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réchauffement contreversé Ironie du sort, c'est au moment où le nouveau roman de Michael Crichton fleurissait aux devantures des librairies françaises que l'actualité nous offrait une étonnante illustration des vicissitudes du temps. Alors qu'il n'était plus question, ces derniers temps, que de sécheresse et de températures records, d'étés caniculaires et d'hivers trop doux, de recul des glaciers et de déficit neigeux menaçant l'avenir des stations de sports d'hiver, voilà qu'une vague de froid d'une intensité exceptionnelle s'est étendue à toute l'Europe de l'Est, la Russie et les Balkans: - 37 °C à Moscou -34°C à Kiev, - 30 °C à Varsovie et Ankara. La France vivait alors des températures hivernales normales, mais n'oublions pas qu'entre Noël et le premier de l'an une vague de froid jugée surprenante (jusqu'à-17 °C) a touché soixante quatre départements, tandis que la Normandie se trouvait recouverte par des hauteurs de neige inhabituelles. Mais les incartades du temps, dans un sens ou dans l'autre, ne doivent pas servir de prétexte à commenter l'évolution climatique. Ne confondons pas climat et météo. Le climat, par convention, correspond à la moyenne des mesures météorologiques sur trente ans, justement pour gommer les excès temporaires. Pour commencer à percevoir une tendance il faut donc se baser sur au moins trois périodes consécutives, c'est-à-dire un siècle ! Comment, dans ces conditions, peut-on parler comme on le fait d'un réchauffement inéluctable sur la base d'à peine deux décennies? Cette "affaire" du réchauffement climatique a en effet commencé en 1988, et nous sommes donc loin d'avoir le recul suffisant pour tirer des conclusions certaines. Cette absence de visibilité nous interdit de savoir si l'évolution actuelle est un mouvement de fond ou temporaire. Un léger réchauffement général du climat est certes bien enregistré, mais il ne s'est pas amorcé récemment. C'est en effet vers 1850, que prit fin ce qu'il est convenu d'appeler le "petit âge glaciaire" et les températures ascendantes : s'expliquent donc plus simplement par la reprise du réchauffement naturel, entamé bien avant cet accident de parcours. Il est non moins indiscutable que l'homme, en brûlant de grandes quantités de combustibles fossiles, participe à cette remontée des températures.Ce qui est discutable, c'est l'importance réelle de cet effet de serre additif, dit "anthropique". Curieusement, d'ailleurs, on ne trouve nulle part l'évaluation chiffrée des contributions respectives de l'homme et de la nature. Aucun des scientifiques français et étrangers que nous avons interrogés n'a pu fournir ce pourcentage, alors que c'est pourtant la clé du problème! Pourquoi donc faire comme si l'effet humain était prédominant? Selon le statisticien danois Bjorn Lomborg, auteur en 2001 d'un livre choc, l'Ecologiste sceptique (le Cherche-Midi), l'application du fameux protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre absorbera 9 % du PIB mondial, soit l'équivalent de ce qu'il faudrait pour résoudre le problème de l'eau potable dans le tiers-monde. Si la contribution humaine au réchauffement est marginale, noyée dans une inéluctable remontée naturelle, pourquoi pénaliser inutilement nos économies par des mesures contraignantes et coûteuses? C'est l'argument qui a dicté l'attitude des Américains. Leur refus de signer Kyoto n'est pas en soi une volonté délibérée de continuer à polluer, surtout quand on sait qu'aucun autre pays ne consacre un budget aussi important à la protection de l'environnement. C'est en effet aux Etats-Unis que sont menées les recherches les plus avancées pour l'utilisation de nouvelles formes d'énergie destinées à remplacer les énergies fossiles, appelées à se raréfier d'ici à la fin du