Courriel bimensuel des Cercles thématiques N° 14
Editorial


Un héritier de mai 68 se récriait (cité par Zaki Laïdi) : « Nous avons atteint un niveau supérieur de protection sociale, pourquoi devrions-nous régresser ? »
Mais qui parle de régression des protections sociales ? Pas les libéraux, en tout cas. Certes, notre chômage, nos exclus, nos déficits nous interdisent de continuer ainsi sans réforme… Dans l’organisation française telle qu’elle est, nous ne pourrons pas maintenir notre niveau de protection sociale.
Pourquoi cette situation ? Parce que nous faisons tout pour étouffer notre développement économique. Chargés d’impôts et de cotisations, ligotés par des contraintes inextricables, hyper contrôlés, subventionnés mal à propos, nos entrepreneurs n’en peuvent plus.
Lorsque les forces économiques nouvelles seront libérées et notre protection sociale réorganisée, chacun trouvera à la fois l’espoir d’une vie meilleure et d’une sécurité personnelle bien ajustée.
Ecoutons un homme de gauche honnête, le chanteur Pierre Perret : « Suis-je de gauche ? J’ai le cœur à gauche, je n’ai pas de carte de parti. Etre à gauche, c’est être attentif à la misère des autres. Ressentir avec son cœur, avec ses tripes. » (Le Monde 6 mai 2006)
Position des plus généreuse, séduisante, incritiquable ?…
Il s’agirait donc de traiter l’immédiat, de soigner les effets - de voler au secours des plus démunis, sans regarder le problème avec sa tête, sans vouloir réfléchir aux causes. C’est ne pas résoudre le problème, mais seulement courir après ses conséquences, perpétuellement, s’y épuiser. C’est l’option des chrétiens militants sociaux, hautement respectable… Mais ce n’est pas de la politique, au sens noble du terme.
La gauche honnête - et la droite interventionniste - ne fait pas de politique, elle ne peut donc pas trouver la solution des problèmes. Il faudra que ce soit les libéraux qui s’en chargent.

Dominique Garrigues