Mais si les réformes
libérales sont possibles !
L’échec
des réformes en France n’est pas l’échec
de réformes vraiment libérales, ni celui des
méthodes de réforme libérale.
Il
est de bon ton, de juger «la France irréformable»
et les Français «allergiques à toute
réforme libérale». Cette thèse
n’est pas sans poids quand on voit le gouvernement
devoir battre en retraite devant un CPE certes maladroit,
mais somme toute bien anodin. Quand on lit aussi les enquêtes
d’opinion qui classent les Français bons derniers,
dans la confiance dans l’économie de marché
et les libertés économiques.
Il est vrai, comme nous n’avons cessé de le
répéter, que les fausses réformes libérales
chassent les vraies. Et, que la droite au lieu d’assumer
la pédagogie libérale des réformes
nécessaires, a laissé s’installer une
opposition suicidaire entre le «libéral»
et le «social» en cédant trop souvent
– par manque de conviction ou par démagogie
- aux pulsions sécuritaires et protectionnistes de
l’opinion ou des corporations.
Mais la politique,
comme disait le Cardinal de Richelieu (dans son Testament
politique)« ce n’est pas l’art du possible,
mais l’art de rendre possible ce qui est nécessaire».
Préparer 2007,
suppose une claire vision de ce qui est nécessaire
(nous y reviendrons). Mais, c’est aussi mener une
réflexion approfondie sur comment rendre possible
ce qui est nécessaire.
Plusieurs réflexions
s’imposent :
1 – En 2007, il ne faudra
pas suivre l’opinion mais l’éclairer
car l’opinion est contradictoire : Les jeunes veulent
à la fois et tout autant être fonctionnaires
et entrepreneurs ; les Français n’aiment pas
l’économie de marché mais croient aux
vertus de la concurrence... Or, les solutions libérales,
chaque fois qu’elles sont présentées
comme des nouvelles libertés d’agir et de choisir
(travailler plus pour gagner plus, faire ses courses le
dimanche, choisir l’école de ses enfants...)
recueillent toujours la faveur de plus de deux Français
sur trois.
2 – La légitimité
démocratique est le premier levier des réformes.
Une double victoire aux élections présidentielles
et législatives ouvre, répétons-le,
une fenêtre de tir de 200 jours pour une action réformatrice
audacieuse : 100 jours d’action par ordonnances après
une loi d’habilitation et 100 jours d’action
parlementaire d’octobre à fin décembre
2007 avec le vote du budget 2008 et quelques réformes
clefs. Bien entendu, cette légitimité démocratique
exige que ces réformes aient été clairement
inscrites dans le programme du Président élu
et de sa majorité.
3 - Il ne faut pas céder
au mythe de la négociation et de
la concertation avec les partenaires sociaux. Les syndicats
globalement appartiennent au clan du statu quo. Et souhaiter
leurs appuis c’est se condamner à des reformes
chèvres choux ou des caricatures de réformes.
Ce serait une folie que d’imaginer comme vient de
le proposer un rapport remis au Président de la République
(voir l’éditorial :
la loi des syndicats) un cadre unique et obligatoire
de négociations pour toute réforme. Cela ne
signifie pas, bien entendu, qu’il faille renoncer
à tout dialogue social, à chercher pour telle
ou telle reforme l’appui d’un ou plusieurs partenaires
sociaux, à établir avec eux des « diagnostics
partagés ». Et peut être pourrions-nous,
comme cela se pratique couramment aux Etats-Unis –
même si ce n’est pas notre tradition - envisager
quelques sujets de réformes élaborés
de façon bi-partisanne. Dire cela, ce n’est
pas nier le rôle des partenaires sociaux mais distinguer
le domaine qui relève clairement du législateur,
de l’espace de réforme contractuelle proposé
aux partenaires que l’on ferait bien d’élargir
et de reconnaître.
4
– Les réformes exigent enfin de la méthode
et de l’habilité.
Les libéraux parce qu’ils ont la réforme
audacieuse ont aussi la réforme prudente. Nous avons
hélas le défaut des grandes reformes conduites
au nom de l’intérêt général
supérieur sensé vaincre aisément la
somme des petits intérêts particuliers. Le
problème c’est que les Français sont
très attachés à ces petits intérêts
particuliers et qu’ils jugent assez rapidement injuste
qu’on s’attaque à eux quand ils semblent
susciter de si grands privilèges. C’est la
raison pour laquelle les libéraux ont tiré
les leçons, tant de nos échecs et de nos succès,
que des reformes menées à l’étranger,
pour élaborer un discours de la méthode et
une boite à outil efficace. Conduire avec succès
une réforme c’est d’abord identifier
les blocages, les adversaires, les opposants, c’est
aussi identifier ses partisans et savoir les mettre en mouvement.
