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Concours
de beauté sociale
Au concours de beauté du mieux
disant social, il ne faut pas confondre le social et le
socialisme.
La droite
et le gouvernement rivalisent sur le thème du mieux
disant social, au risque de déborder vers des propositions
socialistes. Pour y voir plus clair, détaillons
les propositions des uns et des autres.
"Le contrat de transition professionnel"
initié par le Premier Ministre sous forme expérimentale
est une réponse à un problème bien réel
soulevé depuis longtemps par les libéraux. En
cas de licenciements collectifs liés à l’arrêt
d’une activité, une délocalisation ou
une restructuration, les grandes entreprises - effet réputation
oblige - mettent le plus souvent en place des plans de reclassement
très avantageux pour les salariés licenciés.
Tel n’est pas le cas de leurs entreprises sous-traitantes
ou encore des moyennes entreprises soumises aux mêmes
problèmes. Pour faciliter les mutations de notre tissu
économique, il est donc souhaitable de mettre en place
- à coté de l’assurance individuelle contre
le chômage - un mécanisme d’assurance collective
des entreprises pour faire face aux coûts de tels reclassements.
Cependant la logique aurait voulu qu’un tel dispositif,
qui s’appuie sur les fonds de l’assurance chômage,
soit mis en place par les partenaires sociaux. On aurait ainsi
évité la création de nouvelles structures
publiques dont les personnes licenciées deviendront
salariées au risque, relevé par la présidente
du MEDEF, Laurence Parisot, «d’étatiser
un peu plus notre système».
"Le
dividende du travail" annoncé par le
Premier Ministre afin de rendre « plus facile la récompense
des salariés » est sur le principe une bonne
mesure. Elle s’inscrit dans la nécessité
de donner une plus grande flexibilité aux rémunérations
des salariés pour faire face aux à-coups de
la conjoncture et des carnets de commandes afin de favoriser
l’augmentation du revenu distribué dans des entreprises
qui ont très souvent la crainte d’augmenter leur
rigidité salariale.
"Le contrat de travail unique",
prôné par le président de l’UMP
à la suite du rapport Cahuc-Kramarz, est une fausse
bonne idée. Matignon s’y oppose mais, semble-t-il,
pour de mauvaises raisons « on ne doit pas toucher au
CDI ». Un tel contrat unique renouvelle l’erreur
des politiques « une seule et même taille pour
tous » : les 35 heures pour tous, le même contrat
de travail pour tous. Pourquoi pas la même pointure
40 pour toutes nos chaussures ?
Le retour au plein emploi passe par le retour à un
sain fonctionnement de marché du travail (voir
la lettre du 24-03-2005) et celui-ci passe par une différenciation
des contrats pour s’adapter à une multiplicité
des contrats proches des réalités économiques
différentes et changeantes. Les attentes ou les possibilités
ne sont pas les mêmes pour les cadres d’une start-up,
les caissières d’un supermarché, les jeunes
étudiants à la recherche d’un emploi ou
les seniors dans l’attente de leurs retraites. Il est
absurde d’imaginer que le marché du travail soit
le seul marché où il ne puisse exister qu’un
seul type de contrat.
"La sécurité sociale professionnelle"
prônée par le Président de l’UMP
et qui semble aussi inspirer le Premier Ministre ne vaut pas
mieux. Pour s’en persuader il n’y a qu’à
écouter Nicolas Sarkozy dire que « la CGT et
la CFDT la réclament depuis longtemps à juste
titre » ou les socialistes crier qu’on leur vole
leurs idées. Certes dans l’esprit de Nicolas
Sarkozy, il s’agit juste de troquer plus de sécurité
contre plus de flexibilité. Si cette dernière
idée est bonne et doit inspirer les partenaires sociaux,
elle ne doit pas justifier la création d’une
nouvelle sécurité sociale professionnelle d’Etat
qui a de plus grandes chances de finir comme la Sécurité
Sociale dans les déficits, l’endettement et les
prélèvements croissants. D’ailleurs, est-il
raisonnable de proposer pour alimenter cette nouvelle sécurité
sociale de taxer davantage les entreprises qui licencient
? Pourquoi rendre plus difficile encore l’adaptation
des entreprises en difficulté ? La Sécurité
Sociale doit-elle coûter plus cher aux malades qu’aux
bien-portants.
Derrière ce concours de beauté des propositions
sociales se pose la question de l’idée que l’on
se fait des relations sociales. Le Premier Ministre entend
tracer la feuille de route des négociations entre organisations
syndicales et organisations patronales en laissant entendre
qu’en cas d’échec, l’Etat reprendra
la main en passant par la voie législative. C’est
là une bien mauvaise méthode. Les négociations
paritaires, comme leur nom l’indique, sont des négociations
entre syndicats et patronat et l’Etat n’a pas
à s’en mêler. Ni pour reprendre les résultats
de ces négociations dans une loi afin d’enrichir
son bilan, ni pour placer les négociations sous la
menace de l’intervention législative, ce qui
fausse le dialogue social.
Le véritable enjeu social, répétons-le,
c’est la redéfinition des frontières entre
la loi et le contrat. C’est la limitation de la loi
à quelques règles d’ordre public et aux
dispositions de procédures nécessaires à
l’équilibre des négociations contractuelles.
C’est l’ouverture d’un large espace de négociations
contractuelles autonomes par rapport à l’Etat

