A lire et puis pleurerUn écrivain français disait “on n’est jamais trahi que par les siens”. C’est le sentiment que nous avons eu en lisant une interview de M. Sarkozy parue la semaine dernière dans les Echos. M. Sarkozy est supposé porter une base « immense » de réformes pour les Français du centre-droit pour la prochaine élection présidentielle française. Mais, en lisant ses réponses aux questions d’un panel choisi par le journal français, nous avons vainement cherché un lien avec des hommes d’Etat tels que Ronald Reagan ou Margaret Thatcher. Au lieu de cela, nous avons trouvé de nombreux commentaires qui nous ont rappelé Pierre Poujade ou Jacques Chirac ! En fait, certaines des déclarations faites par M. Sarkozy sont si choquantes que nous nous sentons obligés de les souligner en rouge et de les commenter (en bleu). Nous espérons que nos lecteurs nous pardonneront cette intrusion qui pourrait nuire au déroulé de l’interview. Nous avons également réduit l’interview, car elle, est non seulement très longue mais nous étions également épuisés de traduire ce qui nous paraissait présenter plus de platitudes que d’avantage. C’est la raison pour laquelle, nous avons juste traduit les réponses les plus attrayantes ; ce que nous avons obtenu nous a donné envie de jeter notre journal avec fureur et désespoir. Nous espérons également que nos lecteurs pardonneront le ton acerbe de nos remarques...mais nous sommes aussi affligés qu’un « jeune adolescent éconduit » ! En effet, après avoir lu cette interview plusieurs fois, nous ne pouvons qu’être consternés par a) l’inflexion protectionniste de M. Sarkozy b) par sa croyance que l’Etat fonctionne mieux que le marché et que jusqu’à présent l’Etat a été mal dirigé c) son manque de volonté de réduire les impôts et son intention d’en créer de nouveaux d) par son absence complète de toute conception de ce qui est important aujourd’hui, c’est à dire un retour en arrière de la portée de l’interventionnisme de l’Etat. En effet, à aucun moment de l’interview, M. Sarkozy ne s’engage à faire en sorte de réduire les interventions de l’Etat français dans la sphère de la vie économique. L’autre fait surprenant est que toutes ces idées ci-dessus, ont été développées dans une interview avec les Echos, le principal journal économique français. Personne ne lit les Echos exceptés les financiers et les cadres dirigeants d’entreprises. En d’autres termes, dans cette interview, M. Sarkozy fait un peu comme il le reproche lui-même à la dite minorité (quoique très petite) en France : « Je vous crache à la figure ». Pour finir, c’est ce que nous avons ressenti en lisant cette interview. Notre déception, aujourd’hui, est immense. Il semblerait que le choix pour les électeurs français lors de cette prochaine élection présidentielle soit simple : une voix pour un homme de droite qui promet des politiques interventionnistes massives sur le plan économique (et il le fera très certainement !), ou une voix pour une femme de gauche qui tend à dire tout et son contraire...Ne soyons pas étonnés si la combinaison de tous les votes protestataires en France (Trotskistes, Verts, Extrême Droite, les Chasseurs, les Communistes...) finissent par obtenir une plus large part des voix dans le total des votes, que les parties respectables (PS, UDF, UMP). ****** Q:
En France, la mondialisation
est trop souvent perçue comme une menace. J'ai quatre établissements dans
l'hexagone, un en Turquie, deux en Hongrie, un en Chine. Je les ouvre
pour aller chercher des clients, pas pour détruire l'emploi en France.
Pourquoi les politiques n'aident - ils pas mieux nos compatriotes à comprendre la mondialisation
? C'est un fait que l'on doit accepter. La mondialisation fait accéder des centaines de millions de personnes au progrès, elle permet le décollage de pays comme le Brésil, l'Inde, la Chine. Elle favorise l'accès à l'information pour tout le monde. Mais elle se traduit aussi par une exploitation frénétique des ressources de la planète et elle entraîne des restructurations qui laissent de côté des hommes, des femmes et des territoires. Les délocalisations ne sont pas un phénomène anodin. Vous avez raison, Monsieur, de dire que ce n'est pas parce que vous ouvrez des usines à l'étranger que vous détruisez des emplois : pour gagner des marchés, les chefs d'entreprise doivent de plus en plus produire à proximité de leurs marchés. Mais il y a des territoires, des femmes et des hommes qui sont des laissés pour compte de la mondialisation. Nous ne pouvons pas les laisser tomber. Nous devons au contraire faire preuve d'un grand volontarisme politique. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que face à la mondialisation il n'y a rien à faire. (LVG : dans ce premier commentaire protectionniste, Sarko commence à se dévoiler. Il a la conviction qu’il est du devoir de l'Etat de contrôler le processus de mondialisation). La
mondialisation rend nos faiblesses insupportables. Les 35 heures sont
le seul produit qui soit parfaitement inexportable. Il n'y a pas un pays
au monde qui nous ait copié. Cela devrait quand même nous inciter à réfléchir.
