La puissance
de la raison

Pour beaucoup, et notamment pour l’auteur de ces lignes, Pascal Salin est un ami. Un ami de longue date aux idées et combats partagés. Mais plus encore, Pascal Salin est un maître. Il croit à la force de la liberté et à la puissance de la raison.
Oui, Pascal Salin a l’amour de la liberté, parce qu’elle affranchit, parce qu’elle construit des hommes et des femmes responsables. Parce que l’émergence et la reconnaissance de la liberté individuelle sont à l’origine de la prospérité.
Pascal Salin appartient à cette lignée d’économistes qui au 18ème et 19ème siècles choisissent par vocation – il en a fait la confidence – d’étudier et de comprendre le fonctionnement des sociétés humaines pour mieux combattre la pauvreté.
Dans un pays qui se classe bon dernier dans les pays sondés sur la question «le système de la libre entreprise et de l’économie de marché est-il le meilleur pour l’avenir ? » avec seulement 36% des Français favorables (contre 74 % en Chine ou 71% aux Etats Unis !), l’œuvre de Pascal Salin est un combat salutaire contre « notre économiquement correct ». D’abord il débusque et il démasque nos erreurs économiques. Dans la tradition du grand économiste français, Frédéric Bastiat, il montre que « derrière ce que l’on voit » dans l’action de l’Etat, le dirigisme, le protectionnisme, il y a « ce que l’on ne voit pas ». A la suite de Jacques Rueff, il dénonce aussi les faux droits sociaux distribués par l’Etat providence ; il montre que celui qui paye l’impôt n’est pas nécessairement celui qui le supporte ( selon le vieil adage « si vous mettez un impôt sur les vaches, ce ne sont pas les vaches qui paient l’impôt »). Dans son combat contre l’arbitraire fiscal Pascal Salin dénonce non seulement tous les effets pervers d’une sédimentation d’impôt sans cohérence mais plus encore il repense l’impôt tant du point de vue de son efficacité que du point de vue moral. Car ce qui caractérise le plus pour lui la logique de la raison économique appliquée aux choix individuels c’est qu’elle repose sur une vision de l’homme et de la société inséparable d’une métaphysique et d’une éthique. Limiter la contrainte étatique, c’est limiter la violence exercée par des individus sur d’autres individus fusse au nom des choix collectifs et démocratiques.
On trouvera donc à la fois dans l’œuvre de Pascal Salin
- dans celle qu’il nous a déjà donnée et dans celle qu’il nous donnera encore - un fascinant mélange de réfutation des illusions économiques les plus en vogue (sur la monnaie, le rôle de la balance du commerce, le protectionnisme etc...), une logique implacable de la liberté et de la responsabilité individuelle qui nous conduisent à des approches pour le moins inhabituelles sur les questions de l’immigration et la circulation automobile, de l’environnement, des lois anti-tabac etc... et au travers de ses leçons d’économie la réaffirmation des fondements moraux juridiques et philosophiques de l’humanisme libéral, Pascal Salin nous permet ainsi de comprendre le monde tel qu’il est et aussi le monde tel qu’il vient. Il offre enfin, à quelques politiques audacieux, s’ils se trouvent, le cadre intellectuel des réformes nécessaires pour permettre à notre pays de retrouver le chemin du plein emploi, de la prospérité dans une société d’hommes et de femmes plus libres et plus responsables.


Alain Madelin