Propositions
Aussi n’est-il pas inutile de rappeler les quelques principes de base de ce que serait vraiment une politique visant à libéraliser le marché du travail.

S’agissant du licenciement, aucun libéral ne saurait proposer une quelconque forme de contrat permettant un licenciement arbitraire sans motif déclaré.
En revanche, il est clair qu’il est nécessaire de recadrer «la cause réelle et sérieuse» de licenciement dont l’interprétation jurisprudentielle est devenue trop restrictive. La Cour de Cassation vient de commencer à le faire dans une conception de la cause économique plus proche de la réalité des entreprises.
Face au paradoxe qui fait qu’il est aujourd’hui plus facile de divorcer que de licencier, il est nécessaire d’offrir aussi une possibilité de séparation amiable et transactionnelle qui ne soit pas obligée de passer par la mise en scène préalable d’un licenciement.
Enfin, en cas de licenciement jugé fautif par rapport à la cause «réelle et sérieuse», il serait souhaitable que l’indemnité puisse être laissée à l’appréciation du juge en fonction de la réalité du préjudice en supprimant le niveau minimum de six mois de salaire, comme c’est d’ailleurs le cas pour les ruptures anticipées de CDD.

Ces quelques modifications permettraient de rendre le CDI plus attractif et tendraient à en faire le contrat le plus usuel pour les entreprises grandes ou petites.
Et à ces dispositions générales s’ajouteraient d’autres dispositions contractuelles conventionnelles laissées à la libre négociation des partenaires sociaux en fonction des réalités professionnelles et du degré de subordination plus ou moins grand des salariés.
Notre droit du travail hérité de la civilisation de l’usine doit aujourd’hui s’adapter aux réalités économiques de la société du savoir et de la créativité. Il ne le fera pas autour de l’idée chimérique d’un contrat de travail unique pour tous les salariés mais au moyen d’une grande diversité des contrats autour de quelques principes d’ordre public.