siècle. Pour l'anecdote, rappelons qu'en 1997-1998 les incendies qui ont ravagé l'Indonésie ont émis dans l'atmosphère plus de gaz carbonique que toutes les industries américaines dans le même temps! C'est en tout cas une véritable guerre qui est déclarée entre les chercheurs affirmant que le réchauffement climatique est normal et naturel, et ceux qui accusent l'homme de le provoquer, fédérés sous la houlette du Groupement intergouvernemental d'étude du climat (Giec). Ceux-ci affirment que les scientifiques sceptiques sont largement minoritaires, ce qui est vrai. Il n'y a là rien d'étonnant, puisque les études de ces "dissidents" sont le plus souvent interdites de publication dans les revues scientifiques de référence. Leur travail - faute pour eux d'être admis dans le cénacle - est parfois rémunéré par des industriels, ce qui entache leurs conclusions de suspicion. Peut-on le leur reprocher? Comment pourraient-ils autrement financer des recherches contradictoires? Leur marginalisation accroît du coup l'unanimité apparente des autres chercheurs sur le sujet. À l'inverse, les scientifiques ou universitaires qui se réclament du Giec ne sont-ils pas eux-mêmes prisonniers d'une pensée unique? Il reste que la thèse du réchauffement anthropique est largement dominante, et que ce "consensus" est systématiquement avancé comme preuve de son bien-fondé. Il faut alors poser la question: depuis quand la science fonctionne-t-elle par consensus? Dans quel domaine la conviction et le nombre remplacent-ils la connaissance? Majorité ou unanimité ne sont pas synonymes de vérité. L'histoire pullule d'exemples de scientifiques isolés qui ont eu raison, seuls contre tous de jean-Baptiste Biot soutenant en 1803 contre l'ensemble de la communauté astronomique, que les météorites tombaient du ciel, à Alfred Wegener, hué en 1915 lorsqu'il proposa sa théorie de la dérive des continents... unanimement admise depuis 1968! Sur un plan strictement scientifique, cette attitude d'exclusion des climatologues dissidents pose donc un problème de fond. Comme le soulignait déjà, en 1989, Andre Lebeau, directeur de la Météorologie nationale qui n'était pas encore Météo France:« Rien. ne permet de dire que l'effet de serre est un phénomène mesuré, encore moins observé ». La courbe de température présentée dans tous les rapports du Giec et bien d'autres publications émane de l'université britannique d'EastAnglia et l'on s'étonnera de n'en trouver aucune autre ailleurs. Est-il raisonnable de s'en remettre à un seul document? D'ailleurs, sachant que l'évolution climatique est régionale et non globale, il vaudrait mieux apprécier la valeur réelle du réchauffement climatique en sélectionnant un certain nombre de points judicieusement répartis à la surface du globe, sous différents types de climats, puis comparer l'évolution des températures en ces différents points. Une remontée systématique de ces mêmes températures traduirait alors un effet réel. Or, ce n'est pas ce que l'on peut observer en procédant de cette manière. L'on préfère calculer une moyenne sujette à caution, qui indique 0,6°C d'augmentation pour les cent quarante dernières années ; c'est étonnamment faible quand on sait qu'entre une glaciation et un intermède chaud la différence atteint 6°C ! Posons-nous surtout la question de savoir comment est calculée ladite moyenne : le nombre et l'emplacement des 10 000 stations météo a changé depuis un siècle, tandis que la plupart des stations officielles se situent sur les continents, qui ne représentent que 30 % de la surface terrestre. Sans oublier l'effet d’« îlot thermique urbain » dû à l'extension des grandes métropoles, qui affecte les mesures de stations autrefois éloignées des villes et désormais englobées dans celles-ci.
Quel crédit accorder aux prévisions du Giec?
