La Lettre du 10 novembre 2006

Les automobilistes payeront
La fiscalité écologique fait recette dans les discours présidentiels. Reste à dire clairement vers quel sommet himalayen ces beaux discours entendent porter le prix de l’essence.

On se souvient peut-être de ce célèbre dialogue :
- Père Ubu : «A quelle sauce voulez-vous être mangé?»
- Le Peuple : «Mais nous ne voulons pas être mangés»
- Père Ubu : «Là n’est pas la question !»

A écouter les candidats aux élections présidentielles, il semble bien qu’une des questions posées aujourd’hui aux Français soit, non plus de savoir s’ils subiront une nouvelle fiscalité écologique - la cause semble être entendue - mais quelle sera cette fiscalité écologique ?

Notre ministre du Budget, Jean-François Copé, s’est même ému que notre fiscalité environnementale (TIPP, TGAP) «ne représente que 2% du PIB» alors qu’elle pourrait aisément atteindre 3 ou 4%, selon lui. Et Nicolas Hulot qui, comme chacun le sait, est une autorité médiatique éminente, a lancé un ultimatum aux candidats pour qu’ils souscrivent «un pacte écologique» faute de quoi, il se promet de faire un malheur électoral. Un pacte qui propose notamment d’ «instaurer une taxe carbone en croissance régulière» et d’«organiser la baisse de la consommation énergétique afin de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050».

Pour faire d’une pierre deux coups des candidats plus astucieux que les autres, comme Nicolas Sarkozy ou François Bayrou, imaginent de transférer les charges sociales qui pèsent sur le travail vers la pollution (après avoir imaginé – ou tout en imaginant encore - de transférer ces charges vers une « TVA sociale », voir notre dossier)

Nicolas Sarkozy l’affirme avec un apparent bon sens «il est aberrant que le travail soit plus taxé que la pollution». D’un point de vue économique la question ne se pose pas, hélas, dans des termes aussi simples. Ce n’est pas la pollution qui payera demain les charges sociales aujourd’hui supportées par les salariés, ce seront les consommateurs ou les automobilistes...ce qui n’est pas tout à fait la même chose. D’aussi bonnes idées ne sauraient rester à ce niveau de généralité.

Pour y voir plus clair, il faut distinguer deux sortes de fiscalité écologique :
- Une fiscalité écologique destinée à financer une action réparatrice des dommages subis par l’environnement en raison de la consommation d’un produit. C’est, dit-on, l’application du principe « pollueur-payeur », un principe de responsabilité que les libéraux font leur, mais dont ils préfèrent qu’il reste individuel : un pollueur doit payer le dommage dont il est la cause. Car ce principe devient plus discutable lorsqu’il s’incarne dans une fiscalité collective fixée arbitrairement qui fait que le pollueur ne paye pas à proportion réelle de sa pollution effective et qui entraîne même un effet déresponsabilisant, par le report sur d’autres de la réparation de sa pollution. Cela étant, ce n’est pas cette fiscalité écologique qui est à l’ordre du jour.
- La fiscalité écologique dont on parle est une fiscalité prohibitive destinée à réduire les consommations d’énergie produisant des rejets de gaz à effet de serre afin de prévenir les désordres climatologiques annoncés.

Pour limiter les rejets à effet de CO2, nous avons déjà mis en place dans la foulée du protocole de Kyoto – et l’Europe est exemplaire sur ce point – un marché des droits à polluer (à partir d’une idée libérale). Le fonctionnement de ce marché peut sans doute être amélioré mais le cap choisi est le bon car il nous incite fortement à inventer les techniques limitant les rejets, à préférer le nucléaire au charbon ou à découvrir les techniques de charbon propre de demain.

C’est là, le chemin de « la croissance scientifique et écologiste » dont parle Claude Allègre car rien ne saurait être plus dangereux pour l’environnement en lui-même que de céder aux utopies malthusiennes de limitation de la croissance avec toutes leurs conséquences en matière de chômage, de pouvoir d’achat, de financement de nos régimes sociaux et d’investissement dans les énergies du futur...

Reste donc, comme base essentiellement de cette nouvelle fiscalité écologique, la consommation de carburant par les automobilistes. On pourrait aisément observer que l’essence ou le diesel paye déjà au travers de la TIPP une fiscalité écologique record (de l’ordre de 250 euros par tonne de CO2 produite). On pourrait ajouter que l’augmentation récente du baril de pétrole a sûrement contribué à freiner la consommation et à accélérer le gigantesque effort de recherche pour construire des voitures moins polluantes, des véhicules hybrides consommant 2 litres/100 et à échéance plus lointaine, des véhicules sans carburant fossile et sans rejet.

Veut-on reporter sur l’automobiliste les charges sociales assises sur le travail ?. Si oui, il n’est pas inutile de dire à l’électeur que cela porterait le litre d’essence aux alentours de 12 euros ! Voilà assurément de quoi décongestionner les grandes villes en réservant la circulation aux plus fortunés !

Veut-on seulement doubler la fiscalité écologique comme semblent l’indiquer Sarkozy et Copé ? Il faut alors dire clairement à quel niveau les candidats aux présidentielles entendent fixer le prix de l’essence ? Il serait intéressant aussi de savoir si ce courage écologique des futurs gouvernements sera appliqué aux camionneurs dont on a pu constater dans le passé, que cette question provoquait une certaine capacité d’irritation avec même une forte tendance à paralyser la vie économique.

