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Circulez,
il n’y a rien à négocier
Plutôt que
de chercher à négocier le CPE avec les organisations syndicales
qui lui sont hostiles, le gouvernement doit en préciser le mode
d'emploi pour rassurer l'opinion.
L’affaire
du CPE pose non seulement la question de l’acceptabilité
des réformes en France mais peut être plus encore celle de
la méthode pour réformer.
Le
reproche le plus commun adressé au Chef du gouvernement
est de n’avoir pas négocié préalablement le
CPE avec les partenaires sociaux. L’argument est des plus spécieux
car on ne se souvient guère des négociations préalables
aux 35 heures et même, plus récemment, de celles qui auraient
précédé l’instauration du CNE.
Nous n’avons jamais caché ici même nos réserves
sur le CPE, sur sa logique économique douteuse et sur ses vices
de construction juridique (Voir "Un
nouveau droit pas très adroit").
Nous sommes d’autant plus surpris, que l’UMP qui s’était
empressée de déclarer que le CPE avait été
«élaboré, puis calé, après plusieurs
entretiens avec le Premier ministre et le Président de l’UMP»
propose aujourd’hui de le suspendre pour le redessiner dans une
négociation avec les partenaires sociaux.
A la décharge de Dominique de Villepin, il faut
reconnaître qu’une telle négociation s’apparente
à une mission impossible.
On ne voit guère de véritables possibilités
de négociation. D’abord, parce que les forces hostiles
au CPE ne demandent ni plus ni moins que son retrait
Ensuite, parce que l’on ne voit guère de compromis
possible avec des organisations aussi éloignées du fonctionnement
de l’économie réelle. C’est ainsi, que Bruno
Julliard, président de l’UNEF, explique dans Libération
que les jeunes qui ont aujourd'hui dix-huit ans sont menacés d’avoir
à travailler jusqu’en 2055, et qu’une vraie réforme
devrait permettre de «construire mieux et plus» car «la
richesse n’a jamais été aussi mal répartie».
Il faudrait selon lui «remettre en cause le primat du profit sur
la vie humaine», mettre en place une allocation d’autonomie
pour tous et planifier les besoins économiques contre les logiques
de «rentabilité immédiate».
Les organisations syndicales ne sont pas
en reste si l’on en juge par exemple par la CGT qui propose
rien de moins qu’ « une indemnisation à 80% du SMIG
pour tous les primo demandeurs d’emploi et une indemnisation équivalente
à 80% du salaire sans indemnisation de temps pour tous les salariés
licenciés dans la perspective d’une indemnisation à
100%, (voir : Courage fuyons) sans parler de la suppression des CDD et
de la taxation des licenciements (idée curieusement reprise par
l’UMP)
Au
surplus on peut s’interroger sur la faible représentativité
des dits partenaires sociaux dans la mesure ou le CPE s’adresse
aux jeunes les moins qualifiés à la recherche d’un
emploi qui sont – c’est le moins que l’on puisse dire
– les laissés pour compte d'organisations syndicales plus
volontiers tournées vers la défense des salariés
de la fonction publique ou des salariés à plein temps des
grandes entreprises.
C’est assurément une erreur que de vouloir
dans l’état actuel de la culture du syndicalisme français
élaborer conjointement les réformes nécessaires avec
les organisations syndicales. Paraphrasant la célèbre pensée
«qu’est ce qu’un dromadaire si ce n’est un cheval
dessiné par une commission» nous nous étions déjà
moqués des bonnes idées de réformes qui après
une longue concertation avec les syndicats dégénéraient
en "réformes dromadaires" inappropriées et inefficaces.
Comme vient de le noter Pierre Manent «la concertation
érigée en dogme a contribué à la paralysie
du gouvernement représentatif». Si un dialogue avec
l’opinion et les syndicats n'est pas en soit inutile, il n’en
reste pas moins qu’il est nécessaire de redéfinir
les rôles de chacun. Aux hommes politiques de définir un
programme de se faire élire et de le mettre en oeuvre (le plus
rapidement possible au lendemain des élections car les réformes
les plus courtes sont aussi les meilleures). Aux partenaires sociaux,
à l’intérieur d’un espace contractuel qui leur
est propre (et qui reste à redéfinir) de négocier
contrats, conventions collectives et institutions paritaires.