Reste que pour les climatologues bienpensants la cause est entendue : ce sont les activités humaines qui provoquent le réchauffement climatique. Et pour savoir ce que nous réserve l'avenir ils n'ont qu'une ressource à leur disposition : les modèles mathématicophysiques. Mais ces modèles ne prennent en compte qu'un nombre limité de paramètres. Leurs conclusions sont donc sujettes à critique car elles supposent connus l'ensemble de ces paramètres qui font le temps, ce qui est loin d'être le cas. Il suffit d'un effet important mais ignoré pour tout changer, le résultat qui sort des ordinateurs dépendant avant tout du grain qu'on leur donne à moudre. Tout aussi grave est le fait que ces modélistes se basent sur un scénario arbitraire - un doublement du taux de gaz carbonique au cours du XXIe siècle plutôt que sur une extrapolation de l'évolution réelle. Qui donc a estimé que ce taux doublerait au cours du siècle? Et pourquoi - même si les autres gaz à effet de serre sont cités pour mémoire - le CO2 est-il considéré comme l'unique responsable de ce réchauffement présumé ? Serait-ce parce qu'il est lié aux carburants fossiles, donc aux industries et à l'automobile, alors que le méthane, par exemple, est en rapport avec l'agriculture et l'élevage, et qu'il serait "politiquement incorrect" de s'y attaquer? Selon les modèles utilisés, la fourchette d'augmentation des températures annoncée dans le dernier rapport du Giec sera comprise entre 1,4 et 5,8 °C, avec pour conséquence un relèvement du niveau marin compris entre 9 et 88 centimètres. Quel crédit peut-on accorder à des estimations qui se situent dans une telle fourchette d'incertitude: du simple au décuple pour le relèvement des océans, et qui ont d'ailleurs sans cesse été revues à la baisse? Rappelons que pour le siècle écoulé le niveau moyen des océans a monté au rythme de 1,6 millimètre par an d'après les mesures des marégraphes. Or le réchauffement qui a suivi la dernière glaciation a fait monter le niveau de la mer de 120 mètres en douze mille ans. Un calcul simple donne une moyenne de 10 millimètres par an, et l'on sait que ce relèvement atteignit 15 millimètres par an jusqu'en 4 000 avant notre ère, soit dix fois le rythme actuel. Où est la catastrophe actuelle? Pourtant, la disparition des atolls reste au rang des arguments forts avancés par les tenants du réchauffement anthropique. La submersion de deux d'entre eux, dans les archipels coralliens de Tuvalu et de Kiribati, entre Hawaï et l'Australie, est sans cesse mise en avant comme illustration de ce phénomène. Information largement reprise sans que personne ne relève qu'on parle toujours des mêmes ! Ceux qui ont pris la peine de se rendre sur place ont constaté que leur submersion (d'ailleurs partielle) résulte en réalité de modifications artificielles de la géographie locale. Si réellement la fonte des glaciers avait fait monter à ce point le niveau global des océans, ce sont des milliers d’atolls qui devraient être submergés ! Toujours selon le Giec, la concentration en gaz carbonique dans l’athmosphère – qui a augmenté de 30% depuis l’ère préindustrielle – est la plus élevée qu’on ait connue depuis 420 000 ans. Connaissons-nous pour autant les température les plus élevées depuis cette période ? L’analyse des bulles d’air contenues dans la glace montre certes une élévation du taux de gaz carbonique depuis le début de l’ère industrielle, mais la précision des mesures n’est pas suffisante pour différencier l’effet de la cause. La plus grande partie du CO2 étant piégée dans les océans, et l’eau froide ayant une meilleure capacité d’absorption, un réchauffement provoqué par une cause commune extérieure (variation du rayonnement solaire ou intensification du volcanisme sous-marin, par exemple) ne conduirait-il pas de la même façon à une augmentation du taux de gaz carbonique dans l'air ? Ne confond-on pas corrélation avec concomitance ? Autre argument utilisé: le recul des glaciers, Mais les glaciologues rappellent que si certains reculent, d'autres avancent, et que voilà trois mille cinq cents ans les glaciers alpins présentaient le même retrait qu'aujourd'hui, bien avant la hausse des températures actuelles. Nul besoin d'être spécialiste pour comprendre que ce n'est pas la température qui provoque la fonte des glaces, mais un déficit de neige au sommet sans rapport avec un réchauffement éventuel. Les communiqués émanant d'organisations écologistes ne manquent jamais de monter en épingle les dérives d'icebergs tabulaires qui se séparent du continent antarctique, avec des dimensions parfois impressionnantes. Le plus grand qui se soit récemment détaché, en mars 2002, a fait l'objet d'un matraquage médiatique pour une superficie de 12000 kilomètres carrés alors que le record est de 33 000 kilomètres carrés et remonte à... 1956! Le vêlage des icebergs a en fait une cause purement mécanique: c'est sous son propre poids que la glace avance vers la mer, puis casse. Les icebergs qui en résultent ne sont ni plus grands ni plus nombreux qu'autrefois.C'est un phénomène normal, qui a existé de tout temps,et l'on comprendra que ce ne sont pas quelques degrés en plus qui peuvent provoquer un dégel sur une masse de glace dont la température moyenne reste largement négative! Pourquoi donc en faire une "preuve" du réchauffement?