C’est une méthode qui ne s’attaque pas
aux avantages acquis pour les supprimer ou les rogner, mais
les échanger (un statut de fonctionnaire contre un
statut d’actionnaire privilégié par
exemple), les racheter (une prime de départ ou de
reconversion) ou les éteindre pour les nouveaux entrants
(dans telle ou telle activité publique par exemple).
C’est une méthode
qui conduit non pas à supprimer les
droits trop généreux distribués hier
par notre Etat providence mais d’abord à faire
la vérité sur ses faux droits qui ne pourront
être honorés le moment venu comme par exemple
les droits à la retraite dans un système de
répartition menacé par la démographie.
D’où leurs propositions, sur ce dernier exemple,
de transformer tous les faux droits acquis, y compris dans
les régimes spéciaux, en vrais droits calculés
en point de retraite ayant une vraie valeur économique
déterminée chaque année en fonction
de la croissance, de la démographie et du nombre
de départ en retraite. Ce qui permettait en plus
à chacun de choisir librement l’âge de
sa retraite.
C’est encore une méthode qui préfère
l’expérimentation et l’ouverture de brèche
dans nos grands systèmes bloqués
plutôt que de tenter d’hasardeuses réformes
d’ensemble.
C’est ainsi que l’on peut permettre aux caisses,
aux mutuelles et aux assurances de devenir assureur santé
au premier euro, de conventionner les prestations de santé
avec les médecins, les hôpitaux, les cliniques
et donc sans remettre en cause le système de protection
sociale existant, instituer une concurrence innovante et
efficace.
De même, dans le domaine scolaire, sans reforme d’ensemble
on peut permettre aux établissements qui le souhaitent
d’opter pour un statut de pleine autonomie avec des
moyens financiers garantis mais laissant une très
large liberté de moyens dans le cadre d’une
évaluation des résultats....assorti d’une
liberté de choix des parents pour l’école
de leurs enfants.
Appliquer à la réforme
de l’Etat, cette méthode conduit
non pas à se focaliser sur les coupes budgétaires
ou la réduction du nombre de fonctionnaires mais
à se concentrer sur la redéfinition du périmètre
et des missions de l’Etat en déléguant
chaque fois que possible des activités exercées
par l’Etat ou les collectivités locales à
des acteurs privés dans le cadre d’un cahier
des charges (on retrouvera le détail de nos propositions
dans le dossier : Réforme
de l’Etat).
Enfin, ce
qui différencie sans doute les vraies réformes
libérales des autres réformes – et hélas
de celles qui sont trop souvent présentées
comme libérales – c’est qu’elles
ne condamnent pas les Français à une cure
d’austérité et de rigueur mais qu’elles
ouvrent le chemin de la croissance et du pouvoir d’achat.
Elles seules peuvent permettre de maintenir le haut niveau
de protection sociale, auquel les Français sont attachés,
pour faire face encore à la charge des dettes et
déficits accumulés depuis 30 ans.
Nous nous attacherons dans les temps qui viennent à
montrer que ce qui est nécessaire est libéral,
ce qui est libéral est social et que ce qui est libéral
et social est nécessaire 
Alain
Madelin
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Avec
la disparition de Jean-François Revel
les libéraux ont perdu une référence
et un ami.
La référence, c’était celle
de cet intellectuel qui a toujours porté haut les
idées de liberté. Contre le totalitarisme
et le communisme d’abord, à un moment ou
tant d’autres intellectuels sombraient dans la fascination
ou la complaisance. La référence, c’était
encore plus récemment, cette plume acérée
et lucide qui savait s’emporter contre une droite
qui trahissait sa vocation libérale ou qui cédait
aux sirènes de l’antiaméricanisme
primaire.
L’ami, c’était pour les libéraux
le compagnon de beaucoup de nos combats. On se souviendra
de la magistrale introduction qu’il livra à
la journée sur « les 4 vérités
de la mondialisation » organisée le 15 novembre
2003 par les Cercles libéraux. Si Revel n’est
plus, son héritage intellectuel demeure plus vivant
et plus actuel que jamais.
