Les
automobilistes payeront
La fiscalité écologique fait recette dans
les discours présidentiels. Reste à dire clairement
vers quel sommet himalayen ces beaux discours entendent
porter le prix de l’essence.
On
se souvient peut-être de ce célèbre
dialogue :
- Père Ubu : «A quelle sauce voulez-vous être
mangé?»
- Le Peuple : «Mais nous ne voulons pas être
mangés»
- Père Ubu : «Là n’est pas la
question !»
A écouter les candidats
aux élections présidentielles,
il semble bien qu’une des questions posées
aujourd’hui aux Français soit, non plus de
savoir s’ils subiront une nouvelle fiscalité
écologique - la cause semble être entendue
- mais quelle sera cette fiscalité écologique
?
Notre ministre du Budget,
Jean-François Copé, s’est même
ému que notre fiscalité environnementale (TIPP,
TGAP) «ne représente que 2% du PIB» alors
qu’elle pourrait aisément atteindre 3 ou 4%,
selon lui. Et Nicolas Hulot qui, comme chacun le sait, est
une autorité médiatique éminente, a
lancé un ultimatum aux candidats pour qu’ils
souscrivent «un pacte écologique» faute
de quoi, il se promet de faire un malheur électoral.
Un pacte qui propose notamment d’ «instaurer
une taxe carbone en croissance régulière»
et d’«organiser la baisse de la consommation
énergétique afin de diviser par quatre les
émissions de gaz à effet de serre d’ici
2050».
Pour faire d’une pierre
deux coups des candidats plus astucieux
que les autres, comme Nicolas Sarkozy ou François
Bayrou, imaginent de transférer les charges sociales
qui pèsent sur le travail vers la pollution (après
avoir imaginé – ou tout en imaginant encore
- de transférer ces charges vers une « TVA
sociale », voir
notre dossier)
Nicolas Sarkozy l’affirme
avec un apparent bon sens «il est aberrant que le
travail soit plus taxé que la pollution». D’un
point de vue économique la question ne se pose pas,
hélas, dans des termes aussi simples. Ce n’est
pas la pollution qui payera demain les charges sociales
aujourd’hui supportées par les salariés,
ce seront les consommateurs ou les automobilistes...ce qui
n’est pas tout à fait la même chose.
D’aussi bonnes idées ne sauraient rester à
ce niveau de généralité.
Pour y voir plus clair,
il faut distinguer deux sortes de fiscalité écologique
:
- Une fiscalité écologique destinée
à financer une action réparatrice des dommages
subis par l’environnement en raison de la consommation
d’un produit. C’est, dit-on, l’application
du principe « pollueur-payeur », un principe
de responsabilité que les libéraux font leur,
mais dont ils préfèrent qu’il reste
individuel : un pollueur doit payer le dommage dont il est
la cause. Car ce principe devient plus discutable lorsqu’il
s’incarne dans une fiscalité collective fixée
arbitrairement qui fait que le pollueur ne paye pas à
proportion réelle de sa pollution effective et qui
entraîne même un effet déresponsabilisant,
par le report sur d’autres de la réparation
de sa pollution. Cela étant, ce n’est pas cette
fiscalité écologique qui est à l’ordre
du jour.
- La fiscalité écologique dont on parle est
une fiscalité prohibitive destinée à
réduire les consommations d’énergie
produisant des rejets de gaz à effet de serre afin
de prévenir les désordres climatologiques
annoncés.
Pour limiter les rejets à
effet de CO2, nous avons déjà
mis en place dans la foulée du protocole de Kyoto
– et l’Europe est exemplaire sur ce point –
un marché des droits à polluer (à partir
d’une idée libérale). Le fonctionnement
de ce marché peut sans doute être amélioré
mais le cap choisi est le bon car il nous incite fortement
à inventer les techniques limitant les rejets, à
préférer le nucléaire au charbon ou
à découvrir les techniques de charbon propre
de demain.