Aussi aujourd’hui, plutôt que de chercher
à engager d’impossibles négociations, le gouvernement
serait mieux avisé à préciser le mode d’emploi
du CPE et notamment - comme nous l’avons souvent souligné
ici même – d’expliquer que dans le cadre de la procédure
simplifiée de rupture du CPE, il est bien entendu souhaitable d’exprimer
un motif valable. D’abord, parce que celui-ci existe dans tous les
cas (une entreprise ne licencie pas sans motif) ; ensuite parce qu’un
tel motif est en fait nécessaire puisqu’il devra être
justifié devant les tribunaux en cas de litige. De leur coté
les organisations patronales devraient s’engager sur un tel mode
d’emploi.
Voilà qui à ce stade ne résoudrait
pas tous les problèmes politiques posés par le CPE mais
contribuerait grandement à dissiper d’inutiles malentendus.
Pour aller plus loin, il faut aussi répondre aux
inquiétudes qui se font jour derrière le mouvement anti-CPE,
tout particulièrement chez les étudiants. L’inquiétude
d’une jeunesse aux diplômes déqualifiés, condamnée
à la précarité, ayant à supporter le fardeau
des dettes léguées par leurs aînés et dont
les chances de promotions sociales sont bien inférieures à
celles de la génération qui les a précédée.
Ces problèmes ne sont pas sans solutions, fort heureusement. Ils
passent par un retour à une très forte croissance créatrice
d’emplois et donc par une confiance retrouvée dans l’économie
de marché, les bienfaits de la concurrence et du libre échange,
la reforme fiscale pour encourager la création de richesses nouvelles.
Hélas, la sous-culture économique des Français,
entretenue par la frilosité des réformes et l’exaltation
du protectionnisme de la droite, ne favorise guère une telle prise
de conscience. Ni aujourd’hui, ni hélas pour les toutes proches
élections de 2007 
Courage
fuyons !
Au sein de la majorité le courage, de ceux qui
hier étaient les plus
ardents défenseurs du CPE, semble parfois flancher...
Nous
n’avons pas caché depuis le début notre peu
d’empressement – et c’est un euphémisme –
pour le CPE (voir : "Un
nouveau droit pas très adroit" et "CPE
: sans peur mais pas sans reproche"). Aujourd’hui cependant
nous souhaitons le succès de Dominique de Villepin.
S’il est nécessaire de rassurer les jeunes
en leur donnant quelques garanties sur le mode d’emploi –
et sur l’évidente nécessité pour les employeurs
de motiver le licenciement (voir : "Le
mauvais procès du CPE") -, il ne saurait être question
de plier devant des manifestations orchestrées par la gauche, l’extrême
gauche et tous les adversaires du gouvernement.
A l’inverse de notre position, il est attristant
de voir les défections au sein de la majorité de ceux qui
lorsque le CPE a été présenté à la
mi-janvier croyaient bon d’affirmer que cette proposition sortait
directement de la boite à idée de l’UMP et qui plus
tard l’ont voté sans critique ni états d’âme.
Les élections approchant, l’impopularité grandissante
du CPE semble éroder les convictions et les soutiens.
Le Premier ministre aurait fait preuve d’un dangereux
manque de concertation. Soit. Mais qui peut croire qu’il eut été
possible d’élaborer une quelconque proposition à partir
des positions syndicales et de celles de l’opposition. La proposition
phare de la gauche, celle dont le PS veut faire un thème majeur
de sa campagne de 2007, celle que défend la CGT et - sous une forme
atténuée- la CFDT , c’est « la sécurité
sociale professionnelle ».
Pour la CGT, l’idée est simple : «
la suppression de l’emploi ne doit pas entraîner la rupture
du contrat de travail, le salarié conserverait le même niveau
de salaire jusqu’à l’obtention d’un nouvel emploi
» (et dans l’immédiat les chômeurs doivent recevoir
«une indemnisation équivalente à 80% de leur salaire
antérieur et sans limitation de temps assortie d’une allocation
équivalente à 80% du SMIG pour tous les primo demandeurs
d’emploi»).
