Le
fantôme
de la croissance
Bonne
nouvelle, le gouvernement réfléchit aux moyens
de doper la croissance... à cinquante jours de l’élection
présidentielle !
Etonnant
gouvernement ! Voici qu’il organise
à cinquante jours de l’élection présidentielle
une «Conférence sur la Croissance», prend
conscience du décrochage de la croissance et de la
nécessité de trouver les moyens d’une
croissance au moins égale à 3%. Nous parlons
même depuis longtemps de l’exigence d’une
«hypercroissance» (voir La
croissance oubliée).
Certes,
il serait facile d’ironiser sur un gouvernement qui,
sans doute déçu par les dernières statistiques,
à 50 jours de l’élection présidentielle,
se met à réfléchir sur ce que devrait
être une politique tournée vers une plus forte
croissance. Quoi qu’il en soit la prise de conscience
mérite d’être saluée. D’autant
qu’à cette conférence sur la croissance
les invités extérieurs étaient de bonne
facture : Edmund Phelps, prix Nobel d’économie
et Jean-Philippe Cotis, économiste en chef de l’OCDE.
Cela nous change de la dernière conférence
sur l’emploi dont l’invité d’honneur
fut Emmanuel Todd, qui devant le Premier ministre, les ministres
et les partenaires sociaux réunis a renouvelé
ses imprécations favorites contre le libéralisme
et plaidé pour le protectionnisme (voir Matignon
mobilise contre le libéralisme).
Le
rappel de cette exigence de croissance
est d’autant plus important que ce thème est
totalement fantomatique dans la campagne présidentielle,
alors qu’il devrait être le centre comme le
dit le ministre de l’Economie et des Finances, Thierry
Breton. Non seulement on ne discerne dans les programmes
d’aucun des candidats de politique cohérente
résolument pro-croissance mais ils semblent même
avoir renoncé à toute ambition pour le prochain
quinquennat, se contentant d’objectifs très
modestes (2,5% pour Ségolène Royal, 2,25%
pour Nicolas Sarkozy) très en dessous de nos besoins
et de nos capacités.
Il
y a manifestement un grand décalage
entre les conclusions du Premier Ministre et les préconisations
des invités extérieurs. Celles d’Edmund
Phelps axées sur un droit du travail trop rigide,
un environnement réglementaire et fiscal défavorable
à l’entreprise, une culture entrepreneuriale
trop faible. Celles de Jean-Philippe Cotis qui a mis en
évidence un coût fiscal marginal du travail
trop élevé et souhaité qu’on
mette fin aux hausses politiques artificielles du SMIC,
qu’on réforme la législation de la protection
de l’emploi et qu’on réduise les obstacles
réglementaires à la concurrence.
On
cherchera vainement
dans les conclusions de cette conférence les propositions
concrètes sur les trois volets essentiels d’une
politique économique résolument pro croissance
à savoir
1/ une réforme fiscale d’ensemble favorisant
la création de valeur ajoutée,
2/ la libération du marché du travail,
3/ une politique d’ouverture à la concurrence
Au-delà
de propositions fourre-tout,
cent fois répétées, la mesure phare
du Premier Ministre consiste à proposer la création
de nouveaux indicateurs d’INSEE qui, aux côtés
de l’indice de croissance, donneraient de la France
une image plus flatteuse en mesurant la redistribution sociale,
la préservation de notre environnement, notre système
de santé et nos services publics. Autrement dit,
puisque les indices de croissance déçoivent,
changeons d’indicateurs !
Certes,
on le sait, le bonheur ne se réduit pas à
un indice de croissance. Mais comme l’a remarqué
le Premier Ministre : «Avec un taux de croissance
comparable à celui des Etats-Unis au cours des 15
dernières années, le salaire moyen annuel
des Français serait aujourd’hui supérieur
de près de 9000 euros de ce qu’il est actuellement.»
