La
fiscalité
passe au vert
L’impôt n’est plus guère populaire.
Aussi on le repeint en vert au nom de la protection de l’emploi
ou de l’environnement.
Une
mauvaise fièvre verte agite depuis
quelque temps et les candidats aux présidentielles
et le gouvernement, ainsi que nous l’avons déjà
soulignée (voir
nos derniers éditoriaux).
A peine Nicolas Hulot
eut-il suggéré une taxe carbone que Nicolas
Sarkozy en transmute l’idée dans une proposition
phare de son programme «une taxe sur le carbone
importé applicable aux biens importés de pays
qui ne respectent pas de normes environnementales dans le
domaine agricole ou industriel». Une proposition
dans la logique du procès à l’égard
du «dumping» fiscal, social et écologique
que le président de l’UMP ne cesse d’entretenir
contre le libre échange et le commerce international.
Selon cette rhétorique protectionniste – la
place nous manque ici pour en dénoncer les sophismes
(voir
notre dossier) – il nous faudrait rétablir
une égalité des conditions de concurrence
en taxant l’importation des produits des pays qui
ne seraient pas aussi vertueux que nous dans la lutte contre
les émissions de gaz à effet de serre (ou
en taxant sous d’autres formes les importations en
provenance de pays où le coût du travail est
moins élevé où la fiscalité
est moins oppressante que chez nous).
A
peine Nicolas Sarkozy
avait-il proposé cette nouvelle taxe que - rivalité
oblige - notre Premier ministre s’est fait un devoir
d’en faire une proposition de la France sur la scène
internationale. Et de dépêcher aussi notre
ministre de l’Environnement pour en agiter la menace
à la conférence de Nairobi face aux pays qui
refuseraient de s’engager en faveur du protocole de
Kyoto après 2012 (ce qu'elle ne fera d'ailleurs pas).
Cette
proposition appelle trois observations :
1 - Comment M. de Villepin compte-t-il faire partager cette
idée aux 25 pays européens et aux 149 pays
membres aujourd’hui de l’Organisation Mondiale
du Commerce ?
2 – Comment appliquer sans arbitraire une telle taxation
à des produits qui sont aujourd’hui au travers
une division du travail toujours plus grande, le résultat
d’assemblages complexes de plusieurs centaines, voire
de plusieurs milliers d’éléments d’origines
diverses. Quelle serait la juste taxation d’un téléphone
portable Nokia assemblé à Taiwan ?
3 – Dire que l’on fera payer les produits importés
en provenance de pays coupables de ne pas respecter les
mêmes normes environnementales que nous, c’est
dire en fait que les consommateurs de ces produits paieront.
En bref : les Chinois polluent, les Français paient
! Et si cette taxation les dissuade d’acheter un produit
importé, cela revient à les contraindre à
payer plus cher un produit européen ce qui se fera
nécessairement au détriment d’autres
produits ou d’autres exportations.
Au
surplus,
au nom de l’équité des échanges
invoquée, les pays en voie de développement
visés par la menace française ne seraient-ils
pas fondés à réclamer eux-mêmes
une taxe sur nos exportations au motif qu’elles sont
fabriquées dans un pays qui bénéficie
d’un stock de capital (routes, usines, infrastructures)
dont la construction au travers des dernières décennies
a entraîné un immense rejet de CO2 dans l’atmosphère
?
Cette
fébrilité verte
s’inscrit dans un contexte d’exploitation des
peurs de la société française.
Nous avons déjà dénoncé et mis
en évidence cette connivence de fait entre les fabriquants
de peur à l’écho médiatique certain,
et les marchands de sécurité (en réalité
de fausses sécurités) que sont les politiques.
Si l’effet d’annonce de telle ou telle mesure
- comme la taxe carbone - peut donner le sentiment quelque
temps de répondre à nos peurs, l’inéluctable
découverte, un peu plus tard, de l’inanité
des solutions proposées ne peut que renforcer les
peurs et nourrir le sentiment d’impuissance du politique.
.
Le
projet de l’UMP,
sur lequel nous aurons l’occasion de revenir en le
livrant prochainement - comme celui de l’UDF -au banc
d’essai des libéraux, est révélateur
de cet état d’esprit. Les problèmes
essentiels n’y sont guère traités. Rien
sur la croissance, rien sur la réforme fiscale de
l'impôt sur le revenu, rien sur l’ouverture
des secteurs protégés à la concurrence,
rien non plus sur les retraites (à l’exception
des régimes spéciaux) ou l’assurance
maladie dont les réformes engagées par l’actuelle
majorité sont sensées avoir réglé
tout problème.
En
revanche,
ce projet s’ouvre sur deux peurs : celle d’une
mondialisation mal maîtrisée, dangereuse pour
l’environnement et pour l’emploi et celle de
l’immigration.
La
proposition économique
la plus imaginative est celle d’un «verdissement»
de la fiscalité (ceci est joliment dit) au travers
d’un transfert progressif des charges sociales qui
pèsent sur le travail vers une fiscalité portant
sur la pollution. Dans notre dernière lettre, nous
avions calculé qu’un tel transfert –
s’il devait se faire – reviendrait à
porter le prix de l’essence au-delà de 10 euros
!
Ajoutons
que si notre protection sociale devait
demain voir son financement dépendre d’une
taxation de la pollution, toute réduction de la pollution
entraînerait de fait une baisse de la protection sociale
des Français.
Gageons que ce n'est pas l'intention des auteurs de cette
proposition mais comme le disait Pierre
Dac
«rien ne sert de penser, il faut réfléchir
avant !»
Les DERNIERS EDITORIAUX d'ALAIN MADELIN
Les
automobilistes payeront
Dé-po-li-ti-ser
Des
contrevérités qui arrangent?