Alain
Madelin
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Balayer la dette devant sa porte
La
dette publique française est insoutenable. Thierry Breton
veut que cela se sache. D’où le rapport Pébereau
promis à une grande publicité. Il faut, dit le Ministre
des Finances, que les Français «s’approprient»
la problématique de la dette. Fort bien. Ce faisant comme
l’a noté Jean-Pierre Robin dans le Figaro «à
qui le ministre des Finances s’adresse-t-il ? Au grand public,
les 39 millions d’électeurs qui ont le privilège
de payer des impôts ou bien aux 1 671 conseillers régionaux
qui ont voté une augmentation de 21% en moyenne de la fiscalité
des régions pour l’année 2005 ? La véritable
cible de Thierry Breton ne serait-ce pas plutôt les 577 députés,
les 331 sénateurs, les 36 674 maires, les 3 961 conseillers
généraux et les 83 000 conseillers municipaux (pour
s’en tenir aux communes de plus de 3 500 habitants), tous
les élus de France qui ont la responsabilité d’un
budget ?».

HUMEUR :Dans
le
conflit de la ligne D du RER, la SNCF n’hésite pas
à mettre carte sur table. Ainsi, les conducteurs de RER travaillent
1092 heures par an à raison de 5h50 heures par jour dont
3h20 de conduite - pour un salaire mensuel de 1600 à 2800
euros sur 13 mois et un départ à la retraite possible
dés 50 ans. Pas de quoi emporter la sympathie des banlieusards
qui travaillent 35 heures par semaine, partiront à la retraite
à 65 ans, n’ont pas la sécurité de l’emploi
et qui - merci les grévistes- galérent 4 ou 5 heures
par jour pour aller à leur travail ou en revenir.

| LE
CHIFFRE |
CITATION |
| +5,2% |
de
érémistes
sur un an. |
|
| En
matière d’emploi aussi «rien ne
se crée, tout se transforme». Faute
de vraie création d’emplois, cette forte
augmentation est la contrepartie des modifications de
l’indemnisation du chômage et des radiations. |
|
Les douze mots les plus terrifiants de la langue anglaise
sont :
“I am from the Government
and I am here to help you”
(je suis au gouvernement,
et je viens vous aider)
Ronald Reagan
|
Les
dangers du principe de précaution
Le tribunal a relaxé les faucheurs volontaires qui avaient
détruit des plants de maïs transgénique en s'appuyant
sur le principe de précaution « à valeur constitutionnelle
».
Nous
avions déjà dit tous les dangers qu’il y
avait à introduire dans la Constitution - qui garantit la
propriété dans le cadre d’une liberté
responsable – le principe de précaution qui présume
la liberté coupable et à demander au juge de s’arranger
de cette contradiction
Taxe sur les billets d’avion
contre PAC
Relevé
dans le Het Financieele Dagblad (Amterdam), ce
commentaire : «Pour le Président français, il
n’est pas question de toucher à la PAC. Cette position
française semble intangible, et Chirac espère contrer
les critiques légitimes en mettant en avant sa taxe sur les
billets d’avion.» En réalité, «cet
impôt devrait, selon les estimations, rapporter quelque 200
millions d’euros par an. Or il y a dans le monde plus de 800
millions de personnes qui souffrent de malnutrition. Cela revient
donc à une contribution de 25 centimes d’euro pour
chaque victime de la faim – par an, s’entend. La PAC
non réformée rapporte, elle, 11 milliards d’euros
par an à la France et à ses 680 000 agriculteurs,
c’est à dire 16 544 euros par agriculteur. C’est
cette différence abyssale qui rend le geste de Jacques Chirac
aussi hypocrite.»
A
LIRE |
La
Condition politique
de Marcel Gauchet
Gallimard |
Réédition
de Harmonies économiques de
Frédéric Bastiat
aux Éditions du Trident |
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Marcel
Gauchet, philosophe et rédacteur en chef
de la revue Le Débat, revient dans son dernier
essai sur « la condition politique » qui serait
pour lui, au fond, notre « condition permanente
». Aujourd’hui, nous nous trouvons face à
une nouvelle mutation «consacrant l’individu
par le marché et le droit. Cette mutation doit-elle
aboutir à l’exclusion du politique ?».
L’auteur ne croit pas à cette perspective,
l’Etat-nation n’est pas mort pour lui. Ce
livre plaide pour l’idée que le politique
continue d’être ce qu’il a toujours
été : ce qui tient les sociétés
ensemble. |
Préfacé
par Georges Lane, ce volume de 360 pages
reprend l'édition originale telle qu'elle avait
été publiée de son vivant par Frédéric
Bastiat. Nous pouvons ainsi redécouvrir quelques
vérités simples n’exigeant qu’un
peu d’attention logique pour les comprendre. "Les
services s'échangent contre les services",
voilà une des grandes lois économiques que
développe Frédéric Bastiat. Comme
le rappelle Georges Lane à notre époque
où la directive Bolkestein «a provoqué
en France une levée de boucliers, tous partis politiques
confondus, le propos résonnera, pour certains,
comme le tocsin et, pour d'autres, comme le glas». |
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La
lettre des Cercles thématiques
L'édito de Dominique Garrigues : "Droits
de l'homme et histoire"
Et les cercles : Les protections sociales –
La culture libérale – La civilisation de l’Internet
– Les enjeux internationaux – Les défis de l’environnement
– La réforme de l’Etat et des collectivités
territoriales – La libération de l’économie
– Les enjeux de
l'Education
Lire la suite
COURRIER
DES LECTEURS
Lire le commentaire de Thierry Arama, "un
libéral convaincu", qui nous fait part de ses attentes
et ses convictions.
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