Les
nouveaux indicateurs de l’INSEE
ne changeront hélas rien à ce décalage
croissant. On attend toujours les réponses des candidats.
Les
DERNIERS EDITORIAUX d'ALAIN MADELIN
Détaxer
le travail disent-ils…
Cherche
politique économique désespérément
Déficit d'offre - Vivement
les baisses d'impôts !
Le
pèlerinage écologique - Un
bol d’air frais
Haro
sur le Dalo ! -
La
croisssance oubliée
Les nouveaux marchands de bien
...AUTRES
EDITORIAUX
|
|
| 
 |
Privatiser EADS
A
l'évidence la maladie qui frappe la gestion
d’EADS s’appelle l’Etat (et
même les Etats français et allemand).
Pourtant, alors que l’Etat est le problème,
les principaux candidats à l’élection
présidentielle veulent en faire une solution.
Ils rivalisent dans les propositions pour renflouer
EADS avec de l’argent public (que ce soit
celui de l’Etat ou des régions) en
faisant croire bien entendu aux salariés
qu’une telle intervention publique permettrait
de limiter les restructurations industrielles
nécessaires ! Faire d’EADS une entreprise
comme les autres faisant appel au marché
sur un vrai projet industriel, EADS est une belle
entreprise dont les carnets de commande sont pleins),
avec de vrais actionnaires -en bref privatiser
EADS- n’est venue à l’idée
de personne.
Jean-Pierre Chevallier sur son
blog de l’Institut Turgot
commente : «L’échec d’EADS
est celui de la troisième voie antilibérale
antiaméricaine, du capitalisme rhénan
et de cette monarchie républicaine française
basée sur une cour d’incompétents
intouchables qui aura coulé une grande
partie du secteur de l’aéronautique
européenne qui était pourtant performant
et compétitif. Aux Etats-Unis, tous ces
responsables auraient été condamnés
à de lourdes peines de prison (24 ans pour
l’un des anciens dirigeants d’Enron).
Les victimes du crash d’Airbus ne devraient
pas demander à ceux qui en sont la cause
(les hommes politiques et les syndicalistes) de
leur venir en aide. Une fois de plus, une rupture
s’impose après plus de 25 ans de
dérives socialisantes. EADS devrait devenir
une entreprise normale, dirigée par ses
actionnaires privés comme Boeing, sans
intervention d’Etats ni de syndicats.»
Détaxer le travail
(suite)
A la suite de notre édito «Détaxer
le travail» nous avons relevé
dans le commentaire d’un lecteur une idée
intéressante : « Le déséquilibre
actuel entre employeurs et salariés, avec
un rapport de forces en faveur de l’employeur,
et la nécessité, de réduire
les coûts, aboutit dans certaines entreprises
à des abus de pouvoir, à une pression
stressante sur les salariés et au développement
en fréquence et en gravité de pathologies
liées à ces pressions, parfois aggravées
sous la forme d’un harcèlement pour
éliminer le salarié qui ne peut
pas suivre. Elles peuvent être dépistées
de l’extérieur de l’entreprise
par la constatation d’un absentéisme
plus fréquent et plus durable. L’inscription
de ces affections dans le cadre des maladies professionnelles
augmenterait la part assurance accidents et maladies
professionnelles des entreprises concernées,
les amenant à revoir leurs méthodes
de gestion du personnel.»
Signatures : ne pas oublier
le candidat libéral
Un de nos lecteurs ex-membre de DL ayant rejoint
l’UMP et soutien de Nicolas Sarkozy se dit
«révolté par le fait que les
antilibéraux, de Besancenot Le Pen, en
passant par Bové et Mme Buffet aient la
possibilité de disposer d’un temps
de parole pour fustiger le libéralisme
et le capitalisme sans que personne ne leur apporte
la contradiction.( ...) Bien que je ne sois pas
d’accord avec la candidature du Président
d’Alternative Libérale, Edouard
Fillias, je pense qu’il serait
injuste que l’UMP aide Le Pen ou Besancenot
à obtenir leurs parrainages et qu’elle
ne fasse rien pour Fillias.»
|
|
|
Le serpent de mer de la TVA sociale
L’idée
d’une TVA sociale fait régulièrement surface
dans la campagne présidentielle, dans un débat organisé
sur ce thème par la Tribune (le 07/07/03), on lira avec plaisir
l’analyse d’Henri Sterdyniak économiste
à l’OFCE : «Il est faux de croire que la TVA
sociale permettrait de faire payer notre protection sociale par
les travailleurs étrangers, en taxant des produits importés.
