La Lettre des Cercles Libéraux, du 18 novembre 2005

Mi-mi Merkel
est mal partie
La potion amère du programme de grande coalition allemande mi socialiste, mi conservatrice, ne peut qu’échouer.

La grande coalition menée par Angela Merkel en Allemagne vient enfin de se donner un programme de gouvernement. Affligeant !
Tout se passe comme si, pour confectionner ce cocktail gouvernemental, on avait pris dans les programmes de la CDU et du SPD leurs plus mauvais ingrédients.

Résultat :
- l’idée déjà saugrenue de la CDU d’augmenter la TVA de 2% (dans le but de diminuer les charges sociales comme cela fût déjà fait en France par Alain Juppé en 1995) s’est transformée grâce au SPD - qui avait pourtant combattu cette idée - en augmentation de 3%.
- le taux marginal de l’impôt sur le revenu (diminué hier par le SPD) passera de 42% à 45%.
- les baisses d’impôt sur les sociétés (de 25% à 19%) décidées en commun par le SPD et la CDU au Printemps dernier, sont reportées après 2008...

Bref, après le « ni-ni » socialiste à la française, voici le « mi-mi » à l’allemande, mi-socialiste mi-conservateur, mi-chèvre mi-choux, la plus sûre recette de l’échec.
Comme nous l’avions déjà souligné, une grande partie de la droite allemande – et à plus forte raison la gauche – ne comprend rien à la nouvelle économie mondiale, celle de la 3ème vague, l’économie mondiale du savoir.
Elle accède un peu trop facilement aux revendications à courte vue que lui propose un patronat tout entier tourné vers la diminution du coût du travail et des coûts sociaux pour maintenir les exportations industrielles allemandes.

Au bout du compte, voici que l’on impose à l’économie allemande une nouvelle purge alors qu’elle aurait besoin de fortifiants. Si l’on ajoute à cela la politique monétaire menée par la Banque Centrale Européenne, nous avons là tous les symptômes d’une maladie qui a conduit l’économie japonaise à plus de dix ans de dépression.

Voilà qui est mauvais pour l’Allemagne. Voilà qui est mauvais pour la France aussi, à la fois parce que nous avons tout à perdre à «une mauvaise santé» de l’économie allemande et parce que, hélas, la phobie d’une vraie politique libérale est contagieuse.
Sans doute ne verrons-nous pas de grande coalition dans notre pays, mais comme j’avais tenu à le souligner dans cette lettre (voir La grande coalition de la «droiche»), la droite française emprunte déjà tellement d’idées aux socialistes et se méfie tellement aujourd’hui des solutions libérales, qu’elle est capable de mettre en oeuvre, demain, à elle toute seule un programme inspiré par le même « mi-mi ».
Le seul projet gagnant pour la France, c’est la mise en oeuvre de réformes franchement libérales qui permettent de trouver le chemin d’une forte croissance.
A la rigueur désespérante («se serrer la ceinture») les libéraux opposent la vigueur ( «se retrousser les manches»)

Alain Madelin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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OMC : Il faut soutenir Peter Mandelson
Très juste critique de Patrick Messerlin, dans les Echos, sur la position française en matière agricole. «Rien ne permet de dire que Peter Mandelson a outrepassé son mandat en ce qui concerne la «préférence communautaire». «D'abord, les baisses proposées sont prudentes». «Ensuite, ces dernières contiennent une clause, dite de «produits sensibles», pouvant «affaiblir considérablement les effets de la baisse proposée». «Enfin, les propositions de Peter Mandelson ne seront validées que si les autres pays nous ouvrent leurs propres marchés».
Conclusions : «L'affaire est encore plus désastreuse car elle va à l'encontre des intérêts bien compris de l'agriculture française. Parce que ses agriculteurs sont parmi les plus efficients en Europe, la France a intérêt à une réduction plus importante des subventions que celle annoncée par Peter Mandelson». «Un échec à Hong Kong aura un seul effet certain : il accélérera les accords régionaux auxquels songent l'Inde et ses voisins, la Chine et ses voisins, et les Amériques. Les Européens seront alors marginalisés pour longtemps, dans ces immenses marchés à potentiels fabuleux»
Lire l'article

La France déprime….
Marc Dugain
constate, dans le Figaro, que la dépression s’installe dans une France en panne de créativité. «Nous ne savons pas comment nous comporter devant ce nouveau monde qui ne l’est pas vraiment. Victime de notre schizophrénie qui consiste souvent à aimer tout chose mais pas son prix, le risque sans ses aléas, l’argent sans ses crimes, le pas cher sans délocalisation, la consommation sans fumée, l’air pur sans nucléaire, et le nucléaire sans se pulvériser, nous sombrons parfois à juste titre dans les états d’âmes



HUMEUR :
EDF ouvre son capital au public. Tiens donc ! La privatisation partielle d'un service public s’appelle « ouverture au public »... C’est que le mot public a deux sens. Le bon sens : une « public company » aux Etats-Unis est une entreprise privée, un espace ou une pelouse publique appartient à tout le monde. Le mauvais : en France une entreprise publique, un espace public appartiennent d'abord...à l’Etat. Voilà qui justifie les monopoles publics qui sont d’abord au service de leurs agents avant d’être vraiment au service du public. A méditer avant la journée d’action du service public du 19 novembre.


LE CHIFFRE CITATION

18%

«Quand la paie d’un salarié passe de 1 à 1,4 SMIC, son patron devra acquitter 18 points (soit 18% du salaire brut) de cotisation sociale en plus» a relevé Paul Fabra qui ajoute «C’est ce qu’on appelle une trappe à pauvreté».
«Le premier des droits de l'homme c'est la liberté individuelle, la liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail»
Jean Jaurès

Banlieues : le diagnostic des étrangers
Il est de bon ton en France de s’offusquer des analyses des medias étrangers de notre crise des banlieues. Pourtant, à y regarder de près, la presse internationale n’est pas de si mauvais conseils. La dominante de toutes les analyses est simple, la France a avant tout besoin de croissance et d’emplois, et c'est là la première des politiques sociales.

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Patrice Vezine s'interroge sur les "cinq formes de déresponsablisation, encouragées par la gauche"
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Comment trouver un travail en quelques jours... au Canada. L'expérience de notre ami Kornel Bangha, chômeur en France, parti à Calgary, la province la plus libérale du Canada.
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