Secrets d'Etat
Il
n’y a pas d’affaire Clearstream, il y a une
scandaleuse affaire des frégates de Taïwan qui
sert de socle à de bien sombres machinations politiques.
Dans
la ténébreuse et rocambolesque affaire
Clearstream, le pouvoir s’ébroue et se trouve
livré le nom d’un premier responsable : le
juge Renaud van Ruymbeke coupable d’avoir
recueilli les confidences d’un corbeau et peut être
même d’avoir sollicité sa correspondance.
Je
ne souhaite pas m’exprimer à ce jour
sur les manipulations politiques qui ont vu mon nom, ainsi
que celui de Nicolas Sarkozy et quelques autres, scandaleusement
lié à cette affaire. Je le ferai, bien entendu,
le moment venu lorsque l’on saura de façon
certaine ceux qui, pourquoi et comment ont fabriqué
cette manipulation, ceux qui, pourquoi et comment ont livré
ces noms à la presse.
Je veux seulement, aujourd’hui, revenir sur le plus
colossal scandale d’Etat qui sert de socle à
cette affaire, indûment baptisé l’ «affaire
Clearstream», et qui est en réalité
l’affaire des frégates de Taïwan.
 |
J’invite
les lecteurs de cette lettre à se
précipiter dans une librairie, à acheter et
lire de toute urgence le livre «Taïwan
Connection» publié fin 2003 par Thierry
Jean-Pierre hélas, aujourd’hui, disparu.
Ils y découvriront l’incroyable guerre que
se font deux marchands d’armes à l’époque
Thomson et Matra. Une guerre de pouvoir et d’argent
qui permettra de lever le voile sur le scandale des frégates
de Taiwan et ses 900 millions d’euros
de commissions. Vous avez bien lu, 900 millions d’euros
de commissions, essentiellement d’ailleurs ce que,
dans un langage pudique, on appelle des «rétro
commissions» qui viennent rétribuer les bons
et déloyaux services des nombreux intermédiaires
français. On y verra aussi, l’obstination du
juge van Ruymbeke pour que justice soit rendue, au nom du
peuple français, et que la vérité soit
faite dans un dossier ou la justice s’arrête
à la porte du plus honteux secret d’Etat, opposé
à ses investigations. Car, oui, les coffres de l’Etat
détiennent des documents où sont indiqués
le montant des commissions, le nom des premiers bénéficiaires,
et le nom des ministres qui ont donné ces autorisations.
Il est dit aujourd’hui qu’il y aurait eu un
manquement important au code de procédure pénale
par le fait que le juge van Ruymbeke n’ait pas fait
état de sa rencontre avec le sulfureux M. Gergorin
qui prétendait détenir au travers d’une
exploitation informatique des comptes de Clearstream quelques
clés sur la répartition des commissions dans
l’affaire des frégates de Taïwan.
S’il est clair aujourd’hui que cette affaire
est une affabulation et un montage, la piste ouverte par
M. Gergorin était néanmoins crédible
à l’époque, dans la mesure où
les responsables du montage financier des commissions liées
aux frégates avaient déjà indiqué
à la justice que les circuits de financement avaient
transité par Clearstream.
Quant aux menaces de mort dont M. Gergorin faisait état
pour être protégé dans son identité,
elles n’étaient pas non plus sans crédibilités
et l’on trouvera dans le livre de Thierry Jean-Pierre
une incroyable liste d’assassinats et de morts suspects
liés à cette affaire. A commencer par Thierry
Imbot, le fils de l’ancien directeur de la
DGSE qui, viendra dire le 10 juin 2002 dans le bureau du
juge que la mission de son fils était de suivre les
contrats d’armement entre la France et Taïwan,
qu’il connaissait un certain nombre de personnes en
France et à Taïwan qui avaient fait fortune
grâce aux commissions versées, et qu’au
lendemain de sa mort il avait rendez-vous avec un journaliste
avec qui il voulait parler de tout cela.
