Au petit bonheur
du jour...

La réhabilitation de l’entreprise est en bonne voie mais c’est une véritable reconstruction d’un lien social qui s’impose. Les revendications, les échecs, les critiques, la lutte des classes transposées dans les organigrammes, les conflits d’intérêt, la bagarre sur le temps de travail… autant d’arbres qui cachent la forêt.

L’entreprise est le lieu de vie et l’aboutissement d’une formation de chaque individu. Il convient aujourd’hui de retrouver des repères et d’accepter une nouvelle conception de la trajectoire des entreprises et du salarié. L’entreprise ne doit pas être l’objet de tous les courroux et des rancœurs sociétales.
Un jour par an au moins, il convient de le rappeler « Etre bien dans sa boite, c’est être bien dans sa peau », c’est le socle de tous les progrès individuels et collectifs, la clé de voûte de l’intégration sous toutes ses formes et à tous les niveaux.

C’est l’occasion de créer de la convivialité et de comprendre la valeur du travail d’équipe à travers une trêve nationale : une trêve non pas du travail mais de l’agressivité. Fêtez l’entreprise c’est accepter qu’elle existe avec ses imperfections, ses injustices, ses contraintes. C’est en faire un corps social qui vit, et accepter qu’il meurt… C’est aussi accepter les départs, fêter les arrivées, penser aux absents, aux retraités. C’est inscrire un groupe humain dans une durée et dans une relation autre que celle des missions exclusivement professionnelles. Dépasser le besogneux ou la feuille de paye pour réfléchir et s’arrêter sur le plaisir implicite et les bonheurs minuscules de la pause café ou du bavardage salvateur ! Fêter l’entreprise est un acte forcément consensuel. Qui peut s’y opposer ? Pas les syndicats qui veulent le bonheur maximal de leurs troupes ? Pas les patrons qui veulent le succès de leurs équipes ? Pas les salariés qui veulent découvrir à travers une initiative un autre visage de leur univers professionnel ? Pas les politiques qui veulent la croissance ? Pas les artisans, ni les commerçants, ni les médecins… qui vivent des autres et pour les autres ? Pas les clients qui sont les premiers bénéficiaires d’un fournisseur épanoui ?

L’esprit critique des Français amplifié par les médias, finit par déteindre sur l’humeur du pays. On n’ose pas dire , on n’ose plus parler de ce qui est gai ,de ce qui se passe bien ;le politiquement correct consiste à rester sur le thème de l’exploitation et de la frustration des salariés : dénigrement et critiques sont systématiquement aux rendez-vous. L’audace aujourd’hui c’est de dire qu’on « aime sa boîte »… un peu, beaucoup, passionnément, oublions le « pas du tout » le jeudi 19 octobre 2006 prochain, ce sera la fête de toutes les entreprise, faites-là !

Sophie de MENTHON
Présidente d’ETHIC