Confusion
Le
corporatisme démocratique est avancé
Parlez-nous
de croissance
Mais
que fait la Justice ?
Le
mirage des modèles
Retraite
: rattraper le temps perdu
Faire
payer les méchants
...AUTRES
EDITORIAUX |
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Question
à Ségolène
Relevée dans Libération cette intéressante
question posée par une internaute à
Ségolène Royal
: «Conseilleriez-vous à vos enfants
de s’engager dans une voie sans en avoir
ni l’expérience, ni les capacités
? Non, alors pourquoi le faire ?»
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L'habit ne fait
pas le moine
Candidat malheureux à l'investiture du
Parti socialiste, Dominique Strauss-Kahn
a voulu se donner l’image du sérieux
économique . Cependant passé au
banc d’essai, de l’Institut de l’entreprise,
le programme de DSK s'est révèlé
le plus dépensier des trois candidats socialistes.
Il coûterait environ 10 milliards d’euros
de plus que les mesures contenues dans le projet
présidentiel du Parti socialiste (46 milliards
d’euros).
Le
coût des propositions des trois candidats
à l'investiture du PS
Enseignants
: une bonne question de Ségolène
Enseignant et agitateur d'idées depuis
longtemps au sein de l'Education nationale , Gabriel
Cohen-Bendit considère que la
candidate socialiste a raison de poser la question
du temps de présence des professeurs dans
les établissements scolaires. Et il ajoute,
dans un article paru dans Libération, «Ou
le PS veut garder son électorat enseignant,
et il ne posera pas les problèmes de l’école,
ou il les pose et risque de perdre une partie
de son électorat enseignant».
Pour commencer, ces changements nécessaires
ne pourront se faire que sur la base du volontariat,
de plus «une présence plus importante
peut réduire les tensions et donc rendre
le travail des enseignants plus agréable
et donc moins stressant». Pour finir,
il rappelle «qu'en Allemagne, les enseignants
doivent 25 heures de cours et en Suède
ils doivent 35 heures de présence dont
20 à 22 heures de cours et ce pays a, avec
la Finlande, les taux de réussite les meilleurs.»
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La droite au banc
d'essai des libéraux
A droite les projets législatifs de l’UMP
et de l’UDF attendent vos commentaires.
Prochainement, nous les soumettrons au banc d’essai
des libéraux.
«Construisons
la France d’après. Un projet, une
équipe», le contrat de législature
de l’UMP
«La
France ensemble», l’avant-projet
législatif de l’UDF
Parlez-nous de croissance
La panne de croissance intervenue
au troisième trimestre devrait permettre
de recentrer le débat présidentiel.
Comme le note Dominique Seux
dans un éditorial du quotidien les
Echos «la croissance n’étant
plus un acquis chaque candidat va être invité
à expliquer comment il compte la créer
et la consolider. Les Français qui ironisent
volontiers sur les Etats-Unis, se rendent-ils
compte, quand l’on parle de conjoncture,
que leurs trous d’air sont nos sommets ?
moins de croissance, cela signifie aussi et surtout
que le plus important c’est de produire
avant de redistribuer»
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L’erreur
protectionniste
Dans sa chronique au Figaro, Yves de Kerdrel relève
les tentations protectionnistes des candidats aux présidentielles.
«Car, pour les politiques de gauche comme de droite, protéger
c'est faire intervenir l'État (...) Dominique Strauss-Kahn
et Nicolas Sarkozy se rejoignent, dans une drôle de pensée
unique, sur ces nationalisations temporaires et partielles d'entreprises
en difficultés.Et si protéger, c'était faire
exactement l'inverse. S'il s'agissait non pas d'avoir encore et
toujours recours à un « État nounou »,
qui n'a même plus les moyens financiers de jouer ce rôle,
mais de donner aux entreprises les moyens de lutter contre leurs
nouveaux concurrents de l'hémisphère Sud.»
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la suite
La
faillite nous voilà !
A la question «l’Etat français peut-il faire
faillite ?» le bulletin de l’ALEPS
de Jacques Garello répond indiscutablement oui. On lira avec
intérêt cet article qui explique notamment comment
la confiance peut disparaître pour des raisons subjectives
– rappelons les invraisemblables déclarations du sénateur
Mélanchon «de toute manière l’Etat
ne rembourse jamais ses dettes» - mais aussi des raisons
objectives, «c’est le montant de la dette publique
et il faut une nouvelle fois faire référence au rapport
Pebereau : plus de 1 100 milliards de dette publique officielle,
c’est plus de 65% du PIB. Mais 2 000 milliards si l’on
tient compte des engagements de l’Etat (retraites des fonctionnaires),
c’est plus de 100% du PIB...»
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Les
Cercles Libéraux vous invitent à participer à
la réunion organisée par
Alain Madelin,
le lundi 27 Novembre 2006
de 19 heures à 21 heures
au Palais Bourbon, salle 6241,
126 rue de l’Université 75007 Paris
sur le thème :
« Présidentielle : savoir rompre avec les
idées fausses. »
Un apéritif sera offert à l’Hôtel de la
Questure
Inscription obligatoire. Pièce d’identité exigée
à l’entrée.
Pour s’inscrire
Sophie de Menthon
et ETHIC
vous convient au petit-déjeuner débat autour
d’Alain Madelin
sur le thème :
«Le libéralisme survivra t-il aux présidentielles
?»
Jeudi 30 novembre 2006 de 8h30 à 10h00
Au Cercle de l’Union Interalliée
33, rue du faubourg Saint Honoré, Paris 8
Participation : 40€
Renseignements tél. : 01.56.43.62.10
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