Les 35 heures sont une catastrophe dans le cadre de la mondialisation
mais personne ne peut dire que c'est la mondialisation qui est responsable
de cette catastrophe. Q:
: récemment un de mes clients,
une entreprise du CAC 40 a délocalisé, ce qui a provoqué la fermeture
d'un de mes ateliers qui employait vingt personnes. J'ai dû me débrouiller
tout seul. Je n'ai même pas pu utiliser sa cellule de reclassement. Ne
serait-il pas normal qu'il y ait un partage des responsabilités entre
les grandes entreprises et les PME ? ( LVG : En d'autres termes, les sociétés ne sont pas là pour faire des bénéfices mais pour créer des emplois) Je suis favorable à une modulation de la taxation des entreprises en fonction de leur politique de l'emploi. Ce n'est pas la même chose de reclasser tout le monde et de faire des pré retraites ou du licenciement, aux frais du contribuable. (LVG : les sociétés qui exigent de faire des bénéfices au lieu de favoriser la politique de l’emploi seront plus imposées. Fabuleux. Aucun doute que ceci permettra à la France de se débarrasser de son problème de chômage !). S'agissant enfin des PME, j'aimerais qu'on soit moins naïf et qu'on accepte de pratiquer en France et en Europe ce que les Américains font très bien : ils ne taxent pas de la même façon les produits qu'ils fabriquent et ceux qu'ils importent. (LVG : dans cette deuxième remarque protectionniste, il nous semble que Sarkozy énonce réellement un mensonge. Avec la NAFTA et l'OMC, les USA ne peuvent pas imposer des taux différents entre des produits fabriqués au Canada ou au Mexique et ceux produits en Californie ou au Michigan) Et cela ne nous empêche pas de vanter la grande puissance libérale que sont les Etats Unis. Il y a aussi là bas une loi qui garantit aux petites entreprises, hors conditions de prix, une part des achats publics. Je demande qu'on fasse la même chose en France et en Europe. (LVG : dans cette troisième remarque protectionniste, Sarkozy indique « regardez, les USA sont protectionnistes aussi, soyons protectionnistes nous aussi ». Pour nous, ceci, revient à dire «regardez, la Chine emprisonne toutes les voix dissidentes donc faisons la même chose ». Aujourd'hui, les USA sont un succès économique malgré quelques lois protectionnistes. La France devrait essayer de copier ce que les USA font de mieux… pas ce qu'ils font de mal !») Pour moi, le mot préférence communautaire n'est pas un gros mot (LVG : Dans cette quatrième remarque protectionniste, Sarkozy commence à décrire sa grande idée : construisons la forteresse Europe. Sujet très novateur.) Le mot protection non plus (LVG : Dans cette cinquième remarque protectionniste, Sarkozy rentre dans le vif du sujet et indique, au cas où nous ne saurions pas lire entre les lignes, je suis pour le protectionnisme !)
Je veux aussi que l'Etat utilise son crédit pour cautionner et garantir des emprunts pour l'investissement. (LVG : Grandes nouvelles. En conclusion, l’Etat français sera impliqué dans la sphère économique du pays). Je ne verrais que des avantages à ce qu'il se porte caution d'un chef d'entreprise pour son premier investissement. (LVG :
Vraiment ? Je ne peux pas. En fait, je pense
à tous les inconvénients, y compris un probable gaspillage massif de capital
dans des investissements improductifs « garantis » par l'Etat.
