Retraite
: rattraper le temps perdu
Les
réformes des retraites du privé et du public
sont à refaire. La réforme des régimes
spéciaux reste à faire. Bref, c’est
tout le chantier des retraites qu’il faut réouvrir.
Voici
donc une certitude. Comme nous l’avons
toujours dit (A
quand la prochaine réforme des retraites ?) la
reforme des retraites menée par le gouvernement Raffarin
- on pourrait en dire autant de la réforme de l’assurance
maladie - est à refaire. Et même doublement
à refaire.
D’une part,
parce que comme vient de s’en apercevoir François
Fillon sa réforme a oublié les régimes
spéciaux (comme le dit diplomatiquement la Cour des
comptes «l’opportunité n’a pas
été saisie d’adapter les règles
d’acquisition et de liquidation de ces régimes
en 2003»)
D’autre part,
parce que la réforme Fillon est bien loin de régler
le problème des déficits de nos retraites.
Selon le très officiel Conseil d’Orientation
des Retraites (COR) le besoin de financement de la CNAV
devrait atteindre 52 milliards d’euros en 2050 et
40 milliards pour la Fonction publique d’Etat, soit
selon les meilleures hypothèses entre 3 et 4% du
PIB.
En fait,
les deux problèmes sont liés
et il serait absurde de les traiter une nouvelle fois séparément.
La réforme globale
qui reste à conduire c’est
d’abord de transformer notre système de pension
en système de vrais droits à la retraite autour
d’un principe équitable : "à cotisations
égales, retraites égales". C’est
là une question de principe et donc de la responsabilité
du législateur. On sait que nos systèmes de
retraite restent, à l’exception des retraites
complémentaires, des systèmes de répartition
dont les prestations promises sont le résultat de
promesses politiques et non d’un vrai calcul économique
équilibrant chaque année cotisations et départs
à la retraite. Ils appartiennent à la catégorie
des « faux droits » généreusement
distribués par l’Etat providence, naguère
dénoncés par le grand économiste libéral
Jacques Rueff (dans une époque de forte inflation
– ce qui n’est plus le cas aujourd’hui
– qui permettait de payer le moment venu ces «
faux droits » en monnaie de singe).
Le calcul des droits à
la retraite par référence
aux années de cotisation n’est guère
équitable car toutes les années n’ont
pas le même rendement de même qu’il semble
tout aussi inéquitable de calculer les retraites
du privé sur la base des vingt-cinq meilleures années
et celles du public sur la base des six derniers mois, ou
d'accepter les inégalités des pensions de
reversion.
Dans un monde en plein bouleversement
et où le choc démographique frappe de plein
fouet le système de répartition, il est nécessaire
de passer des régimes de pension dit à "prestations
définies" qui sont des systèmes de faux
droits définis par les promesses politiques et soumis
au rapport de force politique à des systèmes
de vrais droits à partir de "cotisations définies"
et dont la valeur est fixée par l’état
de l’économie (la même remarque vaut
pour les systèmes de retraite par capitalisation
imprudemment fondés hier selon la même règle
des prestations définies qui s’avère
aujourd’hui intenable dans de nombreux pays pour beaucoup
d’entreprises )
Le moyen de cette transformation
a été proposé depuis longtemps par
les libéraux. Il s’agit de passer à
un système par points accumulés tout au long
de la vie permettant à chacun de liquider sa retraite
à l’âge de son choix, de racheter des
points pour préparer sa retraite ou de travailler
plus longtemps pour acquérir des droits supplémentaires
(vous
trouverez la description détaillée du système
dans le dossier retraite)
Il serait assurément
plus facile de traiter dans ce cadre la
difficile question des régimes spéciaux soulevée
par François Fillon. Certes les avantages (cheminots
marins, mineurs Banque de France, Opéra de Paris,
Comédie française, postiers, agents de la
RATP ou de Gaz de France...soit au total 500 000 actifs
et 1,1 millions de pensionnaires) de ces régimes
peuvent paraître pour certains exorbitants mais ils
ont une histoire et pour beaucoup ce capital retraite est
le seul capital dont ils disposent. Un capital qui apparaît
d'ailleurs bien mince si on le compare à quelques
retraites dorées de grands PDG qui défraient
ici et là la chronique. C’est pourquoi il serait
sage de garantir – comme le propose des libéraux
– que les droits à pensions dûment ou
indûment gagnés avant la réforme soient
intégralement respectés. Il suffit pour cela
lors de la conversion en points des droits constitués
sous forme d’annuité d’attribuer un nombre
de points adéquat aux ressortissants des régimes
ayant été auparavant particulièrement
généreux. En revanche, si l’on veut
conserver certains avantages des régimes spéciaux
il faut que ceux-ci ne reposent pas sur le contribuable
ou sur les autres cotisants (ni sur les consommateurs ce
qui suppose d’ouvrir les monopoles à la concurrence
) ces avantages catégoriels doivent faire l’objet
d’un régime spécifique par capitalisation
payé par des cotisations. Aussi Les métiers
« usants » qui peuvent justifier une cessation
d’activité plus précoce devront être
payés à des tarifs permettant de constituer
ce droit à pension complémentaire.
