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Le
contrat libre embauche, une clé pour l'emploi C'est sans doute
cette peur qui les dissuade d'aller aujourd'hui jusqu'au bout de la logique
de leur analyse, puisque le CNE et le CPE sont réservés
à des catégories de chômeurs bien ciblés :
jeunes à la recherche d'un premier ou nouvel emploi dans une PME.
Pourquoi pas tous les chômeurs, pour toutes les entreprises ? En
allant plus loin, on serait conduit à un contrat libre embauche.
Dans un tel contrat, nulle contrainte légale ni de durée
ni de niveau de salaire. Serait-ce un drame social ? Les syndicats seraient-ils
justifiés à rejeter cette liberté nouvelle ? Mais, après tout, si Tony Blair a rétabli le smic, et s'il existe un smic aux Etats-Unis, le dommage n'est pas grand, parce que ces smics-là sont à un niveau très inférieur à celui du salaire moyen : cet écart est maintenu durablement (pas de «rattrapage»). En France, c'est l'inverse : on observe un écart très faible et une croissance plus rapide. Lorsque Gary Becker a analysé, il y a une quinzaine d'années, l'Eurochômage, il a vu l'erreur des Européens : au prétexte de leur «modèle social», nous subventionnons les bas salaires, le travail peu ou pas qualifié (1). Les effets pervers en sont inéluctables : d'une part, les employeurs ont intérêt à embaucher des gens plus qualifiés puisque leur salaire est comparativement plus faible ; d'autre part, les salariés ne voient pas l'utilité d'acquérir une meilleure qualification, car la différence de revenus est infime. Étant moins qualifiés, ils se trouvent en outre sur un marché du travail plus vulnérable, exposés à la concurrence des travailleurs du reste du monde. Le smic tel que nous le pratiquons en France dissuade l'embauche des moins qualifiés, et notamment des jeunes qui débutent. Quant à la durée du contrat, elle doit avoir la souplesse que requiert l'activité des entreprises soumises à une concurrence permanente et mondiale. Une entreprise ne peut prendre le risque de conserver tout son personnel quand il y a moins de clients. A l'inverse, elle doit pouvoir faire appel à un personnel nouveau quand le marché est porteur. Il est prouvé que la plupart des entrepreneurs ne s'ajustent sur le personnel qu'en tout dernier recours : ils commencent par réduire le taux d'utilisation de leurs équipements. Mais il est des conjonctures où cela ne suffit pas et où, pour conserver la plupart des emplois, il faut en sacrifier certains. Le drame social qui menace, c'est alors celui de la précarité. Mais il n'y a précarité, et la perte de l'emploi en devient un drame, que si l'on est en situation de chômage généralisé et que l'on n'a aucune qualification. En revanche, quand on est en plein-emploi et que l'on a fait l'effort de se qualifier, la précarité porte un nouveau nom, c'est la mobilité. Elle aussi n'est pas sans coût, humain et financier, parce que le changement requiert toujours un sacrifice. Mais elle peut être un avantage. Psychologiquement,
elle libère les individus, et notamment les jeunes, du stress de
l'emploi. Occuper plusieurs postes en quelques années n'est plus
un drame, c'est une occasion d'acquérir expérience et références.
Financièrement, elle évite le risque d'une baisse temporaire
des revenus, et elle est bien préférable à des assurances-chômage
qui dissuadent de prendre un emploi au plus tôt et rendent progressivement
inaptes à un nouvel emploi. Par
Jacques Garello, le 19 janvier 2006, (1) L'analyse de Gary Becker (prix Nobel d'Economie 1992) est sur le site de l'Aleps, www.libres.org.
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