Lire
l’hommage d’un de nos lecteurs, Serge
Weidmann, membre du Cercle de Clermond Ferrand,
à Jean-François Revel
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En
2007, les libéraux devront choisir
mais aujourd’hui l’heure n’est
pas au choix des personnes. Elle est à l’élaboration
et au choix des programmes.
Sans attendre nous avons un devoir
: placer au cœur du débat qui s’engage
un ensemble de propositions libérales nécessaires
au sursaut du pays. Avec deux objectifs : faire
peser nos idées dans le débat, servir
de référence pour juger des idées
des uns et des autres.
A nous maintenant de regrouper
les idées et les talents et de définir
un programme de travail et de publication.
Les responsables des Cercles libéraux
se réuniront à cette fin le 10 mai
prochain.
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La mascarade du débat Université-Emploi
«Branle-bas de combat à l’Alma Mater ! Les
présidents des universités, fébriles, ont demandé
à toutes les commissions de se réunir. A l’ordre
du jour, le débat national Université-Emploi.
La lecture de l’allocution du Premier Ministre ouvrant le
«débat» en Sorbonne, à la fin du mois
d’avril est édifiante.» Pour Jean-Philippe
Feldman «le débat Université-Emploi
est verrouillé. Toutes les questions essentielles sont évacuées
dés l’origine». Aucun mot sur la sélection
des étudiants pas plus que sur l’enseignement primaire
ou secondaire. Il n’y aurait pas de mauvais étudiants
mais de mauvaises orientations. En réponse le Premier Ministre
propose donc «un service public de l’orientation»
!
Lire
la suite
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LE CHIFFRE |
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CITATION |
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C’est
le pourcentage des franciliens favorables à l’ouverture
des magasins le dimanche. Si les politiques hésitent
souvent devant des réformes libérales c'est parce
qu’ils craignent qu’elles soient impopulaires. Ce
sondage montre, une fois de plus, que toutes les réformes
lorsqu’elles sont présentées comme des libertés
d’agir et de travailler recueillent la confiance de deux
Français sur trois. |
"La résistance
française
au libéralisme
provient d’une part,
de ce que les Français placent l’égalité
au-dessus
de la liberté,
d’autre part
de ce qu’ils acceptent
les inégalités
lorsqu’elles sont
dues à l’État et non
à la concurrence
des talents."
J-F
Revel
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La feuille d’impôt pré-remplie
:
une fausse bonne idée
«Ce que nos princes appellent une «réforme
fiscale» peut se résumer à un principe extrêmement
simple : «comment prendre toujours plus d’argent dans
les poches du contribuable à son insu». Car, ne nous
leurrons pas, sous le prétexte fallacieux de nous faciliter
la vie, l’Etat nous trompe encore une fois se facilitant la
tâche». C’est l’analyse de notre ami
Jean-Louis Caccomo à propos de l’instauration
de la feuille d’impôt pré-remplie.
Lire
la suite
A
LIRE |
L’Obsession
anti-américaine
de
Jean-François Revel,
Pocket |
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En
août 2002, le regretté Jean-François
Revel publiait «L’Obsession
anti-américaine», brillant plaidoyer
pro-américain dans lequel il dénonçait
l’anti-américanisme primaire des élites
françaises. L’académicien s’attachait
à explorer les fondements et les différentes
facettes de ce phénomène politico-culturel
à la lumière de l’évolution
des Etats Unis, devenu à la fin du XXème
siècle, l’unique «hyperpuissance»
tant au niveau économique, stratégique
que culturel. |
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Jean-François Revel avait déjà traité
avec succès en 1970 de la question de l’antiaméricanisme
dans «Ni Marx, ni Jésus» mais
force était de constater que l'hostilité
à l’égard de l’Amérique
n’avait fait qu’augmenter jusqu’au terrorisme
religieux du 11 septembre 2001.
C’est avec toute son habilité intellectuelle
et un ton incisif et clair que cette grande figure du
libéralisme défendait l’idéal
démocratique fondé sur la défense
des libertés individuelles. Quatre ans après
la publication de cet excellent ouvrage, la lecture de
ce pamphlet toujours d’actualité, nous permettra
de redécouvrir l’intelligence et la justesse
de la pensée de Jean-François Revel. |
Les
AUTRES EDITORIAUX
La
TRIBUNE des LECTEURS
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