Au
moment où le gouvernement
veut développer une pédagogie économique
auprès des Français il y aurait là
au surplus le moyen de faire un lien clair entre le combat
pour la libération de la croissance et les droits
à la retraite, entre cotisations versées et
les droits acquis.
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d'Etat
Mais
si les réformes libérales sont possibles !
Les
AUTRES EDITORIAUX
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Feu
la carte scolaire
«Voici
donc la suppression de la carte scolaire au cœur
du débat des présidentielles. Enfin
!» note Alain Madelin dans
un article paru dans le Figaro
du 14 septembre. Depuis toujours les libéraux
proposent de donner à tous les parents
la liberté de choix de l’école
de leurs enfants.
Lire
la suite
Le socialisme de
la terre plate (suite)
A lire le commentaire du projet du Parti socialiste
pour la présidentielle de Vincent
Bernard sur le site de l’Institut
Hayek. Ce projet «ne nous épargne
aucune des vieilles lunes socialo-étatistes,
souvent rebadgées pour paraître modernes,
aussi riches de promesses intenables que de mesures
infinançables...»
Lire
la suite
Pouvoir d’achat : un débat faussé
A lire l’analyse cinglante de Paul
Fabra parue dans les Echos sur l’incompétence
du gouvernement suite aux décisions d’abaissement
des charges sur les bas salaires, dont toute «pensée
rigoureuse» peut «prévoir dès
le départ les effets pervers». Non
seulement ce choix cantonne «un nombre croissant
de gens dans la catégorie des bas salaires»
mais il fausse aussi le débat sur le pouvoir
d’achat car la baisse des charges implique
un déficit accru de la sécurité
sociale couvert par les contribuables. Or, «dans
le pouvoir d'achat, il faut compter les prestations
de la Sécurité sociale dont bénéficient
les Français et auxquelles ils sont très
attachés. S'ils n'avaient pas fait ce choix-là,
leur rémunération directe serait
aujourd'hui plus élevée».
Et l’auteur de relever que «ce déficit
de la Sécu représente bien, lui
aussi, une part du pouvoir d'achat global des
bénéficiaires de la Sécurité
sociale»
Lire
la suite
Que disent les sondages...
Il est de bon ton de dire les Français
fâchés avec le libéralisme
et assurément les idées libérales
ont reculé dans notre pays depuis quelques
années. C’est pourquoi le sondage
CSA publié par Capital
au mois d’août sur les valeurs des
moins de 24 ans est des plus intéressants.
Si Ségolène Royal
devance (avec 14%) Nicolas Sarkozy
(10%) dans les personnalités les plus appréciées
par les jeunes, le libéralisme
fait jeu égal avec le socialisme avec 67%
d’opinion positive. Il devance même
le socialisme avec 70% (contre 65%) chez les 15-20
ans. Contrairement aux idées reçues
toujours, 17% des jeunes voudraient être
fonctionnaires alors que 27% souhaiteraient être
dirigeants d’entreprise et 23% commerçants.