Bref, il s’agit de donner un plein salaire aux chômeurs
ou de généraliser à tous les salariés le très
décrié statut des intermittents du spectacle.
Il est pour le moins surprenant que cette idée
soit devenue celle de l’UMP, qui propose en outre que les entreprises
qui licencient soit taxées davantage que les autres !
De même, opposer aujourd’hui la proposition
hasardeuse du CPE à un projet plus vaste de «contrat de travail
unique à durée indéterminée» n’a
pas davantage de sens.
Ce qui fait l’efficacité d’un marché
aujourd’hui, c’est la multiplicité des contrats.
Cela vaut pour les marchés financiers, les tarifs des services,
les billets d’avion et bien sûr le marché du travail.
Celui-ci ne saurait être le seul marché sur lequel il existerait
un seul contrat.
A suivre cette piste la droite fait la même
erreur que celle des socialistes qui consiste à vouloir
couler tous les salariés dans le moule des 35 heures. Pourquoi
pas une paire de chaussures à taille unique pour tous les Français
!
Les contre propositions du Parti socialiste ne sont pas
en reste, depuis le « contrat Eva » de Martine Aubry (voir
"Du CPE à ...Eva" dans
notre lettre du 10 mars 2006"), «au contrat de sécurité
formation» de François Hollande, «aux emplois
- sécurité - formation» de Laurent Fabius, à
la modulation de l’impôt sur les sociétés en
fonction de la proportion de contrats précaires de Dominique Strauss
Khan, à «l’abolition des CDD» proposée
par Jack Lang...
Si l’on aurait pu souhaiter une réforme
du marché du travail d’inspiration plus libérale (voir
nos propositions), il n’y a pas aujourd’hui
tant à gauche que chez les syndicats, à l’UDF ou à
l’UMP de propositions alternatives sérieuses et crédibles.
Quand
on voit l’audace, l’énergie et la ténacité
du Premier ministre dans la défense d’une réforme
somme toute médiocre on ne peut que souhaiter son succès
en rêvant que la même audace, la même énergie
et la même ténacité soient mises un jour au service
de meilleures réformes 
Le
mauvais procès
du CPE
Le CPE passe pour libéral. Il ne l'est guère.
Mais le gouvernement doit tenir bon.
Il
nous faut donc revenir sur le CPE, puisque voici celui-ci placé
au cœur d’une bataille politique et sociale de première
importance.
Nous ne pouvons que donner acte au Premier ministre lorsque celui-ci
soutient que le projet CPE ne provient pas d’une idéologie
libérale. Et il s’en faut de beaucoup, comme nous
l’avons déjà dit ici même (Un
nouveau droit pas très adroit).
- D’abord, parce que pour les libéraux, ce ne sont pas les
politiques de l’emploi qui créent des emplois mais les politiques
économiques tournées vers la croissance. Les politiques
de contrats aidés, quelle qu’en soit l’appellation,
déplacent les emplois plus qu’elles ne les créent.
Cela étant, on ne saurait vraiment reprocher au Premier ministre,
après la crise des banlieues, de chercher quelques moyens rapides
pour élargir les chances d’embauche des jeunes.
- Ensuite, parce que s’il est vrai que les entreprises et tout particulièrement
les petites freinent leurs embauches, dans la crainte de ne pouvoir licencier
demain un salarié pour de véritables raisons économiques
ou personnelles, «aucun libéral ne saurait proposer une quelconque
forme de contrat permettant un licenciement arbitraire sans motif déclaré».
A la cause dite «réelle et sérieuse» de licenciement
qu'impose notre droit trop rigide, il eut été plus sage
d'introduire la notion plus simple et plus souple du «motif valable»
qui prévaut dans les conventions internationales.
Quoi
qu’il en soit aujourd’hui la question de la pertinence
du CPE n’a plus guère d’importance.
Laissons de coté les arguties sur la méthode Villepin. La
gauche est bien malvenue de reprocher l’absence de concertation
avec les organisations syndicales. On ne se souvient pas d’une telle
concertation pour la mise en place des 35 heures !