Bref, côté fiscalité écologique, nos candidats n’en disent pas assez ....à moins qu’ils n’en disent trop !

Alain Madelin

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Les propositions libérales pour 2007
De nombreux côtés fleurissent des propositions pour 2007 émanant des milieux libéraux. Signalons :
- la contribution des réformateurs de l’UMP au projet législatif et présidentiel
- les 20 propositions de «Réforme et Modernité»
- le programme d’Alternative Libérale
- le «guide du candidat 2006-2007» de l’ALEPS

Les propositions des candidats vues par Denis Gautier Sauvagnac
A lire sur l’ALEPS la synthèse de l’entretien de Denis Gautier Sauvagnac, président de l’UIMM, aux Echos, qui de manière limpide analyse le programme socialiste et les propositions des différents candidats sur l’entreprise. Il s’étonne qu’à aucun moment n’ait été abordé le besoin de compétitivité de notre économie. Et ajoute, «je note que la France est passée en dix ans du huitième rang au dixième rang en Europe, s’agissant du PIB par habitant. Et qu’en même temps, la part de notre pays dans les exportations de la zone euro est tombée de 17% à 15%. On ne luttera pas contre les délocalisations, qui seront un sujet de débat en 2007, par des mesures contraignantes, mais en améliorant la compétitivité de l’économie française. Dans le domaine social, il faut avant tout régler trois questions : le coût du travail, la réglementation du travail et la formation au travail». Et de conclure «les entreprises de notre pays ne doivent pas courir avec des boulets aux pieds dans une compétition élargie au monde entier»
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Idées baladeuses
Vu de l’étranger, on a du mal semble-t-il, à comprendre ce qui distingue les programmes de la gauche et de la droite. Ségolène Royal «a revêtu la tenue qu’on associe traditionnellement à la droite avec son discours sévère sur la loi et l’ordre». Nicolas Sarkozy «a fait son petit effet dans ses frusques socialistes». Le Financial Times note que «la toute dernière mode en provenance de Paris, c’est le cross-dressing (travestissement) – du moins au sein de la classe politique. Les candidats les plus séduisants à l’élection présidentielle se pavanent actuellement sur les podiums de la politique en se volant mutuellement leurs oripeaux»






HUMEUR «Un éditorialiste politique vachard a conseillé à Laurent Fabius, à qui il ne donne guère de chance pour la compétition présidentielle, de se convertir en ouvrant «Chez Laurent». Il aura l’occasion d’y appliquer ses chères 35 heures, d’assumer la TVA à 19,6%, de s’équiper en conséquence pour s’adapter à l’interdiction du tabac, sans oublier la sécurité, l’hygiène, l’Urssaf, le fisc, la médecine du travail et autres joyeusetés que les politiques imposent au bon peupleLu dans le magazine Hôtellerie Restauration




Face au réchauffement climatique, il faut garantir une croissance économique.
A lire l’article de Max Falque qui s’inquiète de l’intolérance des bien-pensants écologiques qui cultivent les peurs face au réchauffement climatique. L’auteur rappelle qu’il existe deux causes à ce phénomène, l’émission de gaz, impossible à supprimer sauf à supprimer l’humanité, et une cause d’ordre naturel, comme l’histoire de la planète en a déjà vécue. A cette double cause, il faut une double politique, d’adaptation et d’orientation économique : «l’adaptation ne peut pleinement réussir que si les sociétés sont techniquement et économiquement avancées. La recherche et la technologie seront indispensables si l’on entend séquestrer le carbone, construire des véhicules non polluants, recourir à l’hydrogène, repenser l’urbanisation, modifier les techniques agricoles…. La recette est donc bien la croissance et non la décroissance économique».
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Claude Allègre : «Toute limitation de la croissance se fait au détriment des pauvres !»
Suite au «Halte à la croissance !» du Club de Rome en 1970 -dont les prédictions se sont révélées totalement fausses- Claude Allègre voit aujourd’hui réapparaître cette même idée présentée cette fois sous l’angle de la nécessité d'une décroissance énergétique. Pour Claude Allègre «ces idées ne sont ni plus ni moins que celles de Malthus». Il ajoute «sans oser, le dire on nous suggère de limiter la croissance des pays en développement pour sauver la planète ! Qui freinera la croissance de la Chine, de l’Inde, du Brésil ou du Mexique ? Et que dire des pays en détresse ? Toute limitation de la croissance se fait au détriment des pauvres ! c’est une vision des riches !». Et de conclure : «Vive la croissance scientifique et écologiste !»
Voir notre nouveau dossier Environnement qui examine et critique les solutions proposées pour lutter contre le réchauffement planétaire.



Les Cercles Libéraux vous invitent à participer à la réunion organisée par
Alain Madelin
,
le lundi 27 Novembre 2006
de 19 heures à 21 heures

au Palais Bourbon, salle 6241,
126 rue de l’Université 75007 Paris
sur le thème :
« Présidentielle : savoir rompre avec les idées fausses. »
Un apéritif sera offert à l’Hôtel de la Questure
Inscription obligatoire. Pièce d’identité exigée à l’entrée.

Pour s’inscrire



Sophie de Menthon et ETHIC
vous convient au petit-déjeuner débat autour
d’Alain Madelin
sur le thème :
«Le libéralisme survivra t-il aux présidentielles ?»
Jeudi 30 novembre 2006 de 8h30 à 10h00

Au Cercle de l’Union Interalliée
33, rue du faubourg Saint Honoré, Paris 8

Renseignements tél. : 01.56.43.62.10