Révolution
au centre
Face à la «rupture» de Sarkozy, Bayrou
surenchérit: il prône la révolution...
Le
Bayrou nouveau est arrivé. Avec lui,
le centre se veut désormais révolutionnaire
!. Voici le leader de l’UDF devenu hérault
du «Tiers-Etat», dénonciateur
de nos institutions sclérosées et du pouvoir
confisqué exigeant rien moins qu’un changement
de régime. Nous sommes en janvier 1789, la France
est dans une situation pré-révolutionnaire.
L’analogie est puissante et elle n’est d’ailleurs
pas sans fondement. La mutation de notre société
industrielle hiérarchique et nationale vers une économie
mondiale de la connaissance remet en cause nos structures
sociales et politiques. Elle se heurte à bien des
blocages qui ne sont pas sans rappeler ceux de la société
française à la veille de la Révolution.
J’avais - on me pardonnera de me citer - développé
en 1994 ( !) une analyse voisine.
«Ce qui caractérise la fin de l’Ancien
Régime, c’est la résistance des privilèges,
qui, avec la complicité active des parlements, bloque
toute réforme à commencer par la réforme
fiscale. Le comte de Ségur a réservé
l’accès à l’armée aux nobles
pourvus de quatre quartiers de noblesse. Cela n’est
pas sans parenté avec la distribution des places
de ces dernières décennies. Nous avons reconstitué
une nouvelle aristocratie d’Etat.
A la fin de l’Ancien Régime, les règlements
du commerce des corporations et des manufactures paralysent
l’initiative. Comme à la veille de la Révolution,
sous la poussée démographique du XVIIIème
siècle, l’ascenseur social est en panne.»
Bref, comme aujourd’hui
«la crise financière, les entraves à
la liberté de travailler et d’entreprendre,
une société qui se sclérose, la réaction
nobiliaire, le manque d’offices pour accueillir tous
ceux qui pourraient être utiles à la société,
les privilèges qui se crispent et bloquent les chances
des forces vives de la société… toutes
choses qui auraient pu être résolues par la
réforme mais Turgot ayant échoué, il
n’y avait sans doute pas d’autre solution que
la Révolution et ses désordres pour accomplir
ce que l’Histoire attendait : l’abolition des
privilèges, la proclamation des droits de l’homme
et la liberté du commerce et de l’industrie»
J’ajoutais même
alors que «l’évocation
du tiers-état était tout à fait juste
si l’on entend par là tout à la fois
les Français les plus actifs, qui supportent charges
et contraintes et se voient découragés dans
leurs efforts d’initiative et de prise de risques,
et, d’autre part, les Français les plus vulnérables,
qui paient par l’impôt du chômage et l’impôt
de l’exclusion la facture de nos rigidités.»
Malheureusement,
François Bayrou nous offre des solutions qui ne sont
pas à la hauteur de cette exigence révolutionnaire.
La partie institutionnelle
de ses propositions est cependant de bonne
facture. On y retrouve beaucoup des exigences d’une
démocratie libérale : 1) un Etat impartial
; 2) une société civile autonome ; 3) une
décentralisation repensée ; 4) une justice
sereine avec un Garde des Sceaux nommé dans des conditions
consensuelles et une Justice et une administration pénitentiaire
dotées enfin de moyens financiers.
On peut s’interroger
en revanche sur la réduction des
pouvoirs d’un Premier ministre dont la mission serait
avec le gouvernement «de mettre en oeuvre les
choix présidentiels». Ce qui signifierait
que seul compterait alors le programme présidentiel,
auxquels les députés seraient de fait inféodés.
Mais que se passerait-il si les Français envoyaient
une majorité quelque peu différente de la
majorité présidentielle ?. D’autant
que François Bayrou propose d’introduire la
proportionnelle – ce qui est en soit une bonne idée
- afin d’aérer nos institutions et de contrebalancer
la confusion entre majorité présidentielle
et législative qui résulte du calendrier électoral.
D’autant enfin, que François Bayrou souhaite
un Parlement de «plein exercice» qui
saurait sur quelques grands sujets dépasser les clivages
gauche-droite pour réaliser des compromis utiles
dont rien, bien entendu, ne peut garantir qu’ils s’inscrivent
dans le programme présidentiel.
