La Lettre du 13 octobre 2006

Le corporatisme démocratique
est avancé
Institutionnaliser la participation des corporations à la confection des lois constitue une régression démocratique.

Jacques Chirac l’a dit devant le Conseil économique et social, il faut «plus de contrats et moins de lois». Bravo. Et d’ajouter que «la démocratie représentative ne signifie pas que l’Etat doit tout faire, et encore moins qu’il doit tout faire seul». Encore bravo.

Malheureusement, le Président de la République a tiré de ces excellents principes des conclusions profondément erronées. Ainsi pour lui, toute modification du Code du travail devra être précédée d’une négociation préalable obligatoire avec les partenaires sociaux. Et si un accord intervient, les parlementaires seront invités à le transformer en loi.
D’autre part, « aucun projet de loi ne sera présenté au Parlement sans que les partenaires sociaux ne soient consultés sur son contenu »

Ces idées ne sont pas nouvelles. Elles sont nées sous le gouvernement Raffarin, ont été depuis reprises par l’UMP et le gouvernement Villepin. Elles n’en restent pas moins calamiteuses.

Nous avons à maintes reprises attiré l’attention sur les dangers à «privatiser» la loi au profit des partenaires sociaux et à substituer la loi des syndicats à la loi du Parlement, même si le dernier mot reste à celui-ci (voir la Loi des syndicats). Nous avons de même ironisé sur «les réformes dromadaires» (le dromadaire étant, a-t-on dit, un cheval dessiné par une commission) qui sont de bonnes reformes revues et corrigées dans la concertation avec des partenaires sociaux largement défenseur du statut quo.

Il y a même un certain paradoxe à vouloir inscrire de telles dispositions dans la loi à la veille des élections présidentielles et législatives. Cela revient à dire que si les électeurs votent en faveur du programme de tel ou tel candidat ou de tel ou tel parti, ce programme sera ensuite revisité par des syndicats dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils disposent d’une faible représentativité par rapport au suffrage des Français qui se sera exprimé !

De telles propositions assurent le triomphe des corporations. Il n’est guère étonnant qu’elles aient été applaudies sur tous les bancs du Conseil économique et social assurément représentatif des sus-dites corporations.

Pourtant partager ce qui «relève de la loi et ce qui relève du contrat» est une bonne idée. Dans notre droit du travail la part de la loi est exorbitante par rapport à celle du contrat. Les lourdeurs et les rigidités d’un droit du travail hérité de la civilisation de l’usine et d’une situation de subordination des salariés pèsent aujourd’hui fortement sur la croissance et sur l’emploi. Pour bénéficier à plein de la nouvelle croissance de la nouvelle économie de la connaissance notre marché du travail a besoin de beaucoup de souplesse.

Alléger la loi, renforcer le contrat ne peut se faire qu’en rendant au législateur ce qui lui appartient – la définition des grandes règles d’ordre public – et en ouvrant aux partenaires sociaux un large espace de négociation contractuelle qui leur soit propre.

D’ailleurs notre Constitution ne fixe-t-elle pas dans son article 34 que ne doivent figurer dans la loi que les principes fondamentaux du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale. Et de ce point de vue, la loi sur les 35 heures ne mérite pas le nom de loi car l’organisation du temps de travail se doit de relever du contrat.

Un vrai partage consisterait à redéfinir la part du droit du travail d’ordre public - responsabilité du législateur - et le domaine contractuel qui revient à l’interprofession, aux branches ou à l’entreprise. Pour aller en ce sens dans un rapport remis à François Fillon, Michel de Virville avait fait d’intéressantes propositions (voir une refonte du Code du travail)

Au lieu d’institutionnaliser un tel partage, de clarifier les rôles de chacun, les propositions du président de la République institutionnalisent un mélange des genres et une confusion des rôles.
Mauvaise nouvelle pour les réformateurs.

Alain Madelin

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L’éducation bouge encore
Nous avions relevé que dans cette précampagne présidentielle le débat sur l’éducation s’ouvrait aux idées libérales. Le discours de Nicolas Sarkozy le 4 octobre dernier, lors de la convention UMP « Société de la connaissance : la nouvelle frontière » s’inscrit assurément dans cette direction.
Lire le discours de Nicolas Sarkozy
Lire les 16 propositions de l’UMP
Voir le chiffrage de ces propositions sur le site de l’Institut de l’entreprise

Le projet socialiste vu par Rocard
Michel Rocard est un militant socialiste. Dans un récent débat il a fait l’éloge du projet du PS «c’est une bonne boite à outils». Mais, c’est aussi un homme libre qui tient à préciser que «c’est un projet écrit sous la contrainte de la synthèse, et, comme on le sait, l’unanimité détruit tout ce qu’elle touche»
Conclusion : ce projet ne serait pas mauvais si «les caisses de l’Etat étaient pleines». Autrement dit, c’est un bon projet pour vider les caisses de l’Etat.