Sarkozy pense-t-il vraiment que le problème, aujourd'hui, soit que les
bonnes idées ne peuvent pas obtenir de financement ? Ne se rend-t-il pas
compte des sommes levées par des fonds d’investissement ou des sociétés
de capital risque?) Q :
aujourd'hui, on ne jure que par les
services. N'est-il pas temps de rappeler que la France a encore un avenir
industriel ? La France a une mémoire industrielle à sauvegarder. (LVG : Dans la même logique, devons- nous soutenir les fabricants de bougie, les fabricants de carrosses et les fabricants de chapeau melon ?). Elle a mis des décennies à créer ce savoir-faire. Il ne faut pas qu'elle le perde en quelques mois. Il faut l'aider à le conserver mais je n'aime pas le terme de patriotisme économique qui est beaucoup trop défensif. Ce que je défends moi, c'est le droit pour la France d'avoir une véritable stratégie industrielle. Je suis pour que l'Etat sélectionne une dizaine de secteurs majeurs comme l'énergie, la pharmacie, les communications etc. et qu'il mette le paquet pour les développer et en faire des champions. (LVG : Waou ! Nous pensions que ce genre de pensée économique avait été une fois pour toute discréditée avec l’échec du Japon des années 90, mais apparemment ce n’est pas le cas. Quoi qu'il en soit, bonne chance. Aujourd'hui, dans un monde qui évolue de plus en plus rapidement, quelles sont les chances pour les Etats qu’ils puissent suivre au même rythme les changements dans le secteur privé ?). J'ajoute
que cela n'a rien à voir avec la taille des entreprises : on peut être
une toute petite société et être un champion mondial. A Bercy, on me disait
qu'il fallait fixer la création d'un pôle de compétitivité à au moins
un milliard de dollars de chiffre d'affaires : c'est complètement absurde
! On peut être tout petit et mondial. Q : face aux fonds anglo-saxons qui s'intéressent aux entreprises françaises,
comment réagissez-vous ? Je
suis pour l'euro, et pour l'indépendance de la Banque de France. Q : comment faites-vous pour influer sur la BCE, tout en respectant son
indépendance ? Q:
Frédéric Bedin : en matière de
concurrence fiscale et sociale, vous avez récemment émis l'idée de créer
une TVA sociale. Demandons-nous si taxer nos importations comme le fait la TVA sociale est une idée pertinente pour financer nos systèmes sociaux. (LVG : Fabuleux ! En une phrase, nous obtenons non seulement notre sixième remarque protectionniste mais aussi une augmentation d'impôts !. Inutile de dire, qu’une telle mesure devrait fonctionner à merveille en France ; le problème en France étant que le consommateur et les sociétés ne sont pas assez imposés) Q:
: taxer les importations, n'est-ce
pas un retour au protectionnisme ? J'aimerais que dans une démocratie majeure on puisse avancer des idées sans être caricaturé. Entre la protection et le protectionnisme, je cherche un chemin équilibré (LVG : Dans cette septième remarque protectionniste, Sarkozy arrive à une conclusion surprenante. Entre la protection et le protectionnisme, trouvons une solution de compromis ? Est-ce que c'est une plaisanterie ? Une faute de frappe ?) Ce n'est pas de l'idéologie, c'est du réalisme Q:
Frédéric Bedin : la mondialisation,
c'est aussi l'opportunité d'attirer en France des localisations étrangères
et de créer des emplois. Comment faire pour doper ce volet " offensif
" ? Ne pourrions nous pas lancer une vaste campagne pour défendre
la marque " France ? " Q:
Frédéric Bedin : une suppression
totale ? Pas question de supprimer l'impôt sur la fortune, par exemple, mais l'impôt sur les successions c'est différent. (LVG : Ca l’est. Généralement, les personnes ne choisissent pas de mourir. C’est tellement différent de l’ISF qui lui devient de plus en plus volontaire. Les personnes qui ne veulent pas payer l’ISF immigrent à Londres, à Bruxelles ou à Hong Kong. Si vous voulez être logique sur ce sujet, vous devriez supprimer l’impôt sur les grandes fortunes et garder l’impôt sur les successions. Mais, bien sûr, tout cela a plutôt un sens symbolique plutôt qu’économique) L'égalité
des chances, cela ne consiste pas à aller prendre le patrimoine de celui
qui a travaillé toute sa vie ; l'égalité des chances, cela consiste à
faire en sorte que l'enfant qui naît dans une famille qui n'a pas de patrimoine
ait les mêmes chances de réussir qu'un autre. Frédéric Bedin : trouvez-vous normal qu'une fortune investie dans les entreprises
soit taxée, alors qu'investie dans les oeuvres d'art, ce qui ne crée pas
d'emplois, elle est exonérée ? Frédéric Bedin : et la résidence principale ? En
revanche, on peut envisager d'augmenter la franchise sur la résidence
principale pour tenir compte de la hausse des prix de l'immobilier. Q: Pour améliorer la gouvernance, pourquoi ne pas avancer sur la voie de la
co-détermination ? Dans les pays européens où cela existe, on anticipe
mieux les choses. La
richesse d'une société, c'est son capital mais aussi le travail des salariés.
