé le 19 janvier 2006 à Clermond-Ferrand une réunion d'information sur : "Les OGM, entre risques et fantasmes"

 

A lire le compte-rendu de Serge Weidmann

Quelques vérités sur les OGM

Si les auvergnats veulent connaître la teneur de la réunion d’information sur les OGM, organisée hier soir par les Cercles libéraux 63 et l’association Liberté chérie à Clermont-Ferrand, ce n’est pas en lisant La Montagne de ce jour qu’ils en auront une idée juste.

Parler de « dialogue de sourds sur les OGM », c’est, par un titre accrocheur, faire fi de la réalité d’une soirée qui fit la part belle à la connaissance, à la raison, à l’approche scientifique, ce qui nous changeait des peurs millénaristes et des fantasmes entretenus par les ennemis du progrès technique.

Après avoir écouté et questionné les intervenants : Jean-Claude Guillon, Directeur Stratégie et Communication au groupe coopératif Limagrain, Louis Giscard d’Estaing député et membre de la mission d’information parlementaire sur les OGM et le docteur Jean-Pierre Brenas, on ne peut qu’être rassuré.

Les expérimentations OGM en France doivent suivre des méthodes rigoureuses ; elles sont très surveillées, contrôlées à chaque étape du processus et poursuivies dans la transparence la plus complète. Le principe de précaution, inscrit dans la constitution française, fonctionne ici parfaitement. Lois et comités protègent convenablement la nature et les hommes.

De plus, dans aucun des pays au monde qui cultivent des plantes OGM, on n’a relevé un risque quelconque pour la santé humaine.

Les « destructeurs délibérés » -selon l’expression de Louis Giscard d’Estaing- qui fauchent les parcelles cultivées en OGM, font partie de groupes européens voire internationaux. Or ils n’exercent leur coupable activité qu’en France. On peut à bon droit se demander qui, hors de chez nous, les aide et les manipule ?

Car si la France est freinée dans sa recherche et ses expérimentations sur les OGM, d’autres nations ne le sont pas et notre pays risque, à terme, d’être exclu du développement économique lié à la nouvelle ère de la génomie végétale, porteuse de progrès en agriculture et dans la médecine.

Quant aux arguments des anti-OGM, certains sont faux , économiquement (il n’y a pas de surproduction céréalière, au contraire le monde n’a que quelques mois de stocks devant lui) scientifiquement (on n’a jamais, par exemple, constaté de contamination des sols), d’autres sont les conclusions d’expériences menées selon un protocole des plus farfelus, à l’image de l’histoire de cet homme qui, malade après avoir bu du whisky avec du jus d’orange, boit de la vodka avec son jus d’orange et, toujours malade, décide d’arrêter définitivement la consommation du jus d’orange.

 

A lire le mot de la rédaction de Ligne Droite

La feuille de route remplacée par la feuille de doute. Doute en tous cas pour les occidentaux médusés par le résultat des élections palestiniennes. Pourtant les vainqueurs du Hamas ne veulent pas douter mais plutôt bouter. Bouter les israéliens hors de la région bien sur. C’est clair, c’est net et sans ambiguïté. Il reste à espérer que, confrontés aux réalités du pouvoir et à la difficulté de trouver des fonds, ils soient obligés de composer. Sinon, ce serait leurs soutiens financiers américains et européens qui pourraient bouder.

Pour revenir en Europe, Chirac n’a pas réussi à convaincre Angela Merkel d’accepter la TVA à 5,5% pour la restauration. N’apprécierait-elle pas la cuisine française ? Il est vrai que si, lors de sa visite en France, Chirac lui a fait servir de la tête de veau cela n’aurait rien de surprenant.

L’UDF aurait-elle fait ses comptes ? Aurait-elle plus ou moins de députés sans accords passés avec l’UMP dans certaines circonscriptions ? Les candidats PS ne risquent-ils pas alors d’être les grands gagnants de cette déclaration d’indépendance ? Cette situation pourrait ouvrir la porte aux candidats lepenistes ou villiéristes pour des accords de deuxième tour avec l‘UMP. Mais le voudront-ils?

L’actualité va vite. Noël est déjà loin. Regardez chez vous. Quels sont les cadeaux qui, cinq semaines après, sont encore utiles. Nous sommes prêts à parier que ce sont en grande majorité des objets importés. Les vêtements bien sur mais aussi les écrans plats, les lecteurs de DVD, les jeux vidéo et autres gadgets électroniques. Alors soyons de bons français : la prochaine fois mangeons plus de foie gras (non importé), de chapons et buvons plus de Champagne.

Et si vous avez encore un petit creux, pensez à celui de la sécu. Tout est dans la manière de présenter les choses. Le déficit ne s’aggrave pas. Donc cela va mieux. D’ailleurs, en généralisant, le déficit budgétaire global de la France s’améliore… par rapport aux prévisions. Ce miracle fut accompli en demandant aux entreprises qui font des bénéfices de s’acquitter d’une partie de leur impôt en avance. Bien sur cela reste un déficit mais qu’importe, Dominique de Villepin déclarait récemment qu’il aimait se réveiller chaque matin en ayant une bonne nouvelle à annoncer aux français. Gageons qu’avec une telle imagination ce n’est pas très difficile.

Les enseignants, confrontés à la violence de leurs élèves, se sentent de moins en moins soutenus par leur hiérarchie. Les jeunes enseignants surtout, qui n’ont pas connu mai 68 et ne comprennent pas qu’il leur est interdit d’interdire. Ils n’ont sans doute pas bien lu les livres scolaires qui prônent le laxisme à longueur de page.

Les vacances sont loin également pour nos parlementaires. Ils sont très occupés à analyser ce qui n’a pas fonctionné dans l’affaire d’Outreau. De telles auditions sont nécessaires et devraient avoir lieu plus souvent. Mais il faut espérer que les conclusions de cette commission ne seront pas la seule base prise en compte pour revoir le fonctionnement de la justice dans notre pays.

Un remaniement global est nécessaire. Conscient de la surcharge de travail pour nos députés, Chirac les a exemptés d’avoir à supprimer l’article 4 de la loi sur la colonisation. Il a fait appel au Conseil Constitutionnel. Certes « ce n’est pas à la loi d’écrire l’histoire » mais en contournant ainsi la représentation nationale, le Président a évité qu’elle ne prenne ses mots à la lettre et décide d’annuler également la loi Taubira-Dannon.

La bonne nouvelle nous vient de Jean-François Coppé. Le porte-parole du gouvernement va publier un livre intitulé « Promis, j’arrête la langue de bois ». Enfin, une bonne nouvelle pour les français mais peut-être pas pour « Ligne Droite ». Si les hommes politiques se mettent à parler vrai, que nous restera-t-il à écrire ? Heureusement nous n’y croyons pas !