La partie économique
et sociale en revanche, est loin d’être
révolutionnaire. Si l’exigence de croissance
et le rôle de l’entreprise sont sans doute plus
marqués que dans le programme de l’UMP, on
reste cependant bien en dessous du salaire révolutionnaire
minimum.
Certes à la différence
de l’UMP, on mentionne la nécessité
d’une réforme fiscale d’ensemble appuyée
sur le redéploiement des niches fiscales. Mais cette
réforme n’a pas pour but de doper la croissance,
de renforcer les incitations marginales à produire,
innover ou épargner. Son objectif est d’assurer
une meilleure égalité devant l’impôt
dans un projet qui juge dangereuse toute baisse d’impôts
rapides.
Un bon point cependant
pour la réforme des retraites que l’on
entend justement transformer en retraite par points comme
le propose depuis longtemps les libéraux. L’assurance
maladie, hélas, reste une économie administrée
à ce détail prés, qu’elle serait
administrée de près dans un cadre régional.
Les propositions sur les 35 heures sont voisines de celles
de l’UMP, sauf que les heures supplémentaires
y sont mieux rétribuées. Celles sur l’école
et l’université restent très conservatrices
(et toute proportion gardée, moins audacieuses que
celles de l’UMP).
Rien de novateur
sur l’organisation d’un marché du travail
plus libre et plus souple ou sur l’ouverture à
la concurrence des secteurs protégés.
En revanche le moteur de l’imagination
fiscale, comme à l’UMP, tourne
à plein régime. Avec le «fiscalement
correct» que sont désormais dans les programmes
présidentiels, les différentes formes de fiscalité
dites écologiques («ya qu’à»
faire payer la pollution) ou le transfert des charges «pesant
sur le travail». Entre TVA sociale, CSG ou taxe sur
les énergies fossiles, les centristes n’ont
pas encore choisi.
Bref,
la révolution autour du centre proposée
par François Bayrou fait penser à la formule
de Lampedusa dans le Guépard «il faut que tout
change pour que rien ne change»
Les
DERNIERS EDITORIAUX d'ALAIN MADELIN
La
fiscalité passe au vert
Les
automobilistes payeront
Dé-po-li-ti-ser
Des
contrevérités qui arrangent?
Confusion
...AUTRES
EDITORIAUX |
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| 
Qui
dit que l’élection présidentielle
n’intéresse que les Français?
Nous avons relevé, dans une
revue quotidienne d’analyse économique
destinée à la communauté financière
internationale, l’examen détaillé
d’une interview de Nicolas Sarkozy sur son
programme économique. Consternation des analystes
qui concluent « il semble que le choix des
Français soit entre un candidat de droite
qui promet des politiques économiques d’interventions
massives et une candidate de gauche qui a tendance
à ne rien dire et son contraire»
Lire
la suite
Le projet législatif de l’UMP au
banc d'essai
L’UMP propose dix engagements
que nous vous invitons à lire et à
commenter. Nous vous présentons ses propositions
pour les passer au filtre d’une première
critique libérale que nous complèterons
ultérieurement.
Voir
notre banc d’essai
Sarko vote Hulot
Nicolas Sarkozy a écrit
à Nicolas Hulot pour lui dire qu’il
adhérait à son «Pacte
écologique». Il lui aurait même
proposé un «super ministère
du Développement durable».
On lira donc avec intérêt l’article
paru dans Marianne (n°500) qui a voulu traduire
en terme concret le programme de Nicolas Hulot
en s’appuyant sur les spécialistes
qui l’entourent.
Faut-il donc ajouter ses propositions au programme
de l’UMP ?
Cela donne : "en 2022 la fiscalité
de CO2 atteint l'équivalent de 400 €
la tonne. Le prix de l'essence a plus que doublé,
il s'élève à 2,90 €.
Mais les autres produits, qui ont, lors de leur
élaboration, consommé de l’énergie,
ont vu leurs prix s'envoler. Ainsi , le kilo de
viande de bœuf coûte 12 € de plus
qu'en 2006, soit un surplus de 1,20 € pour
le moindre steak haché de 100g.".
Ou encore pour l'habitat : "De petits centres
urbains ont vu le jour: Densifier au lieu d'étaler.