Augmenter la TVA de 5 points en réduisant d’autant
les cotisations sociales employeurs induirait certes des gains de
compétitivité pour les entreprises françaises
mais pousserait à la hausse les prix des biens consommés
importés. Dés lors, face à cette reprise de
l’inflation, soit on maintiendra l’indexation des salaires,
ce qui déclenchera une spirale d’inflation domestique,
jusqu’à ce que les gains de compétitivité
initiaux soient perdus. Soit on bloquera les salaires, les pensions
et les prestations sociales, et les gains de compétitivité
seront payés par les salariés et les retraités.
Gare aux illusions : ce sont bien les salariés de chaque
pays qui doivent financer la protection sociale.»
Leçons italiennes : à consommer
avec modération
Nous avions relevé dans la Lettre des Libéraux
un éditorial du Monde d’Eric Le Boucher
dans lequel celui-ci donnait, en exemple, le programme de réformes
de Romano Prodi, un programme qui, tout entier tourné vers
la croissance -pour l’éditorialiste du Monde- tranchait
avec nos prétendants nationaux qui ne parlent que de social
et dont la stratégie économique est peu claire, un
de nos lecteurs nous invite à regarder la réalité
de plus près : «Si on voit les choses de l’Italie.
M. Prodi n’a pas lancé un vaste programme pour changer
le visage de l’Italie. Il a augmenté les taxes d’un
seul coup de 2% du PIB. Les dépenses publiques ne sont pas
contrôlées par une prétendue rigueur budgétaire.
Les libéralisations sont mal faites et de taille très
petite.»
A
LIRE |
A
lire la nouvelle collection dirigée par Mathieu
Laine chez JCLattès « Idées
fausses/vraies Réponses » dont chaque volume
revisite un thème d’actualité sous forme
d’idées reçues, en repositionnant le débat
avec des faits objectifs. Des livres dynamiques et optimistes,
simples mais pas simplistes, qui permettent de sortir du prêt
à penser et de décider librement.
La
France est foutue
de Mathieu
Laine,
JC Lattès |
C’est
trop tard
pour la terre
de
Cecile Philippe
JC
Lattès |
Beaucoup
d’entre nous sont arrivés à cette
conclusion : les profiteurs du système France sont
trop nombreux et les hommes politiques trop frileux.
Et pourtant, il n’y a pas de mauvais gène
français. Non la France n’est pas foutue
!
De nombreux pays se sont sortis de situations bien pires
que la nôtre et nous montrent la voie. A nous de
prouver qu’une réforme de grande ampleur
n’est pas une punition, mais la solution.
Remettre les idées à l’endroit, provoquer
une révolution des esprits et démontrer
que notre chute n’est pas irrémédiable,
tels sont les objectifs de ce livre. |
Les
inquiétudes -souvent légitimes- concernant
l’avenir de la planète donnent lieu à
de nombreuses idées reçues.
Le réchauffement de la planète, la pollution,
l’épuisement des ressources, la perte de
biodiversité serait les symptômes d’une
civilisation qui court à sa perte. L’alarmisme
environnemental alimente les propositions des politiques
qui surfent avec enthousiasme et démagogie sur
la vague écolo. Sauf que les remèdes proposés
sont souvent construits autour de mythes. Certains risquent
même de nous engager sur une fausse route, nuisible
à la qualité de notre environnement. |
|
|