Jeudi 19 octobre 2006, débat sur la pression fiscale entre Alain Madelin et Thomas Piketty
L’Université de tous les savoirs organise une rencontre entre Alain Madelin (député d’Ille et Vilaine et ancien ministre de l’économie et des finances) et Thomas Piketty (économiste et directeur d’études à l’Ehess) sur le thème «la pression fiscale, monter ou diminuer ?»
Assistez à ce débat : entrée libre et sans réservation à l’Université René Descartes à 18h30 – Paris V Amphithéâtre Binet, 45, rue des Saints-Pères – 75006 Paris
Pour en savoir plus



Écologiquement correct
D’un coté, la sortie du film d’Al Gore «une vérité qui dérange» qui met en scène les prévisions les plus apocalyptiques sur le réchauffement de la planète.
De l’autre, Claude Allègre qui une fois de plus, à sa façon, a mis les pieds dans le plat. Comble de la provocation : il met en doute le réchauffement climatique.
C’est là une question délicate et on sait que les libéraux ont souvent mis en question le protocole de Kyoto, ses hypothèses fluctuantes, ses conséquences incertaines, et les causes encore mal expliquées du réchauffement planétaire.
D’autant que les moyens prévus par le protocole de Kyoto pour lutter contre le réchauffement climatique semblent avoir un impact négligeable pour un coût exorbitant.
Au surplus, les prophètes de l’apocalypse climatique alimentent un rejet de l’économie de marché et font le lit d’une gouvernance mondiale qui entend imposer des solutions de rationnement planétaire. Aux solutions malthusiennes du rationnement les libéraux ont toujours opposé création et innovation. C’est la raison pour laquelle, les libéraux ont tendance à répondre que seul le progrès scientifique et technologique (nouvelles sources d’énergie, voiture électrique, moteur à hydrogène...) constitue une vraie réponse au défi annoncé du réchauffement climatique.
Le dossier est complexe, le chantier est loin d’être clos, voici quelques éléments de réflexion.
Lire notre dossier Écologie
Voir le dossier du CEI qui pointe les erreurs, les exagérations, les contre-vérités du film d’Al Gore

l’ISF, un impôt injuste et destructeur
Pascal Salin, professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine, relève dans une tribune publiée dans le Figaro du 09 octobre 2006, que la grande erreur qui inspire le système fiscal français « consiste à penser qu'il existe deux classes antagonistes, les capitalistes et les salariés, de telle sorte que la justice sociale impliquerait d'effectuer des transferts obligatoires des premiers vers les seconds. En réalité, capitalistes et salariés sont profondément solidaires dans la poursuite d'une croissance due à l'accumulation de capital. »
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Cliniques en danger : elles fonctionnent trop bien !
Les cliniques sont mises à mal par le gouvernement qui a diminué les tarifs des établissements privés afin d’assurer l’équilibre des comptes de la Sécurité Sociale, sans que cela n’affecte les assurés cotisants. Cette décision intervient alors même que les cliniques, plébiscitées par les patients, sont mieux gérées que les hôpitaux. Ainsi, comme nous le révèle la lettre de l’ALEPS «les charges de personnel représentent 65,5% du chiffre d’affaires pour les établissements publics contre 45,3% seulement pour les établissements privés, la marge commerciale est de 3,5% dans le public et 5,6% dans le privé et la rentabilité est de 0,9% du chiffre d’affaire dans le public et de 1,8% dans le privé»
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Interdiction de fumer !
Alors que le gouvernement prévoit d’interdire de fumer dans les lieux publics, Xavier Méra, de l’Institut économique Molinari, rappelle que la «protection contre le «tabagisme passif» est à la portée des non-fumeurs hors d’un régime de prohibition et ne requiert aucunement de sacrifier les fumeurs sur l’autel de la santé publique. C’est en laissant le libre choix en la matière aux propriétaires d’établissements qu’une offre diversifiée peut émerger, répondant aux préférences variées des consommateurs…»
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Bruxelles s’attaque aux privilèges de la Poste
Après EDF, les banques régionales allemandes, Bruxelles «lance une procédure contre les garanties illimitées de l’Etat sur la Poste». Celle-ci bénéficie ainsi d’un avantage certain pour obtenir des financements à meilleur prix en comparaison des autres établissements bancaires, faussant de manière grossière la concurrence. Même si en cette période d’élection, Bruxelles accepte de patienter, il est certain que ce «service public» à la française devra rentrer dans le rang.
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Le 23 octobre les assises de Contribuables Associés
«Trop de dépenses publiques c’est trop d’impôts : mobilisation 2007», c’est le thème des assises nationales des contribuables le 23 octobre au Palais des Congrès à Paris en présence de Jean Amadou, Jacques Marseille, et Olivier Truchot.
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A signer via le site de l’Institut Hayek la pétition de soutien à Rober Redeker
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