Je suis favorable à ce qu'on associe les hommes et femmes au maximum ;
j'ai d'ailleurs proposé qu'on ouvre les stocks options à tous et je suis
prêt à aller plus loin. Mais à une seule condition : qu'on ne rigidifie
pas le fonctionnement des entreprises par des règles nouvelles. Q:
: dans la mondialisation, l'Europe souffre du manque d'harmonisation
sociale et fiscale. La France qui est un pays fondateur ne s'est pas vraiment
donnée les moyens de faire avancer son point de vue. Quelle est votre
stratégie pour que cela change ? Daniel Cohen : comment pensez-vous pouvoir réconcilier les Français avec l'Europe
? Je demande la réciprocité. " J'ouvre, tu ouvres ; tu n'ouvres pas, je n'ouvre pas ". (LVG : Dixième remarque protectionniste. Nous voulons un commerce juste, et non pas libre…). C'est basique, mais ça ne se discute pas. (LVG : C’est drôle il y a quelques phrases, Sarkozy indiquait qu'il n’y a aucunes matières économiques qui ne peuvent pas être discutées ; il n’y a aucun sujet économique tabou. Apparemment, cette règle n'inclut pas la discussion sur les avantages du libre échange mais concerne seulement les augmentations d'impôts... onzième remarque protectionniste). Prenez l'affaire Bombardier, je n'ai rien contre le fait que la SNCF ait choisi cette entreprise canadienne pour renouveler certains matériels. Mais je n'accepte pas qu'Alstom ne puisse pas concourir à Montréal ou à Toronto parce que ce sont des marchés de gré à gré. Il n'y a pas de fatalité à subir la mondialisation. Il doit y avoir réciprocité. Je veux aussi réintroduire la préférence communautaire. (LVG : Douzième remarque protectionniste et un retour au thème « de l'Europe forteresse »). Je le répète, ce n'est pas anormal qu'un continent se protège comme le font les Américains, les Japonais ou les Chinois. S'agissant de la négociation à l'OMC, qui constitue l'une des compétences les plus importantes de l'Union européenne, je pense qu'il n'est plus possible de la confier à un commissaire européen, quel que soit sa qualité. Je souhaite qu'elle soit conduite par le Président de l'Union européenne, élu pour deux ans et demi par le Conseil européen des chefs d'Etat, afin de peser vraiment dans les discussions. Il faut politiser cette négociation au bon sens du terme. Il faut enfin réformer l'OMC car je n'accepte pas qu'elle ne tienne aucun compte de règles environnementales et sociales. (LVG : Allons y. Faisons du commerce ensemble. Mais seulement si nous avons les mêmes lois sociales et environnementales. Désolée la Chine, le Brésil, l’Inde… Vous n’êtes pas qualifiés. Mais l'Allemagne ou la Suède bienvenue. Ah ! j’ai oublié, nous avons déjà le libre échange avec vous! Dans cette treizième remarque protectionniste, Sarkozy renvoie à ses commentaires précédents « commerce juste, pas de libre échange »).
