Ségolène,
Persona Non Grata
au Pays de l’Érable


En marge d’une rencontre d’une quinzaine de minutes avec le représentant indépendantiste André Boisclair, chef du Parti Québécois, qui effectue actuellement une visite éclair à Paris, Ségolène Royal vient d’être prise en flagrant délit d’ingérence dans les affaires intérieure du Canada. Après les propos déplacés de la candidate socialiste au Moyen Orient puis en Chine, voilà que la compagne de François Hollande remet maladroitement les pieds dans le plat en se déclarant favorable à un Québec souverain : sa position dit-elle : « reflétait des valeurs communes, soit la liberté et la souveraineté du Québec ». Une faute impardonnable commise par un personnage politique de premier plan qui aspire de surcroît à exercer les plus hautes fonctions de l’État et qui aurait dû méditer l’Histoire de ce vaste pays afin d’en saisir les subtilités au lieu de s’aventurer nonchalamment sur un terrain miné : la bourde monumentale d’un certain Général en 1967 a laissé des traces…Une récidive demeure donc inacceptable de la part d’une future probable chef d’État, qui une fois élue (Espérons que NON !) provoquerait de facto une crise diplomatique majeure entre nos deux Pays. «Ni le Gouvernement du Québec ni celui du Canada ne s’immiscent dans la course à la Présidence française» rappelait très justement Monique Gagnon-Tremblay, ministre québécois des Relations internationales. Quelle désinvolture et quel non-respect également vis à vis des Canadiens et des Québécois qui dans leur immense majorité veulent enterrer définitivement cette question référendaire nauséabonde et contre-productive en se tournant plutôt vers l’avenir pour construire ensemble un grand pays moderne, prospère, multiculturel et tolérant. Ces propos controversés ont d’ailleurs soulevé un tollé d’indignation au sein de la classe politique canadienne, le Premier Ministre Canadien Stephen Harper en tête, rabrouant sévèrement la représentante socialiste en l’invitant à se mêler de ses affaires. «L’expérience enseigne qu’il est tout à fait inapproprié pour un leader étranger de se mêler des affaires démocratiques d’un autre pays». Depuis un an, ce dernier, un fervent partisan d’un «fédéralisme d’ouverture» s’efforce de décentraliser les pouvoirs tout en respectant les compétences de chaque Province. Au mois de novembre tous les partis politiques confondus, y compris les Souverainistes, ont voté une motion du Parti Conservateur au Parlement reconnaissant «les Québécois comme une nation au sein d’un Canada uni». Personne ne souhaite donc réouvrir le dossier constitutionnel. C’est un hors-sujet complet, un non-sens de l’Histoire au XXI e siècle ! Notre socialiste nationale qui a endossé les habits du défenseur impénitent d’une Europe forte ne voit-elle pas que les pays de la zone Euro cherchent au contraire à se regrouper pour affronter unis les défis de la mondialisation. Pourquoi vouloir mettre en péril l’unité canadienne ? Irait-elle jusqu’à soutenir publiquement chez elle le démantèlement de la France en acceptant le principe de séparation de la Corse et du Pays basque voir même de la Bretagne ??? Posons-lui enfin la question.


Rappelons-lui aussi le coût économique exorbitant d’une telle entreprise ! La grande métropole Montréalaise, porte encore les stigmates du dernier référendum de 1995, de nombreux investisseurs et des sièges sociaux de grandes corporations ayant préféré à l’époque plier bagage pour fuir un avenir obscur et sans-lendemain … Enfin, pourquoi vouloir s’afficher avec une personnalité politique qui n’est même pas le Premier Ministre du Québec et qui est loin de faire l’unanimité dans son propre camp alors qu’il eut été plus constructif de rappeler la volonté des deux pays de faire fructifier ensemble ce merveilleux patrimoine historique commun à un an des célébrations du 400e anniversaire de la création de la ville de Québec…Drôle de dame décidément, cette Ségolène qui n’a, ironie du sort, jamais mis les pieds de sa vie au Québec !!! Un séjour d’immersion chez ses cousins d’Amérique s’impose dans les plus brefs délais…

Bruno Pineau-Valencienne
Un Franco-Canadien