J’ajoute que le juge
van Ruymbeke, sans être informé
des résultats des longues enquêtes menées
précédemment par le général
Rondot et la DST, se fît très rapidement l’opinion
de la fausseté des affirmations du corbeau, même
s’il se devait de procéder à des vérifications
de routine.
S’il
s’agit de veiller au respect du code de procédure
pénale dans cette affaire rappelons qu’il
existe un article 40 qui stipule que toute autorité
constituée, tout officier public ou fonctionnaire
qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la
connaissance d’un crime ou d’un délit
se doit d’en donner avis sans délai au procureur
de la République.
Ainsi,
si l’on souhaite assurer le bon fonctionnement
de la justice deux questions doivent aussi être posées
:
- Pourquoi des informations présentées dés
l’origine comme liées aux frégates de
Taïwan n’ont pas été présentées
au juge en charge de ce dossier (et pourquoi elles ont donné
lieu à des enquêtes parallèles, légitimement
entachées d’un soupçon de manipulation
politique aujourd’hui)
- Pourquoi continuer à opposer le «secret défense»
à la justice dans l’affaire des frégates
de Taïwan. Sa levée permettrait tout à
la fois d’établir le caractère calomnieux
des dénonciations de Nicolas Sarkozy, de moi-même
et de quelques autres et d’établir la liste
des destinataires réels de ces commissions.
La
confiance dans la justice, qui est une clé
de notre pacte social, passe par la réponse à
ces deux questions 
Alain
Madelin
Les
AUTRES EDITORIAUX
La
TRIBUNE des LECTEURS :
la PAROLE est à VOUS
|
|
L’Europe
: faire le choix de la liberté
Le
professeur Pascal Salin analyse, dans
un article paru dans les Echos, les ambiguïtés
qu’entretient le processus d'intégration
européenne avec le libéralisme. L'Europe
est tiraillée entre une vision libérale
et une vision interventionniste, avec comme débat
central, le choix entre une concurrence libre ou «encadrée».
La lecture de ce texte pédagogique et philosophique
nous permet d’envisager l’avenir de l'Europe
au regard de ces deux visions antagonistes et de constater
les avantages et l’optimisme qui entourent le choix
libéral, "les bienfaits de la concurrence
tiennent au fait qu'elle incite les producteurs non pas
à s'imiter les uns les autres, mais, bien au contraire,
à se différencier de manière à
faire mieux que les autres et à remporter des parts
de marché. (...) L'harmonisation est donc la négation
d'une caractéristique fondamentale des êtres
humains, le besoin de diversification."
Lire
la suite |
|
 |
En
2007, les libéraux devront choisir
mais aujourd’hui l’heure n’est
pas au choix des personnes. Elle est à l’élaboration
et au choix des programmes.
Sans attendre nous avons un devoir
: placer au cœur du débat qui s’engage
un ensemble de propositions libérales nécessaires
au sursaut du pays. Avec deux objectifs : faire
peser nos idées dans le débat, servir
de référence pour juger des idées
des uns et des autres.
A nous maintenant de regrouper
les idées et les talents et de définir
un programme de travail et de publication.
Le 10 mai les responsables des
Cercles Libéraux ont fixé le cadre
de leur calendrier de travail que vous retrouverez
prochainement sur ce site.
|
|
|

>> HUMOUR :
Une petite histoire à la manière de Jean-Philippe
Feldman «la réforme de l'enseignement est
loin de faire l'unanimité. Aussi un groupe d'enseignants
de très haut niveau s'est penché sur la question qui
préoccupe la majorité des futurs instituteurs : L'évolution
d'un problème mathématique...»
