La Lettre du 15 septembre 2006

Retraite : rattraper le temps perdu
Les réformes des retraites du privé et du public sont à refaire. La réforme des régimes spéciaux reste à faire. Bref, c’est tout le chantier des retraites qu’il faut réouvrir.

Voici donc une certitude. Comme nous l’avons toujours dit (A quand la prochaine réforme des retraites ?) la reforme des retraites menée par le gouvernement Raffarin - on pourrait en dire autant de la réforme de l’assurance maladie - est à refaire. Et même doublement à refaire.

D’une part, parce que comme vient de s’en apercevoir François Fillon sa réforme a oublié les régimes spéciaux (comme le dit diplomatiquement la Cour des comptes «l’opportunité n’a pas été saisie d’adapter les règles d’acquisition et de liquidation de ces régimes en 2003»)

D’autre part, parce que la réforme Fillon est bien loin de régler le problème des déficits de nos retraites. Selon le très officiel Conseil d’Orientation des Retraites (COR) le besoin de financement de la CNAV devrait atteindre 52 milliards d’euros en 2050 et 40 milliards pour la Fonction publique d’Etat, soit selon les meilleures hypothèses entre 3 et 4% du PIB.

En fait, les deux problèmes sont liés et il serait absurde de les traiter une nouvelle fois séparément.

La réforme globale qui reste à conduire c’est d’abord de transformer notre système de pension en système de vrais droits à la retraite autour d’un principe équitable : "à cotisations égales, retraites égales". C’est là une question de principe et donc de la responsabilité du législateur. On sait que nos systèmes de retraite restent, à l’exception des retraites complémentaires, des systèmes de répartition dont les prestations promises sont le résultat de promesses politiques et non d’un vrai calcul économique équilibrant chaque année cotisations et départs à la retraite. Ils appartiennent à la catégorie des « faux droits » généreusement distribués par l’Etat providence, naguère dénoncés par le grand économiste libéral Jacques Rueff (dans une époque de forte inflation – ce qui n’est plus le cas aujourd’hui – qui permettait de payer le moment venu ces « faux droits » en monnaie de singe).

Le calcul des droits à la retraite par référence aux années de cotisation n’est guère équitable car toutes les années n’ont pas le même rendement de même qu’il semble tout aussi inéquitable de calculer les retraites du privé sur la base des vingt-cinq meilleures années et celles du public sur la base des six derniers mois, ou d'accepter les inégalités des pensions de reversion.

Dans un monde en plein bouleversement et où le choc démographique frappe de plein fouet le système de répartition, il est nécessaire de passer des régimes de pension dit à "prestations définies" qui sont des systèmes de faux droits définis par les promesses politiques et soumis au rapport de force politique à des systèmes de vrais droits à partir de "cotisations définies" et dont la valeur est fixée par l’état de l’économie (la même remarque vaut pour les systèmes de retraite par capitalisation imprudemment fondés hier selon la même règle des prestations définies qui s’avère aujourd’hui intenable dans de nombreux pays pour beaucoup d’entreprises )

Le moyen de cette transformation a été proposé depuis longtemps par les libéraux. Il s’agit de passer à un système par points accumulés tout au long de la vie permettant à chacun de liquider sa retraite à l’âge de son choix, de racheter des points pour préparer sa retraite ou de travailler plus longtemps pour acquérir des droits supplémentaires (vous trouverez la description détaillée du système dans le dossier retraite)

Il serait assurément plus facile de traiter dans ce cadre la difficile question des régimes spéciaux soulevée par François Fillon. Certes les avantages (cheminots marins, mineurs Banque de France, Opéra de Paris, Comédie française, postiers, agents de la RATP ou de Gaz de France...soit au total 500 000 actifs et 1,1 millions de pensionnaires) de ces régimes peuvent paraître pour certains exorbitants mais ils ont une histoire et pour beaucoup ce capital retraite est le seul capital dont ils disposent. Un capital qui apparaît d'ailleurs bien mince si on le compare à quelques retraites dorées de grands PDG qui défraient ici et là la chronique. C’est pourquoi il serait sage de garantir – comme le propose des libéraux – que les droits à pensions dûment ou indûment gagnés avant la réforme soient intégralement respectés. Il suffit pour cela lors de la conversion en points des droits constitués sous forme d’annuité d’attribuer un nombre de points adéquat aux ressortissants des régimes ayant été auparavant particulièrement généreux. En revanche, si l’on veut conserver certains avantages des régimes spéciaux il faut que ceux-ci ne reposent pas sur le contribuable ou sur les autres cotisants (ni sur les consommateurs ce qui suppose d’ouvrir les monopoles à la concurrence ) ces avantages catégoriels doivent faire l’objet d’un régime spécifique par capitalisation payé par des cotisations. Aussi Les métiers « usants » qui peuvent justifier une cessation d’activité plus précoce devront être payés à des tarifs permettant de constituer ce droit à pension complémentaire.

Au moment où le gouvernement veut développer une pédagogie économique auprès des Français il y aurait là au surplus le moyen de faire un lien clair entre le combat pour la libération de la croissance et les droits à la retraite, entre cotisations versées et les droits acquis.