Fallait-il recourir à la peur généralisée?
Le réchauffement climatique -sousentendu provoqué par l'homme- apparaît finalement comme un prétexte pour imposer l'idée qu'il faut découpler la notion de bien-être de la consommation d'énergie. Comme le souligne le climatologue contestataire Marcel Leroux: «Le réchauffement climatique est devenu un thème fédérateur, celui de la planète en danger qu'il faut sauver.» Tout se passe comme si les "climatocrates" cherchaient à imposer un choix de civilisation de façon détournée, en criant à la catastrophe imminente. Et malheur à qui n'adhère pas au nouveau paradigme: ne pas être dans ce mouvement, c'est accepter d'être classé comme ennemi de la planète. Il n'est qu'à voir la virulence et l'arrogance des tenants de l'hypothèse du réchauffement anthropique attaquant les sceptiques. On n'a aucun autre exemple d'une telle attitude dans le domaine scientifique. Pourtant, l'ensemble des faits sur lesquels les chercheurs sont d'accord, selon les connaissances du moment, doit toujours pouvoir être remis en question par de nouvelles informations: ce sont les fondements mêmes de la méthode scientifique. Or nous sommes là dans une logique quasi religieuse, avec une doctrine intouchable, des fidèles et les hérétiques. Ralentir notre consommation d'énergie et supprimer les gaspillages pour réduire la production de gaz carbonique est évidemment défendable. Fallait-il pour autant recourir à la peur généralisée par « prétexte » du réchauffement climatique? Ne pouvait-on sensibiliser l'opinion publique avec d'autres arguments? Dans cette affaire, on aurait pu croire à un complot écologiste - scénario retenu par Michael Crichton pour donner à son roman une intrigue - mais c'est peu probable. L’examen des faits laisse plutôt penser à une connivence d'intérêts. Beaucoup y trouvent leur compte : une carrière pour des technocrates, une cause emblématique pour les écologistes, les crédits pour les chercheurs, un thème porteur et fort pour les médias, voire un but philanthropique pour certains intellectuels. Quant aux politiques, qui prendrait le risque de dire non à la protection de la planète? Richard Lindzen, professeur au célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT) mais catalogué gomme climatologue dissident, ne mâche pas ses mots : «En ce domaine, la communauté scientifique devient de plus en plus extrême dans ses positions et les politiciens, universellement ignorants en matière de science, ont peur de contredire les alarmistes qui leur soutiennent que les choses sont ainsi et pas autrement.» Au bout du compte, nous obtenons ce que l'on peut appeler une "idéologie dominante". «Mon message, confie Michael Crichton, est que les sociétés sont sous contrôle grâce à la création de peurs exagérées. » Il suffit de dresser la liste des problèmes qui « risquent » de se poser, et l'opinion y croit. Il est étonnant de constater l'utilisation systématique du conditionnel dans toutes les prévisions concernant le risque climatique. N'est-ce pas le signe que les prévisions avancées sont douteuses, et que même leurs auteurs n'y croient pas? Ces prévisions alarmistes sont d'autant plus gratuites que l'échéance est lointaine, puisque les experts font des prévisions pour 2100, sans grand risque d'être contredits... Le problème est que la mayonnaise a déjà pris, et qu'il sera très difficile de revenir en arrière. Pierre
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