Lire
la suite

| >>
LE CHIFFRE |
>>
CITATION |
|
Le tableau dressé par la Cour des comptes
sur la gestion des hôpitaux est effarant. Epinglé
notamment par la mise en place des 35 heures qui a à
la fois augmenté les effectifs de plus de 38 000 postes
et surchargé le personnel en désorganisant un
peu plus les hôpitaux. |
"En politique,
ce qui
est cru
devient
plus
important
que ce
qui est vrai"
Talleyrand
|
Immigration : le faux débat
Pour notre ami Jacques Garello, le débat
actuel sur l’immigration choisie est un faux débat.
La vraie question qui se pose est : «Comment le droit
individuel (de circuler) peut-il engendrer un fléau social
?». A titre d’exemple, «aux Etats-Unis
et dans les grands pays «neufs» les gens savent que
pour se faire une place dans la société il faut y
mettre du sien. Chez nous, la place est réservée pour
n’importe qui veut s’installer, peu importe ce qu’il
fait. Voilà pourquoi nos hommes politiques imaginent de limiter
le nombre de places mais pas leur gratuité.» Et
de conclure «l’immigration n’est pas une affaire
de police, mais un avatar de la société française,
malade de son étatisme socialiste. Vrai débat : libéralisme
ou socialisme.»
Lire
la suite
Phobie antilibérale
Jacques Chirac, déclarait l'année dernière
que «le libéralisme est aussi dangereux que le
communisme». Mario Monti, ancien commissaire
européen à la Concurrence, répond dans le Figaro
«la France peut guérir de sa phobie antilibérale».
Pour cela «la France et l'Allemagne devraient se libérer
de l'obsession anglo-saxonne». Serait-elle donc anglo-saxonne,
l'économie de marché européenne? Evidemment
pas ! Au moment du Traité de Rome, 22 ans avant l'entrée
en scène de Margaret Thatcher, l'économie britannique
se trouvait plutôt dans une situation «paléo-socialiste»,
et sûrement pas «ultralibérale».
Lire
la suite
La réforme du dialogue social (suite)
Nous avions critiqué le rapport Chertier (voir
l’éditorial : la loi des syndicats), Jacques
Garello nous livre à son tour son analyse : «Le
Parlement soumis aux syndicats officiels, c’est sans doute
ce que l’on appelle une « démocratie populaire»
? Les syndicats, y compris FO, ont fait savoir qu’on allait
un peu loin en réduisant le pouvoir des parlementaires et
en transformant les syndicalistes en co-législateurs...»
Lire
la suite
A
LIRE |
Les corrompus de Saddam Hussein
de
Franck Hériot,
Laurent Chabrun
Ed. Plon |
Le
droit naturel : ses amis et ses ennemis
de Patrick
Simon,
Philippe Nemo,
Ed. François Xavier de Guibert |
|
"Saddam
Hussein possédait bien une arme de destruction
massive: la corruption". Journalistes, Franck
HERIOT et Laurent CHABRUN nous
dévoilent par quels moyens et avec quel soutien
le dictateur déchu a réussi aussi longtemps
à résister à la pression internationale
et repousser ainsi sa perte. Du siège de l'ONU,
de la Chine en passant par l'Europe et les entreprises
de toute nationalité, dont 180 entreprises françaises
(voir
: ces entreprises françaises qui payaient Saddam
Hussein), les auteurs nous emmènent à
travers les rouages d'une des plus grandes affaire de
corruption de ces dernières années. |
Trop
de lois tuent la loi tel est l’objet du dernier
ouvrage de Me Patrick SIMON. En effet,
la paralysie de la France tient largement de l’inflation
législative qui émane continuellement de
nos bureaucraties. Le droit dont la finalité est
de protéger la propriété et les contrats
a été détourné et remplacé
par un «faux droit» qui fonctionne comme un
instrument de volonté politique tant par les majorités
que par les groupes de pression. Or, pour l’auteur
il existe une solution à ces dérives qui
consiste à ramener le droit à sa source
légitime «le droit naturel» Cet essai
contribue ainsi à soutenir le combat de nombreux
intellectuels pour une société de liberté
et de pleine responsabilité. |
|
|