Q: mais pour accepter, les pays émergents demanderont une réciprocité, et des
concessions de notre part dans le domaine agricole. Nous allons gagner 2 à 3 milliards d'habitants sur la planète, il faudra bien les nourrir et nous aurons besoin de notre agriculture. (LVG : nous vous excitons par un peu d’économie Malthusienne) Ce ne serait d'ailleurs pas dans l'intérêt du consommateur européen d'affaiblir notre agriculture, car si notre agriculture disparaissait, qui peut croire que les prix des produits agricoles ne remonteraient pas immédiatement en Europe. (LVG : C'est une nouveauté. Les subventions massives aux agriculteurs font réellement en sorte que les consommateurs économisent de l'argent !). Je ne laisserai donc pas tomber la PAC. (LVG : Allons ! S'il y a un vrai sujet sur lequel on doit débattre à propos du budget européen, ce doit être de la politique agricole commune ) On ne peut pas céder. La Chine, l'Inde ou le Brésil ont bien des progrès à faire avant que nous cédions sur la PAC, même s'il faudra certainement la réformer un jour. Qui profite aujourd'hui largement du commerce mondial ? (LVG : Aujourd’hui la France le fait. Comme tous ceux concernés par le commerce mondial) Vous voulez que je rentre dans le détail des contrats des centrales nucléaires ou des Airbus qu'on vend aux Chinois et qu'on va fabriquer là bas ? (LVG : Dans ce quatorzième commentaire protectionniste, Sarkozy critique Chirac en supposant que les contrats que Jacques Chirac a signé lors de ses récents voyages en Chine ne créeront pas beaucoup de bénéfice pour la France. Naturellement, cela est hors sujet. Qui s'inquiète que la fabrication soit faite en Chine si la valeur ajoutée émerge en France ?). Vous croyez que je n'ai pas vu cela ?
Ce
sont des gens extrêmement pragmatiques, intelligents et qui savent, j'en
suis sûr, comprendre un discours d'une certaine fermeté.
(LVG : Une autre remarque qui trahit. D'abord,
une certaine condescendance envers les Chinois. Deuxièmement, une vision
complètement fausse de la position de la France dans le monde. L'idée
que la France peut avoir « un rapport de force » avec les Chinois
et l’illusion que les Chinois vont réagir en étant sympathiques manque
complètement de réalisme du fait que l'équilibre de la puissance économique
et géopolitique est parti loin de France pour aller vers la Chine ces
dernières années. En conclusion, elle trahit également un certain manque
de la connaissance de la culture Chinoise : vous ne gagnerez rien des
chinois au pouvoir « en étant ferme » mais « en leur faisant
face», ce que Paulson a bien compris). Q : que dites-vous aux Etats-Unis s'ils continuent à ne pas appliquer le protocole
de Kyoto ? Le système de libre concurrence est faussé si les industries, dans certains pays, doivent limiter les émissions de CO2 et d'autres pas. On me dit proche des Américains et je dis que les Etats-Unis sont une grande démocratie et les Américains sont des amis. La question de l'amitié et de la collaboration entre l'Europe et les Etats-Unis est une question absolument majeure et structurelle. Je ne me considère pas comme l'ennemi de ceux avec qui nous avons lutté contre les deux totalitarismes les plus meurtriers du XXème siècle, le communisme et le nazisme. Mais la liberté du commerce, c'est le commerce loyal. (LVG : Dans cette quinzième remarque protectionniste, Sarkozy s'assure que nous ayons bien compris) La
position de l'Australie et des Etats-Unis qui refusent de ratifier le
protocole de Kyoto, qui est pourtant déjà insuffisant, est inadmissible.
Dans une compétition, on ne peut avoir un concurrent qui court avec un
boulet au pied et l'autre qui n'en a pas, si tant est d'ailleurs que respecter
l'environnement soit un boulet. Q:
y a-t-il place pour une stratégie industrielle européenne qui favorise
l'émergence de grands groupes ? Vous même avez été critiqué sur Alstom.
L'Europe doit, en matière industrielle, se montrer beaucoup plus offensive qu'elle ne l'est. Je respecte la concurrence, mais la concurrence comme idéologie, c'est néfaste car cela empêche la constitution de champions européens. Nous en avons subi les conséquences dans le projet de rapprochement entre Schneider et Legrand. Sur ce point, je pense que la Commission européenne doit revoir sa doctrine et faire plus de place à une véritable stratégie industrielle européenne (LVG : Quel est le but de l’activité économique à part la création de champions européens ? Conclusion: Pour être juste à l’égard de M. Sarkozy, nous avons réduit l'interview aux parties qui, selon nous, sont les plus marquantes. Mais après avoir dit cela, nous fournissions tout de même 10 longues pages. Et avec un certain nombre de «commentaires clés». En commentant cette interview, nous avons voulu vous donner une vue d'ensemble du niveau de la pensée actuellement en cours dans la campagne présidentielle française. Si nous n'étions pas Français, nous trouverions cela drôle. Mais nous sommes Français. Donc ça ne l’est pas. |