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Grand éditorialiste au NY Times, Thomas L. FRIEDMAN propose dans ce livre une thèse qui remet en cause notre vision du monde depuis les Grandes découvertes : «la Terre est plate». Le terrain où se joue la concurrence mondiale est, en effet, en train de s’aplatir ; de plus en plus de personnes peuvent jouer sur ce terrain créant un réseau planétaire inédit de collaborations et d’échanges. Dans son livre, FRIEDMAN souhaite expliquer ce phénomène et les nouveaux enjeux qu’il soulève.
Selon l’auteur, ce ne sont plus les Etats et les entreprises mutlinationales qui sont les dynamiques de la mondialisation mais les individus, et ces derniers sont de plus en plus nombreux. L’auteur expose d’abord les facteurs qui ont permis la mise en place d’un monde plat. Ce dernier serait l’oeuvre simultanée de dix forces « d’aplatissement » : la victoire de la démocratie et du capitalisme lors la chute du mur de Berlin, la nouvelle ère de connectivité créée par l’explosion d’internet, l’apparition des logiciels de workflow qui ont standardisé l’échange d’informations, le téléchargement vers l’amont c’est-à-dire que chaque individu peut créer du contenu et le faire connaître sans intermédiaire, l’externalisation (« outsourcing »), la délocalisation, l’harmonisation de la chaîne d’approvisionnement, l’internalisation (« insourcing »), l’in-formation où tous les individus connectés peuvent accéder à l’information et collaborer avec d’autres individus dans le monde entier, les « stéroïdes », enfin, qui représentent toutes les technologies amplifiant l’effet des 9 autres forces. La convergence de ces forces a créé un nouveau terrain planétaire. Dans ce nouvel environnement, les entreprises et les individus ont changé leurs méthodes passant d’un modèle vertical à un modèle plus horizontal favorisant la collaboration ; ce fut la deuxième convergence. L’arrivée sur le terrain de nouveaux joueurs se comptant par millions (Chine et Inde essentiellement) a entraîné la troisième convergence. L’auteur nomme la simultanéité de ces phénomènes « triple convergence ».
L’aplatissement du monde pose des questions en apparence contradictoires : la perte d’emplois en Occident mais un développement sans précédent de la Chine ou de l’Inde, l’explosion des échanges mais une concurrence accrue… FRIEDMAN tente d’esquisser les évolutions entraînées par ce monde plat et les réponses à y apporter à travers quatre thèmes : l’Amérique, les pays en voie de développement, les entreprises, la géopolitique.
Le phénomène de la mondialisation est évidemment connu mais l’intérêt du livre de FRIEDMAN est de donner vie à ce phénomène par de très nombreux exemples simples et immédiatement compréhensibles. Il présente de manière synthétique les enjeux de ce terrain planétaire. Il en présente tous les aspects positifs : l’explosion des échanges et des collaborations de toute sorte, le pouvoir accru du citoyen, le développement inédit de toute une partie du monde, l’élévation du niveau de connaissances… Il n’élude pas les défis induits par ce nouveau contexte mais, plutôt que de rejeter ce nouveau monde, il indique des pistes pour s’y installer : l’importance de l’éducation, non plus le concept révolu d’emploi à vie mais plutôt l’idée d’une « employabilité à vie », la question décisive de la recherche et de la création… Face aux peurs provoquées par la mondialisation, il appelle à en saisir les chances plutôt que de céder au protectionnisme, à l’isolationnisme et à la peur de l’autre.
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