Quel gâchis
!
Retirer
l’anodin CPE constituerait une faute lourde.
Soit,
nous l’avons dit, le CPE est un mauvais contrat
reposant sur un mauvais diagnostic. Il apporte une mauvaise
réponse à une bonne question (l’aménagement
du droit du licenciement). Mais - nous l’avons dit
aussi - le procès fait au CPE est un bien mauvais
procès. Et dès lors que le front du refus
est essentiellement devenu le front des adversaires des
réformes dont la France a besoin, celui des marchands
de peur et des vendeurs de fausses sécurités,
il va de soi que le gouvernement et la majorité doivent
tenir bon.
Et pour tenir bon le cap d’un CPE
qui, malgré tous ses défauts, constitue une
chance de plus pour des jeunes relégués au
chômage, à des stages ou au CDD, il est nécessaire
– comme nous ne cessons de le dire depuis le début
– de dissiper les malentendus qui ont fait du CPE
le symbole du licenciement arbitraire et donc de la précarité.
Il eût été facile – et
il reste possible – de corriger le tir en
précisant que la rupture du CPE à l’initiative
de l’employeur se doit d’être motivée.
Ce n’est pas là dénaturer le CPE car
un employeur ne licencie jamais sans motif et qu’au
surplus celui-ci peut être exigé en cas de
contestation devant les tribunaux.
On peut donc raisonnablement penser que,
dès lors que ce malentendu serait dissipé,
le mouvement anti-CPE s’effilocherait après
quelques barouds d’honneur devant un gouvernement
et une majorité tenant fermement le cap.
Malheureusement, au lieu de décider et d’agir
vite, le Chef de l’Etat et le gouvernement
ont choisi de réouvrir une négociation –
dont nous disions ici même la semaine dernière
qu’elle était impossible (voir : Circulez,
il n’y a rien à négocier) –
au niveau des groupes parlementaires de l’UMP ! Et
ce, dans les pires conditions, car face au front syndical
uni pour demander l’abrogation du CPE, les parlementaires
UMP offrent le spectacle de leur désarroi et de leurs
divisions, nombre d’entre eux n’hésitant
pas publiquement à s’affirmer favorables à
l’abrogation !
Tourments que Libération du 7 avril résume
ainsi «comment accoucher d’une mesure qui
est la couleur d’une abrogation, la saveur d’une
abrogation, l’effet d’une abrogation mais qu’on
n’appellerait pas abrogation»
Ce qui est sûr aujourd’hui,
c’est qu’une capitulation face à l’ultimatum
politico-syndical pour retirer l’anodin CPE constituerait
une défaite durable pour toutes les réformes
indispensables au retour de la croissance et de l’emploi.
Le drame, c’est que la droite ne veut pas
voir ce péril et préfère se
rassurer par un pseudo discours de la méthode : pour
mieux réformer, il faut mieux écouter les
Français et davantage négocier avec les syndicats.
Derrière cet apparent bon sens,
il y a beaucoup d’erreurs.
- D’abord parce qu’écouter l’opinion,
c’est prendre le risque de la facilité, de
la démagogie et de la soumission à ses caprices.
Rappelons, que le 16 janvier dernier dans un sondage de
l’Humanité « 75 % des Français
accueillaient le CPE favorablement »
La première qualité d’un homme politique
n’est pas sa capacité d’écoute,
mais sa capacité à comprendre les problèmes
de son pays, à trouver les bonnes réponses,
à les mettre en oeuvre avec détermination
et pédagogie.
- Ensuite, parce qu’il est difficile, et même
impossible de dessiner avec les syndicats les réformes
libérales nécessaires à la France,
sauf à accoucher de mauvais compromis. Quand la France
décroche, comme l’a rappelé le rapport
Camdessus, la politique des petits pas, des compromis, des
réformes chèvres choux n’est plus de
saison.
Le paradoxe est que les jeunes auraient
de bien meilleures raisons que le CPE pour se révolter
: l’héritage d’une dette abyssale ; des
systèmes sociaux en déficit chronique, financièrement
insoutenables ; des diplômes assignats dévalués
dans des universités en crise ; une croissance anémique
; un chômage persistant ; des salaires en panne et
tirés vers le bas...
Toutes les réponses à ces problèmes
passent par une confiance retrouvée dans les libertés
économiques et l’économie de marché.
Malheureusement c’est en France que cette confiance
dans l’économie de marché est la plus
faible (sur
20 pays nous sommes bon dernier avec seulement 36% de confiance)
La
droite, en refusant d’opter franchement pour
le libéralisme, n’est pas pour rien dans cette
perte de confiance. Au moment des élections européennes
nous écrivions qu’en «faisant passer
les réformes libérales portées par
l’Europe comme autant de dérives dangereuses,
la droite s’interdisait de mettre en oeuvre ces réformes
au lendemain des élections européennes et
même de les présenter au suffrage des Français
lors de l’échéance de 2007 » .