En
2007, les libéraux devront choisir.
Aujourd’hui l’heure n’est
pas au choix des personnes, elle est à
l’élaboration et au choix des
programmes.
En toute liberté, les libéraux
entendent présenter leurs idées,
leurs propositions et les placer au cœur
du débat politique.
Retrouvez tous
les éléments du projet des libéraux
2007 et participez au débat
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HUMEUR
Comme le temps passe.
Il y a 30 ans Mao Tsé-Toung disparaissait sous les éloges
du Président de la République française qui
croyait devoir saluer «ce phare de la pensée mondiale
qui s’éteint ». Aujourd’hui, le jugement
de l’histoire est cruel comme en témoigne la biographie
destructrice que viennent de publier Jung Chang et Jon Halliday
qui attribuent au Grand Timonier la mort de plus de 70 millions
de personnes. L’histoire est moins cruelle en France pour
les admirateurs d’alors (les Roland Barthes, Jean-paul Sartre,
Philippes Sollers....) du régime maoïste qui, à
l’exception de André Glucksman qui
vient de publier dans le Figaro «mes
années maoïstes me font toujours honte», continuent
de tenir le haut du pavé. Mention spéciale pour Serge
July brillamment reconverti à la tête du quotidien
Libération, par ironie de l’histoire il a été
éjecté par le nouvel actionnaire Edouard de Rothschild.
Serge July qui publiait en 1969 une théorie marxiste-léniniste
de la rupture du capitalisme en France sous le titre évocateur
et bien choisi « Vers la guerre civile ». Enfin, comble
de l’ironie, aujourd’hui les
chinois sont les premiers à accepter l’économie
de marché (74%) et les Français bons derniers
(avec seulement 36% de confiance).
A
lire aussi «Mao ou l’étrange fascination française
pour le sado-marxisme » de Guy Sorman

Microsoft
ou le shopping antitrust
La
Commission de Bruxelles devient pour François Guillaumat,
directeur éditorial de l’Institut Turgot, le «collaborateur»
des sociétés américaines contre Microsoft qui
« abuserait » de sa position dominante. A «l’archaïsme
du « droit » européen de la concurrence»
s’ajoute le fait que l'Europe semble perdre de vue la raison
d’être de la concurrence «au nom de la présomption
selon laquelle il y aurait d'autant plus de concurrence qu'il y
aurait plus d'entreprises sur le marché.». Or,
pour l’auteur ce détournement conduit à protéger
des concurrents inefficaces.
«Ce qui compte, c'est qu'on préserve la liberté
du marché pour que celui-ci demeure ouvert tant aux réactions
de Microsoft qu'aux innovations imprévisibles que celles-ci
inspirent en retour.»
Lire
la suite
LE
CHIFFRE |
Si
sept écoles de commerce françaises figurent parmi
les dix meilleurs en Europe dans le classement 2006 du Financial
Time, cela ne doit pas faire oublier la médiocrité
du classement de nos universités. Selon le classement
publié par l’Université de Shanghaï
des 500 premières universités du monde, quatre
seulement sont françaises, sur les cent premières
universités, la première étant Paris-IV
(en 46ème place).
Quelle est la différence ?. Les unes sont liées
à l’Etat et les autres sont autonomes. Hier le
projet socialiste proposait d’intégrer les grandes
écoles dans les universités, c’est à
dire diluer ce qui marche dans ce qui ne marche pas. Aujourd’hui
la leçon est claire il faut introduire plus de liberté
et de concurrence dans nos universités. |
DÎNER-DEBAT
Pour vous informer, pour débattre, pour envisager ensemble
les grands choix de demain, Le club "Réforme&Modernité"
organise un dîner-débat de rentrée, autour
d'HERVE MARITON, Député de
la Drôme et Président de Réforme&Modernité.
Le MARDI 3 OCTOBRE à 20heures
à la Maison des Polytechniciens - 75007.
Renseignements
: reformeetmodernite@yahoo.fr
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