Alain Madelin

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Feu la carte scolaire
«Voici donc la suppression de la carte scolaire au cœur du débat des présidentielles. Enfin !» note Alain Madelin dans un article paru dans le Figaro du 14 septembre. Depuis toujours les libéraux proposent de donner à tous les parents la liberté de choix de l’école de leurs enfants.
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Le socialisme de la terre plate (suite)
A lire le commentaire du projet du Parti socialiste pour la présidentielle de Vincent Bernard sur le site de l’Institut Hayek. Ce projet «ne nous épargne aucune des vieilles lunes socialo-étatistes, souvent rebadgées pour paraître modernes, aussi riches de promesses intenables que de mesures infinançables...»
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Pouvoir d’achat : un débat faussé
A lire l’analyse cinglante de Paul Fabra parue dans les Echos sur l’incompétence du gouvernement suite aux décisions d’abaissement des charges sur les bas salaires, dont toute «pensée rigoureuse» peut «prévoir dès le départ les effets pervers». Non seulement ce choix cantonne «un nombre croissant de gens dans la catégorie des bas salaires» mais il fausse aussi le débat sur le pouvoir d’achat car la baisse des charges implique un déficit accru de la sécurité sociale couvert par les contribuables. Or, «dans le pouvoir d'achat, il faut compter les prestations de la Sécurité sociale dont bénéficient les Français et auxquelles ils sont très attachés. S'ils n'avaient pas fait ce choix-là, leur rémunération directe serait aujourd'hui plus élevée». Et l’auteur de relever que «ce déficit de la Sécu représente bien, lui aussi, une part du pouvoir d'achat global des bénéficiaires de la Sécurité sociale»
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Que disent les sondages...
Il est de bon ton de dire les Français fâchés avec le libéralisme et assurément les idées libérales ont reculé dans notre pays depuis quelques années. C’est pourquoi le sondage CSA publié par Capital au mois d’août sur les valeurs des moins de 24 ans est des plus intéressants. Si Ségolène Royal devance (avec 14%) Nicolas Sarkozy (10%) dans les personnalités les plus appréciées par les jeunes, le libéralisme fait jeu égal avec le socialisme avec 67% d’opinion positive. Il devance même le socialisme avec 70% (contre 65%) chez les 15-20 ans. Contrairement aux idées reçues toujours, 17% des jeunes voudraient être fonctionnaires alors que 27% souhaiteraient être dirigeants d’entreprise et 23% commerçants.

En 2007, les libéraux devront choisir. Aujourd’hui l’heure n’est pas au choix des personnes, elle est à l’élaboration et au choix des programmes.
En toute liberté, les libéraux entendent présenter leurs idées, leurs propositions et les placer au cœur du débat politique.
Retrouvez tous les éléments du projet des libéraux 2007 et participez au débat 


HUMEUR

Comme le temps passe. Il y a 30 ans Mao Tsé-Toung disparaissait sous les éloges du Président de la République française qui croyait devoir saluer «ce phare de la pensée mondiale qui s’éteint ». Aujourd’hui, le jugement de l’histoire est cruel comme en témoigne la biographie destructrice que viennent de publier Jung Chang et Jon Halliday qui attribuent au Grand Timonier la mort de plus de 70 millions de personnes. L’histoire est moins cruelle en France pour les admirateurs d’alors (les Roland Barthes, Jean-paul Sartre, Philippes Sollers....) du régime maoïste qui, à l’exception de André Glucksman qui vient de publier dans le Figaro «mes années maoïstes me font toujours honte», continuent de tenir le haut du pavé. Mention spéciale pour Serge July brillamment reconverti à la tête du quotidien Libération, par ironie de l’histoire il a été éjecté par le nouvel actionnaire Edouard de Rothschild. Serge July qui publiait en 1969 une théorie marxiste-léniniste de la rupture du capitalisme en France sous le titre évocateur et bien choisi « Vers la guerre civile ». Enfin, comble de l’ironie, aujourd’hui les chinois sont les premiers à accepter l’économie de marché (74%) et les Français bons derniers (avec seulement 36% de confiance).
A lire aussi «Mao ou l’étrange fascination française pour le sado-marxisme » de Guy Sorman

Microsoft ou le shopping antitrust
La Commission de Bruxelles devient pour François Guillaumat, directeur éditorial de l’Institut Turgot, le «collaborateur» des sociétés américaines contre Microsoft qui « abuserait » de sa position dominante. A «l’archaïsme du « droit » européen de la concurrence» s’ajoute le fait que l'Europe semble perdre de vue la raison d’être de la concurrence «au nom de la présomption selon laquelle il y aurait d'autant plus de concurrence qu'il y aurait plus d'entreprises sur le marché.». Or, pour l’auteur ce détournement conduit à protéger des concurrents inefficaces.
«Ce qui compte, c'est qu'on préserve la liberté du marché pour que celui-ci demeure ouvert tant aux réactions de Microsoft qu'aux innovations imprévisibles que celles-ci inspirent en retour.»
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LE CHIFFRE

7

Si sept écoles de commerce françaises figurent parmi les dix meilleurs en Europe dans le classement 2006 du Financial Time, cela ne doit pas faire oublier la médiocrité du classement de nos universités. Selon le classement publié par l’Université de Shanghaï des 500 premières universités du monde, quatre seulement sont françaises, sur les cent premières universités, la première étant Paris-IV (en 46ème place).
Quelle est la différence ?. Les unes sont liées à l’Etat et les autres sont autonomes. Hier le projet socialiste proposait d’intégrer les grandes écoles dans les universités, c’est à dire diluer ce qui marche dans ce qui ne marche pas. Aujourd’hui la leçon est claire il faut introduire plus de liberté et de concurrence dans nos universités.
 


DÎNER-DEBAT

Pour vous informer, pour débattre, pour envisager ensemble les grands choix de demain, Le club "Réforme&Modernité" organise un dîner-débat de rentrée, autour d'HERVE MARITON, Député de la Drôme et Président de Réforme&Modernité.

Le MARDI 3 OCTOBRE à 20heures
à la Maison des Polytechniciens - 75007.

Renseignements : reformeetmodernite@yahoo.fr