Ce diagnostic pessimiste reste, hélas, plus que jamais
d’actualité 
Alain
Madelin
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Les réactions des lecteurs
La famille libérale est en ébullition. Si elle n’avait
guère de sympathie pour le CPE, elle réagit vivement
aux actuelles palinodies du gouvernement et de la majorité.
Quelques réactions révélatrices...
«Cette
fois ci, c’en est trop!...»
«Pourquoi
continuer à voter pour un parti de girouettes.»
«Ceux
qui manifestent...»
«Strange
country France.»
«Je
suis un jeune de 26 ans plutôt pour le CPE mais...»
«Si
je pouvais encore nourrir quelque illusion...»
«Marre,
marre et re marre...»
«Mon
indignation face à la lâche attitude de nombreux députés...»
«Nous
sommes la risée du monde...»
«Je
trouve que Julliard a raison...»
A propos de l'UNEF
Une erreur a été relevée par nos lecteurs dans
l’éditorial de la semaine dernière lorsque nous
avons tiré des propos de Bruno Julliard
qu’il faudrait que les jeunes de 18 ans travaillent jusqu’à
49 ans alors qu’il fallait lire que selon lui il faudrait
49 années de cotisations pour bénéficier d’une
retraite à taux plein (alors que 40 années suffisent
...en principe). Bruno Julliard aussi fâché avec les
chiffres car contrairement à ce qu’il véhicule
dans les médias, l’UNEF n’est plus la première
organisation étudiante de France puisqu’elle a perdu
plus de la moitié de ses sièges lors des dernières
élections.
| >>
LE CHIFFRE |
>>
CITATION |
En
2005, un ménage français avec deux enfants a subi
une pression fiscale de 41,7% contre 40,7% en 2000. Une étude
de l'OCDE montre que les salariés français sont
non seulement parmi les plus taxés au monde, mais que
la pression fiscale sur leurs revenus n’a cessé
d’augmenter depuis 5 ans.
Lire
l’étude de l’OCDE Les impôts sur les
salaires |
"Nos doutes
sont des traîtres,
qui nous font perdre la victoire
que nous aurions
dû emporter,
si nous n’avions pas craint d’agir... "
Shakespeare
|
 |
Il
est temps de reconstruire !
Le
mouvement Ethic - Entreprises à Taille Humaine,
Indépendantes et de Croissance – et le collectif VLC
- Vaincre Le Chômage – se sont conjointement prononcés
en faveur d’un CPE « remanié » qui «
doit être un véritable outil contre le chômage
». Ils proposent que l’essai soit ramené à
un an et que le contrat ne puisse être rompu sans motivation
écrite afin de protéger l’employeur «
contre le risque de contentieux lié à cette rupture
». Ils suggèrent une « conversion possible du
CPE en CDI à tout moment, en conservant l’exonération
de charges de la durée prévue » et qu’il
soit « réservé aux jeunes sans formation et
aux chômeurs de longue durée ».
Lire
la suite
A
LIRE |
Le libéralisme américain-Histoire d’un
détournement
de Alain
Laurent,
Les Belles Lettres |
La
querelle
des OGM
de
Jean-Paul Oury
PUF, Collection Science, histoire et société |
Philosophe
et essayiste, Alain Laurent publie son
dernier ouvrage sur l’histoire incroyable de la
falsification du terme et de l’idée de «
libéralisme» entretenue au début du
XXème siècle en Angleterre et aux Etats
Unis par la gauche. On y découvre la guerre menée
par les courants libéraux anglo-saxons, se présentant
alors comme « conservatives » ou « libertarians
», pour conquérir le pouvoir et permettre
ainsi la mise en œuvre de véritables politiques
libérales. Une leçon d’histoire.
Pour
en savoir plus, lire le commentaire d’Alain Laurent
|
Véritable
plaidoyer pour la liberté de pensée, «
la querelle des OGM », de notre ami Jean-Paul Oury,
responsable du Cercle de Nancy, propose un retour au dialogue
entre opposants et partisans des OGM. Allant à
l’encontre des idées reçues, il permet
d’envisager les enjeux de la querelle autrement
et offre des solutions de réponses dans un débat
où l’on est passé de « l’évaluation
d’un risque potentiel » à « la
gestion d’un risque jamais démontré
».
Espace
de discussion aux lecteurs du livre |
Un
pays qui ne parvient pas à se réformer est un
pays condamné….
A signaler la chronique de notre ami Jean Louis Caccomo
«Un universitaire en otage» qui défend
la responsabilité et le courage des gouvernants : «S’il
devait céder aujourd’hui, ce serait la preuve
que la France est dans l’incapacité à
accepter la moindre réforme.»
Lire
la suite
Cercles
thématiques
A lire les premières conclusions d’analyses et
d’argumentaires du Cercle Thématique «les
enjeux internationaux» qui représentent
3 ans de travail et de recherche sur toutes les questions
internationales majeures : «pauvreté dans
le monde : libérer le commerce mondial»,
«l’islamisme : aider l’évolution
culturelle», «défense : connaître
et mesurer notre responsabilité», «Europe»,
«immigration», «organisation
mondiale».
Lire
la suite
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