C’est là,
le chemin de « la croissance scientifique et écologiste
» dont parle Claude Allègre car rien ne saurait
être plus dangereux pour l’environnement en
lui-même que de céder aux utopies malthusiennes
de limitation de la croissance avec toutes leurs conséquences
en matière de chômage, de pouvoir d’achat,
de financement de nos régimes sociaux et d’investissement
dans les énergies du futur...
Reste donc,
comme base essentiellement de cette nouvelle fiscalité
écologique, la consommation de carburant par les
automobilistes. On pourrait aisément observer que
l’essence ou le diesel paye déjà au
travers de la TIPP une fiscalité écologique
record (de l’ordre de 250 euros par tonne de CO2 produite).
On pourrait ajouter que l’augmentation récente
du baril de pétrole a sûrement contribué
à freiner la consommation et à accélérer
le gigantesque effort de recherche pour construire des voitures
moins polluantes, des véhicules hybrides consommant
2 litres/100 et à échéance plus lointaine,
des véhicules sans carburant fossile et sans rejet.
Veut-on reporter sur l’automobiliste
les charges sociales assises sur le travail ?. Si oui, il
n’est pas inutile de dire à l’électeur
que cela porterait le litre d’essence aux alentours
de 12 euros ! Voilà assurément de quoi décongestionner
les grandes villes en réservant la circulation aux
plus fortunés !
Veut-on seulement doubler
la fiscalité écologique comme semblent l’indiquer
Sarkozy et Copé ? Il faut alors dire clairement à
quel niveau les candidats aux présidentielles entendent
fixer le prix de l’essence ? Il serait intéressant
aussi de savoir si ce courage écologique des futurs
gouvernements sera appliqué aux camionneurs dont
on a pu constater dans le passé, que cette question
provoquait une certaine capacité d’irritation
avec même une forte tendance à paralyser la
vie économique.
Bref,
côté fiscalité écologique,
nos candidats n’en disent pas assez ....à moins
qu’ils n’en disent trop !
Les
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...AUTRES
EDITORIAUX
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Les
propositions libérales pour 2007
De
nombreux côtés fleurissent des propositions
pour 2007 émanant des milieux libéraux.
Signalons :
- la
contribution des réformateurs de l’UMP
au projet législatif et présidentiel
- les
20 propositions de «Réforme et Modernité»
- le
programme d’Alternative Libérale
- le
«guide du candidat 2006-2007» de l’ALEPS
Les
propositions des candidats vues par Denis Gautier
Sauvagnac
A lire sur l’ALEPS la synthèse de
l’entretien de Denis Gautier Sauvagnac,
président de l’UIMM, aux Echos, qui
de manière limpide analyse le programme
socialiste et les propositions des différents
candidats sur l’entreprise. Il s’étonne
qu’à aucun moment n’ait été
abordé le besoin de compétitivité
de notre économie. Et ajoute, «je
note que la France est passée en dix ans
du huitième rang au dixième rang
en Europe, s’agissant du PIB par habitant.
Et qu’en même temps, la part de notre
pays dans les exportations de la zone euro est
tombée de 17% à 15%. On ne luttera
pas contre les délocalisations, qui seront
un sujet de débat en 2007, par des mesures
contraignantes, mais en améliorant la compétitivité
de l’économie française. Dans
le domaine social, il faut avant tout régler
trois questions : le coût du travail, la
réglementation du travail et la formation
au travail». Et de conclure «les
entreprises de notre pays ne doivent pas courir
avec des boulets aux pieds dans une compétition
élargie au monde entier»
Lire
la suite
Idées
baladeuses
Vu de l’étranger, on a du mal semble-t-il,
à comprendre ce qui distingue les programmes
de la gauche et de la droite. Ségolène
Royal «a revêtu la tenue
qu’on associe traditionnellement à
la droite avec son discours sévère
sur la loi et l’ordre». Nicolas
Sarkozy «a fait son petit effet
dans ses frusques socialistes». Le
Financial Times note que «la toute dernière
mode en provenance de Paris, c’est le cross-dressing
(travestissement) – du moins au sein de
la classe politique. Les candidats les plus séduisants
à l’élection présidentielle
se pavanent actuellement sur les podiums de la
politique en se volant mutuellement leurs oripeaux»
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HUMEUR
«Un éditorialiste
politique vachard a conseillé à Laurent Fabius, à
qui il ne donne guère de chance pour la compétition
présidentielle, de se convertir en ouvrant «Chez Laurent».