Afin de limiter les déplacements domicile-travail-loisir-ravitaillement,
la petite-ville a été conçue
autour de l'entreprise. Le rêve de devenir
propriétaire s'est éloigné,
la location étant devenue la règle."
Enfin, pour le transport: "aucune carte grise
ne doit être délivrée à
des véhicules qui peuvent dépasser
les limites de vitesse, qui d'ailleurs seront
abaissées de 10km/h."
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La
Réunion de lundi
change de lieu
Le nombre élevé d’inscriptions
à la réunion organisée par les Cercles
Libéraux avec Alain Madelin, le lundi
27 Novembre 2006, de 19 heures à 21 heures sur le thème
: «Présidentielle : savoir rompre avec les
idées fausses.»
nous conduit à modifier le lieu de cette rencontre.
La réunion initialement prévue au Palais Bourbon
se tiendra le même jour, à la même heure
|
| Au
Novotel Paris Vaugirard,
257 Rue de Vaugirard 75015 Paris
Métro Vaugirard Bus : 39, 49, 70, 80 |
Un
apéritif sera offert à l’issue de la réunion
Pour les personnes qui ne se sont pas déjà inscrites
:
Tel. : 01 40 62 70 70
Pour vous
inscrire en ligne |
Hommage à Milton Friedman et
Lord Harris deux grandes figures du libéralisme au XXe siècle
De très nombreux articles de presse rendent
hommage à Milton Friedman et lord Harris. A l’origine
d’une révolution libérale planétaire,
ils ont été d’immenses artisans du renouveau
économique et moral du XXe siècle.
A
lire notre dossier sur Milton Friedman, de nombreux articles lui
rendent hommage et présentent ses travaux
Votez pour le livre
«Psychanalyse de l’anti-libéralisme»
Nous avions signalé sur notre site cet
ouvrage. Il vient d’être présélectionné
pour le prix des lecteurs du Livre d’Economie 2005 du Sénat,
si vous avez aimé «Psychanalyse de l’anti-libéralisme»,
nous vous invitons à voter pour ce livre sur
le site web du Sénat.
A
LIRE |
L'homme libre, Mélanges en l'honneur
de Pascal
Salin, Les belles lettres |
«Pour
beaucoup, et notamment pour l’auteur de ces lignes,
Pascal Salin est un ami. Un ami de longue date aux idées
et combats partagés. Mais plus encore, Pascal Salin
est un maître. Il croit à la force de la
liberté et à la puissance de la raison.»
écrit Alain Madelin
A lire le dernier ouvrage qui rend hommage à Pascal
Salin, économiste et philosophe, qui a rassemblé
41 contributions d'auteurs du monde entier, dont le prix
Nobel Gary Becker, des anciens ministres comme Alain Madelin
ou Antonio Martino, des économistes de renom appartenant
à la prestigieuse Société du Mont-Pelerin,
comme le regretté Lord Harris of Hight Cross, Victoria
Curzon-Price, Jesus Huerta de Soto ou Jacques Garello,
des philosophes comme Antony de Jasay, Chantal Delsol,
Hans-Hermann Hoppe ou Alain Laurent, autour du thème
de l'homme libre. Des textes de très grande qualité
sur les enjeux économiques et sociaux de demain.
A
lire la contribution d’Alain Madelin : «La
puissance de la raison»
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Alex Türk à Dunkerque :"Peut-on concilier les libertés
individuelles et la sécurité publique ?"
Dans
le cadre de ses conférences annuelles, le Cercle Libéral
Flandre Maritime , animé par Edith Varet recevra le Sénateur
du Nord, Alex Turk, président de la CNIL, Commission Nationale
de l’Informatique et des Libertés.
Le
jeudi 30 novembre à 19h30,
salle du foyer de la Maison de Quartier du Méridien,
181, rue de Cambrai. Dunkerque. 59240. Entrée libre
Inscription : edith.varet@wanadoo.fr
Sophie de Menthon
et ETHIC
vous convient au petit-déjeuner débat autour
d’Alain Madelin
sur le thème :
«Le libéralisme survivra t-il aux présidentielles
?»
Jeudi 30 novembre 2006 de 8h30 à 10h00
Au Cercle de l’Union Interalliée
33, rue du faubourg Saint Honoré, Paris 8
Participation : 40€
Renseignements tél. : 01.56.43.62.10
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