La Lettre du 12 mai 2006

Secrets d'Etat
Il n’y a pas d’affaire Clearstream, il y a une scandaleuse affaire des frégates de Taïwan qui sert de socle à de bien sombres machinations politiques.

Dans la ténébreuse et rocambolesque affaire Clearstream, le pouvoir s’ébroue et se trouve livré le nom d’un premier responsable : le juge Renaud van Ruymbeke coupable d’avoir recueilli les confidences d’un corbeau et peut être même d’avoir sollicité sa correspondance.

Je ne souhaite pas m’exprimer à ce jour sur les manipulations politiques qui ont vu mon nom, ainsi que celui de Nicolas Sarkozy et quelques autres, scandaleusement lié à cette affaire. Je le ferai, bien entendu, le moment venu lorsque l’on saura de façon certaine ceux qui, pourquoi et comment ont fabriqué cette manipulation, ceux qui, pourquoi et comment ont livré ces noms à la presse.
Je veux seulement, aujourd’hui, revenir sur le plus colossal scandale d’Etat qui sert de socle à cette affaire, indûment baptisé l’ «affaire Clearstream», et qui est en réalité l’affaire des frégates de Taïwan.

J’invite les lecteurs de cette lettre à se précipiter dans une librairie, à acheter et lire de toute urgence le livre «Taïwan Connection» publié fin 2003 par Thierry Jean-Pierre hélas, aujourd’hui, disparu. Ils y découvriront l’incroyable guerre que se font deux marchands d’armes à l’époque Thomson et Matra. Une guerre de pouvoir et d’argent qui permettra de lever le voile sur le scandale des frégates de Taiwan et ses 900 millions d’euros de commissions. Vous avez bien lu, 900 millions d’euros de commissions, essentiellement d’ailleurs ce que, dans un langage pudique, on appelle des «rétro commissions» qui viennent rétribuer les bons et déloyaux services des nombreux intermédiaires français. On y verra aussi, l’obstination du juge van Ruymbeke pour que justice soit rendue, au nom du peuple français, et que la vérité soit faite dans un dossier ou la justice s’arrête à la porte du plus honteux secret d’Etat, opposé à ses investigations. Car, oui, les coffres de l’Etat détiennent des documents où sont indiqués le montant des commissions, le nom des premiers bénéficiaires, et le nom des ministres qui ont donné ces autorisations.
Il est dit aujourd’hui qu’il y aurait eu un manquement important au code de procédure pénale par le fait que le juge van Ruymbeke n’ait pas fait état de sa rencontre avec le sulfureux M. Gergorin qui prétendait détenir au travers d’une exploitation informatique des comptes de Clearstream quelques clés sur la répartition des commissions dans l’affaire des frégates de Taïwan.
S’il est clair aujourd’hui que cette affaire est une affabulation et un montage, la piste ouverte par M. Gergorin était néanmoins crédible à l’époque, dans la mesure où les responsables du montage financier des commissions liées aux frégates avaient déjà indiqué à la justice que les circuits de financement avaient transité par Clearstream.
Quant aux menaces de mort dont M. Gergorin faisait état pour être protégé dans son identité, elles n’étaient pas non plus sans crédibilités et l’on trouvera dans le livre de Thierry Jean-Pierre une incroyable liste d’assassinats et de morts suspects liés à cette affaire. A commencer par Thierry Imbot, le fils de l’ancien directeur de la DGSE qui, viendra dire le 10 juin 2002 dans le bureau du juge que la mission de son fils était de suivre les contrats d’armement entre la France et Taïwan, qu’il connaissait un certain nombre de personnes en France et à Taïwan qui avaient fait fortune grâce aux commissions versées, et qu’au lendemain de sa mort il avait rendez-vous avec un journaliste avec qui il voulait parler de tout cela.

J’ajoute que le juge van Ruymbeke, sans être informé des résultats des longues enquêtes menées précédemment par le général Rondot et la DST, se fît très rapidement l’opinion de la fausseté des affirmations du corbeau, même s’il se devait de procéder à des vérifications de routine.

S’il s’agit de veiller au respect du code de procédure pénale dans cette affaire rappelons qu’il existe un article 40 qui stipule que toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit se doit d’en donner avis sans délai au procureur de la République.

Ainsi, si l’on souhaite assurer le bon fonctionnement de la justice deux questions doivent aussi être posées :
- Pourquoi des informations présentées dés l’origine comme liées aux frégates de Taïwan n’ont pas été présentées au juge en charge de ce dossier (et pourquoi elles ont donné lieu à des enquêtes parallèles, légitimement entachées d’un soupçon de manipulation politique aujourd’hui)
- Pourquoi continuer à opposer le «secret défense» à la justice dans l’affaire des frégates de Taïwan. Sa levée permettrait tout à la fois d’établir le caractère calomnieux des dénonciations de Nicolas Sarkozy, de moi-même et de quelques autres et d’établir la liste des destinataires réels de ces commissions.

La confiance dans la justice, qui est une clé de notre pacte social, passe par la réponse à ces deux questions

Alain Madelin

 

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L’Europe : faire le choix de la liberté 
Le professeur Pascal Salin analyse, dans un article paru dans les Echos, les ambiguïtés qu’entretient le processus d'intégration européenne avec le libéralisme. L'Europe est tiraillée entre une vision libérale et une vision interventionniste, avec comme débat central, le choix entre une concurrence libre ou «encadrée». La lecture de ce texte pédagogique et philosophique nous permet d’envisager l’avenir de l'Europe au regard de ces deux visions antagonistes et de constater les avantages et l’optimisme qui entourent le choix libéral, "les bienfaits de la concurrence tiennent au fait qu'elle incite les producteurs non pas à s'imiter les uns les autres, mais, bien au contraire, à se différencier de manière à faire mieux que les autres et à remporter des parts de marché. (...) L'harmonisation est donc la négation d'une caractéristique fondamentale des êtres humains, le besoin de diversification."
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En 2007, les libéraux devront choisir mais aujourd’hui l’heure n’est pas au choix des personnes. Elle est à l’élaboration et au choix des programmes.

Sans attendre nous avons un devoir : placer au cœur du débat qui s’engage un ensemble de propositions libérales nécessaires au sursaut du pays. Avec deux objectifs : faire peser nos idées dans le débat, servir de référence pour juger des idées des uns et des autres.

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Le 10 mai les responsables des Cercles Libéraux ont fixé le cadre de leur calendrier de travail que vous retrouverez prochainement sur ce site.




>> HUMOUR :
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35 h

Le tableau dressé par la Cour des comptes sur la gestion des hôpitaux est effarant. Epinglé notamment par la mise en place des 35 heures qui a à la fois augmenté les effectifs de plus de 38 000 postes et surchargé le personnel en désorganisant un peu plus les hôpitaux.

"En politique,
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devient
plus
important
que ce
qui est vrai
"

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