Il aura l’occasion d’y appliquer ses chères 35
heures, d’assumer la TVA à 19,6%, de s’équiper
en conséquence pour s’adapter à l’interdiction
du tabac, sans oublier la sécurité, l’hygiène,
l’Urssaf, le fisc, la médecine du travail et autres
joyeusetés que les politiques imposent au bon peuple.»
Lu dans le magazine Hôtellerie Restauration
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Face
au réchauffement climatique, il faut garantir une croissance
économique.
A lire l’article de Max Falque qui
s’inquiète de l’intolérance des bien-pensants
écologiques qui cultivent les peurs face au réchauffement
climatique. L’auteur rappelle qu’il existe deux causes
à ce phénomène, l’émission de
gaz, impossible à supprimer sauf à supprimer l’humanité,
et une cause d’ordre naturel, comme l’histoire de la
planète en a déjà vécue. A cette double
cause, il faut une double politique, d’adaptation et d’orientation
économique : «l’adaptation ne peut pleinement
réussir que si les sociétés sont techniquement
et économiquement avancées. La recherche et la technologie
seront indispensables si l’on entend séquestrer le
carbone, construire des véhicules non polluants, recourir
à l’hydrogène, repenser l’urbanisation,
modifier les techniques agricoles…. La recette est donc bien
la croissance et non la décroissance économique».
Lire
la suite
Claude
Allègre : «Toute limitation de la croissance se fait
au détriment des pauvres !»
Suite au «Halte à la croissance !» du
Club de Rome en 1970 -dont les prédictions se sont révélées
totalement fausses- Claude Allègre voit
aujourd’hui réapparaître cette même idée
présentée cette fois sous l’angle de la nécessité
d'une décroissance énergétique. Pour Claude
Allègre «ces idées ne sont ni plus ni moins
que celles de Malthus». Il ajoute «sans oser,
le dire on nous suggère de limiter la croissance des pays
en développement pour sauver la planète ! Qui freinera
la croissance de la Chine, de l’Inde, du Brésil ou
du Mexique ? Et que dire des pays en détresse ? Toute limitation
de la croissance se fait au détriment des pauvres ! c’est
une vision des riches !». Et de conclure : «Vive
la croissance scientifique et écologiste !»
Voir
notre nouveau dossier Environnement qui examine et critique les
solutions proposées pour lutter contre le réchauffement
planétaire.

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Les
Cercles Libéraux vous invitent à participer à
la réunion organisée par
Alain Madelin,
le lundi 27 Novembre 2006
de 19 heures à 21 heures
au Palais Bourbon, salle 6241,
126 rue de l’Université 75007 Paris
sur le thème :
« Présidentielle : savoir rompre avec les
idées fausses. »
Un apéritif sera offert à l’Hôtel de la
Questure
Inscription obligatoire. Pièce d’identité exigée
à l’entrée.
Pour s’inscrire
Sophie de Menthon
et ETHIC
vous convient au petit-déjeuner débat autour
d’Alain Madelin
sur le thème :
«Le libéralisme survivra t-il aux présidentielles
?»
Jeudi 30 novembre 2006 de 8h30 à 10h00
Au Cercle de l’Union Interalliée
33, rue du faubourg Saint Honoré, Paris 8
Renseignements tél. : 01.56.43.62.10
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