Notre ami, Gilles Dubois nous signale que la ville de Dresde a vendu tous ses logements sociaux à un fonds d’investissement américain et a ainsi effacé toutes ses dettes.
Dresde sera la seule ville allemande sans dettes. Il est à noter que le maire est un libéral (FDP). Peut-être un modèle à suivre?

Certaines autres villes en Allemagne avaient vendu une partie de leurs logements sociaux à des investisseurs étrangers, mais c'est la première fois que l'intégralité du parc a été cédée.

Notre ami,Serge Weidmann, du cercle du Puy De Dôme, assistait à la conférence organisée par le Cercle Etude et Amitié France USA.

L'ombre de Frédéric Bastiat

france_usaTandis que j’écoutais Otto Hans Van Maerssen nous parler des relations commerciales internationales, mercredi dernier, à l’Ecole Supérieure de Commerce de Clermont-Ferrand, je crus voir, pendant son intervention, l’ombre de l’économiste libéral français Frédéric Bastiat s’étendre sur tout l’amphithéâtre, lui qui affirmait que « l’Etat est cette grande fiction sociale à travers laquelle chacun essaie de vivre aux dépens de tous les autres ».

Van Maerssen, invité de l’association du Cercle d’Etude et d’Amitié FRANCE USA, est un avocat américain qui mène une carrière diplomatique à l’Ambassade des USA à Paris. Il a donc, à la fois, l’expérience d’un entrepreneur libéral et celle d’un fonctionnaire spécialisé dans les affaires financières et économiques. Il connaît bien l’histoire de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui est une recherche patiente et difficile d’une harmonie des échanges économiques entre les Etats.

Le rôle de l’OMC est de libéraliser de plus en plus les échanges internationaux en amenant les divers pays à réduire, voire à supprimer droits de douanes et subventions diverses, les murs protectionnistes érigés par les uns et par les autres pour protéger lobbies professionnels et électoraux. Bien sûr, les avancées dans ce domaine ne peuvent se faire que par consensus, dans le respect des modèles de chaque pays, ce qui explique les atermoiements et les échecs que rencontre l’organisation (1).

Il est normal, dans ce cadre et ces objectifs, que les pays les plus libéraux : USA, Hong-Kong, Suisse… soient à la pointe des propositions. Actuellement, la fin des subventions aux produits agricoles est programmée pour …2013 –le progrès libéral est une longue patience- et la libéralisation du commerce des médicaments, des services audio-visuels, des services financiers est sur le tapis.

Otto Van Maerssen est bien persuadé que le commerce libre se fait dans l’intérêt de tous : hommes d’Etat, entreprises, consommateurs et qu’ « aucun pays ne s’est jamais appauvri en faisant du commerce », selon ses propres termes. Mais tous les américains ne pensent pas comme lui. Et nous apprenions qu’aux USA, il y a un courant protectionniste qui est contre la libéralisation des échanges. Pardi ! N’importe où dans le monde, les producteurs subventionnés, considérant qu’ils ont, comme l’écrivait Bastiat, des « droits acquis, se soulèvent et se coalisent » car ils ont « désappris à agir par eux-mêmes ».

Quant aux relations économiques FRANCE USA, rappelons qu’elles sont uniquement des relations entre des entreprises, des fournisseurs et des clients, freinées parfois par le patriotisme économique de la France. Dans ce cas, l’équation gagnante 1+1=3 se transforme en équation perdante 1+1=0. Bon prince, Van Maerssen nous signale quelques opportunités de développement économique possibles pour sortir de notre exception culturelle cinématographique. Pour que les films français, hors du marché hexagonal traditionnel, soient vus dans le monde : « traduisez-les dans d’autres langues » anglais, espagnol, pour créer ainsi un marché du film français à l’international.

(1) : Entre parenthèses, remarquons que là est le point faible structurel de l’OMC : les Etats veulent réguler des marchés qui gagneraient à être libres et à fonctionner sous le régime de contrats privés et non sous celui d’accords étatiques.

A propos du CPE :

A lire de brefs extraits de l’un des éditoriaux du Wall Street Journal, en date du 14 Mars 2006, repris par le quotidien Montréalais La Presse que nous communique notre ami, Bruno Pineau Valencienne.

«CPE: c'est l'ensemble du modèle social français qui est à réformer»

«Le grand quotidien financier américain Wall Street Journal consacre mardi l'un de ses éditoriaux à l'agitation des étudiants et lycéens français contre le contrat de premier embauche (CPE), en estimant que c'est tout le modèle social français qui est à réformer.

"Les étudiants protestataires, en cheville avec les syndicats, disent que la réforme de M. de Villepin érode le sacro-saint modèle social français qui protège les gens ayant un emploi aux dépens de ceux qui n'en ont pas (...). Leur idée… aujourd'hui est de protéger le statu quo qui les favorise par rapport aux jeunes moins éduqués et plus pauvres", écrit le journal dans cet éditorial intitulé (en français) "Les Misérables".

"Depuis près de vingt ans, le chômage en France tourne autour de 10%", poursuit l'éditorialiste du WSJ, avant de suggérer "une idée vraiment révolutionnaire pour les étudiants qui manifestent: dites aux dirigeants de France de cesser de bricoler à la marge, et de changer de fond en comble ce système pourri".»

A lire également, l’analyse de Jean-Pierre Chevallier

NON au CNE et au CPE ! Les nouveaux de contrats de travail de type CNE et CPE ne créeront aucun emploi supplémentaire.

Pour que les entreprises créent des emplois en France, il faudrait soit que la croissance du PIB aux Etats-Unis soit élevée, soit que le taux des prélèvements obligatoires baisse. Il n’y a pas d’autres solutions.

Comme la croissance du PIB aux Etats-Unis va baisser à cause du relèvement des taux de la Fed, la croissance en Europe et en France en particulier sera faible, voire négative, d’autant plus que la BCE va devoir augmenter ses taux.

La seule possibilité pour qu’il y ait une croissance forte et des créations d’emplois serait donc de diminuer et même de supprimer les prélèvements obligatoires qui pèsent sur les revenus, comme en Irlande. D’après les statistiques de l’OCDE, le taux des prélèvements obligatoires représente 53 % du PIB en France alors qu’il faudrait le réduire à 35 %. Pour cela, il est impératif de mettre fin au système de retraite par répartition (et de le remplacer par un système de fonds de pension), de supprimer l’obligation de cotiser à la Sécurité Sociale (et de mettre en place un système d’assurances santé basé sur une forme de mutualisation), et de supprimer l’assurance chômage publique (pour laisser faire les marchés et les aides d’initiatives privées et locales).

Les nouveaux contrats de travail de type CNE et CPE ne sont pas une solution libérale efficace en cas de récession déflationniste. Les business économistes irlandais ont fort bien compris au début des années 80 qu’il fallait d’abord et avant tout restaurer la croissance, et ensuite fluidifier le marché du travail, ou, en d’autres termes, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs ! Toute action politique requiert un minimum de culture économique bien assimilée…

Si ces nouveaux de contrats de travail de type CNE et CPE sont mis en place malgré les oppositions qu’ils provoquent, les 15 mois à venir montreront qu’il s’agissait bien là d’une erreur gouvernementale monumentale.