La
question est ailleurs. Aujourd’hui comme l’écrit
Claude Imbert, dans l’hebdomadaire le Point, « il faut sauver
le soldat Villepin et sa réforme (...) Il faut sauver avec elle
un pouvoir démocratique mutilé par les manifs. Et refuser
qu’une fois encore la majorité des urnes s’incline
devant la minorité des pancartes ».
Si nous étions commis d’office pour la défense
du CPE dans le mauvais procès qui lui est fait, nous dirions
trois choses :
1 - Pour les jeunes le CPE représente un plus par rapport
aux situations de chômage, aux stages ou au CDD. Il est
transformable automatiquement en CDI à échéance ;
il offre de meilleures indemnités de rupture ; il ouvre un droit
à la formation dès le premier mois (au lieu d’un an
pour le CDI), un accès au crédit et au logement (aux mêmes
conditions que pour le CDI) et à l’allocation chômage
à partir de quatre mois effectués.
2 – Le CPE n’a pas vocation à remplacer les
CDI pour les jeunes qui peuvent y prétendre. Beaucoup
craignent, et tout particulièrement les étudiants, que «le
mauvais» contrat -à savoir le CPE- ne vienne chasser «le
bon» à savoir le CDI en raison de l'exonération de
charges de trois ans dont ils bénéficiaient. Bref que le
CPE ne soit systématiquement utilisé comme première
étape à des contrats à durée indéterminée.
Mais en fait, comme l’ont dit les DRH reçus à Matignon,
le CPE n’a pas vocation à se substituer au CDI. Il est important
que le gouvernement et les employeurs le répètent clairement
et le cas échéant apportent les garanties nécessaires
sur ce point.
3 - Le droit apparemment ouvert par le CPE de licencier sans motif
durant les deux premières années ne dispense pas l’employeur
de donner au jeune un motif valable dans le cas d’une rupture du
CPE.
D’une part, parce que motiver un licenciement est pour tout employeur
le signe d’un élémentaire respect dû à
ceux que l’on embauche. L’entreprise ne saurait sortir indemne
de pratiques qui la feraient apparaître comme un lieu d’arbitraire.
D'autre part, pour les quelques employeurs qui ne seraient guère
sensibles à cette évidence éthique, la motivation
de tout licenciement reste un principe de précaution juridique.
En effet, en cas de procédure engagée par le salarié
licencié, l’employeur devra donner les causes de la rupture
afin de vérifier qu'il n'y a pas de "légèreté
blâmable" ou d'"abus de droit". Aussi il est de bon
conseil de recommander aux employeurs qui utiliseront le CPE de motiver
tout licenciement.
Celà
étant, de par sa volonté de résistance aux pressions
de la rue orchestrées par la gauche et l'extrême
gauche le Premier ministre force le respect. Et force le soutien de celles
et ceux qui avec les libéraux ne montraient guère d’empressement
pour ce nouveau contrat

Un
nouveau droit
pas très adroit
Le CPE peut être un « coupe file »
qui facilite l’embauche des jeunes, il reste cependant une réponse
maladroite à un vrai problème.
Après
le CNE, le CPE est la réponse apportée par le gouvernement
à un vrai problème : celui du bon fonctionnement du marché
du travail. Assurément les craintes d’une entreprise, et
tout particulièrement d’une petite entreprise, de ne pouvoir
licencier demain pour de véritables raisons économiques
ou personnelles un salarié embauché aujourd’hui (en
raison de la complexité du droit et du coût financier) pèsent
sur l’embauche.
Cependant, s’il faut reconnaître au CPE après le CNE
la vertu de poser cette question, la solution proposée par le gouvernement
est loin d’être satisfaisante pour les libéraux.
D’un
point de vue économique d’abord. Répétons
le, ce ne sont pas les politiques de l’emploi qui créent
des emplois mais les politiques économiques tournées vers
la croissance (dont les deux piliers sont la fiscalité et l’ouverture
à la concurrence). Certes, un bon fonctionnement du marché
du travail est nécessaire, mais en l’absence de croissance
et de création d’emploi les politiques de contrats aidés
– quelqu’en soit l’appellation – ne font que déplacer
les emplois. Le CPE n’échappe pas à cette règle
: son impact essentiel consiste à changer la place des jeunes dans
la file d’attente devant les guichets d’embauche. Massivement
subventionné, juridiquement attractif (?), le CPE est un "coupe
file" pour les jeunes de moins de vingt six ans relégués
aux dernières places de cette file d’attente. Même
s’il est aussi un plus par rapport à différentes formes
de contrats précaires (et l’on peut même penser qu’à
la marge il pourra permettre à certains entrepreneurs de créer
des emplois, essentiellement en raison du rabais sur le coût du
travail qu’il leur offre), il déplace les emplois plus qu’il
ne les crée.
