CPE : sans peur
mais pas sans reproche


Avec le CPE voici donc notre dernière variante de contrat emploi pour les jeunes. Pour les libéraux, ce contrat, s’il semble ouvrir une brèche dans notre sacro saint droit du travail et pose clairement le problème d’un droit du licenciement trop rigide, n’est cependant pas sans problèmes. D’abord c’est un contrat massivement subventionné par des exonérations de charges (qui constitue une erreur et une illusion d’optique) ; ensuite il s’adresse indistinctement à tous les jeunes de moins de 26 ans qui, bien entendu, ne constituent pas une catégorie homogène. (Qu’y a t ‘il de commun entre le contrat de travail d’un jeune cadre diplômé d’une start-up d’informatique, un jeune à la recherche d’une formation complémentaire ou d’une première expérience, une jeune caissière de supermarché...) A situations différentes, il faut des contrats de travail différents. On retrouve dans cette approche «tous les 26 ans dans le même contrat» la même erreur que celle des socialistes : «tout le monde aux 35 heures»! Sans doute le CPE permettra –t-il de créer quelques emplois nouveaux en déverrouillant la peur du licenciement, mais pour l’essentiel, gageons qu’il ne fera que changer la place des jeunes dans la file d’attente du chômage. Répétons-le : La gauche partage les emplois, la droite les déplace, seuls les libéraux les créent. Au demeurant, face au CPE qui passe pour très libéral parce qu’il supprime pour les jeunes tout motif de licenciement, les libéraux doivent répondre qu’ils n’en demandent pas tant, que cette proposition n’est pas la leur. Le législateur serait mieux avisé de redéfinir pour tous les contrats « les causes réelles et sérieuses de licenciement » adaptées à la réalité d’une économie ouverte dirigée par les marchés et les consommateurs.