Sur
le plan juridique, la polémique essentielle porte sur
le fait que l’employeur pourra librement licencier un jeune embauché
en CPE sans avoir - apparemment - à fournir de motif.
Certains craignent non sans raison que ce nouveau contrat «low cost,
low protection», viennent faire une concurrence déloyale,
(revoilà le fameux dumping social!) au CDI, le «mauvais»
contrat chassant le «bon».
De son côté, le gouvernement fait légitimement observer
que ce nouveau contrat offre par rapport à d’autres formes
de travail précaires un ensemble de garanties nouvelles (préavis
et indemnités qui augmentent avec l’ancienneté ; indemnisation
du chômage dès le 4éme mois ; droit individuel à
la formation dès la fin du 1er mois ; accès facilité
au crédit et au logement).
La
réalité juridique est plus complexe car si l’employeur
n’a pas à fournir de motif pour un licenciement dans le cadre
du CPE, il doit cependant pouvoir le justifier en cas de contentieux.
La possibilité de licenciement sans motif n’exclut pas l’obtention
de dommages et intérêts pour comportement blâmable.
Et s’il s’agit de motifs disciplinaires, les droits de la
défense devant pouvoir être assurés, un licenciement
sans motif déclaré deviendra paradoxalement fautif. De fait,
il est vraisemblable qu’un élémentaire principe de
précaution juridique conduira les employeurs à motiver leur
licenciement.
D’un
point de vue politique enfin. Dans un contexte intellectuel français
ou l’on oppose volontiers -et à tort- Le «libéral»
et le «social», la réputation antisociale du CPE proclamée
par ses opposants tend à faire passer ce contrat pour le produit
d’une politique libérale.
Aussi n’est-il pas inutile de rappeler les quelques principes de
base de ce que serait vraiment une politique visant à libéraliser
le marché du travail.
S’agissant du licenciement, aucun libéral ne saurait proposer
une quelconque forme de contrat permettant un licenciement arbitraire
sans motif déclaré.
En revanche, il est clair qu’il est nécessaire de recadrer
«la cause réelle et sérieuse» de licenciement
dont l’interprétation jurisprudentielle est devenue trop
restrictive. La Cour de Cassation vient de commencer à le faire
dans une conception de la cause économique plus proche de la réalité
des entreprises.
Face au paradoxe qui fait qu’il est aujourd’hui plus facile
de divorcer que de licencier, il est nécessaire d’offrir
aussi une possibilité de séparation amiable et transactionnelle
qui ne soit pas obligée de passer par la mise en scène préalable
d’un licenciement.
Enfin, en cas de licenciement jugé fautif par rapport à
la cause «réelle et sérieuse», il serait souhaitable
que l’indemnité puisse être laissée à
l’appréciation du juge en fonction de la réalité
du préjudice en supprimant le niveau minimum de six mois de salaire,
comme c’est d’ailleurs le cas pour les ruptures anticipées
de CDD.
Ces
quelques modifications permettraient de rendre le CDI plus attractif
et tendraient à en faire le contrat le plus usuel pour les entreprises
grandes ou petites.
Et à ces dispositions générales s’ajouteraient
d’autres dispositions contractuelles conventionnelles laissées
à la libre négociation des partenaires sociaux en fonction
des réalités professionnelles et du degré de subordination
plus ou moins grand des salariés.
Notre droit du travail hérité de la civilisation de l’usine
doit aujourd’hui s’adapter aux réalités économiques
de la société du savoir et de la créativité.
Il ne le fera pas autour de l’idée chimérique d’un
contrat de travail unique pour tous les salariés mais au moyen
d’une grande diversité des contrats autour de quelques principes
d’ordre public 
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