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Un
nouveau départ La presse canadienne reconnaît unanimement le succès personnel de Stephen Harper, celui ci ayant finalement réussi à reconquérir le centre de l’échiquier politique laissé vacant par les trois autres partis (Parti Libéral, Parti Néo Démocrate et le Parti Vert) qui ont plutôt convoité un électorat de gauche extrêmement volatile en proie à ses propres divisions. En misant sur un fédéralisme d’ouverture, Stephen Harper a non seulement adouci son discours se faisant plus pragmatique et rassurant mais il a redoré le blason des fédéralistes au Québec en portant des coups très durs aux indépendantistes qui ont perdu des plumes dans cette élection. L’option souverainiste a certainement du plomb dans l’aile et C’EST UNE BONNE NOUVELLE pour l’unité canadienne et pour le Premier Ministre Fédéraliste du Québec Jean Charest ! Il convient de saluer au passage la lucidité politique des Québécois qui ont opté pour un Québec fort au sein d’un Canada meilleur et c’est tout à leur honneur. Ils ont compris qu’en envoyant le maximum de députés conservateurs à Ottawa, ils accroissent d’autant le poids politique du Québec au sein du futur cabinet qui devrait être beaucoup plus restreint et rajeuni. Stephen Harper n’aura cependant pas réussi à convaincre la populeuse région de l’Ontario et tout particulièrement la grande couronne de Toronto où les électeurs se sont montrés réfractaires aux changements tout comme en Colombie Britannique où les Néo Démocrates de Jack Layton ont donné du fil à retordre aux candidats conservateurs. L’électorat canadien a sanctionné les libéraux de Paul Martin sans pour autant donné un chèque en blanc à notre jeune tout nouveau Premier Ministre lequel doit désormais faire ses preuves pour augmenter son score lors des prochaines échéances et remporter l’adhésion des grands centres urbains (Montréal, Toronto et Vancouver) qui l’ont quelque peu boudé ce 23 Janvier 2006. La victoire est courte mais le vote est historique après quatre mandats consécutifs sous la houlette des libéraux et 12 années de purgatoire pour une droite canadienne qui a su renaître de ses cendres en fondant un seul grand parti, fusionnant l’Alliance Réformiste de l’Ouest et les Progressistes Conservateurs de l’Est. Pari gagné pour Stephen Harper qui dispose néanmoins d’une marge de manœuvre étroite au parlement avec seulement 124 sièges sur 308 (155 étant le nombre de sièges requis pour obtenir la majorité) l’obligeant à solliciter l’appui des autres partis au cas par cas pour appliquer son programme. Le Bloc Québécois avec 51 sièges a d’ores et déjà annoncé qu’il collabora avec les Conservateurs si ces derniers respectent leurs engagements de régler l’épineux dossier du déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces et d’assurer au Québec une place de choix au sein de grands organismes internationaux comme à l’UNESCO par exemple. En général, la durée de vie d’un gouvernement minoritaire ne dépasse pas deux ans. Personnellement, je ne croirais pas que le nouveau gouvernement tombe rapidement pour plusieurs raisons. Tout d’abord les caisses des partis sont vides après 54 jours de campagne, l’une des plus longues au Canada et je met au défi les partis de l’opposition de tenter de renverser ce nouveau gouvernement rapidement sans risquer de devoir assumer l’odieux que les électeurs leur feraient porter. À cet égard, les Canadiens veulent tourner la page et entrevoient désormais l’avenir avec optimisme après tous ces scandales qui ont éclaboussé le parti libéral. Ils aspirent donc à plus de stabilité. En second lieu, la démission de Paul Martin à la tête du parti libéral va canaliser toutes les énergies des libéraux pour lui trouver un successeur et il est pratiquement certain que les couteaux vont voler bas ! Dans ces conditions, les conservateurs peuvent jouir d’un certain répit ...Les défis sont donc importants pour Stephen Harper qui a toutes les qualités pour assumer ses nouvelles responsabilités et saura user habilement de ses talents de négociateur pour moderniser le pays et raffermir les liens entre «les deux solitudes» tel que l’avait exprimé notre Gouverneur Générale Mikaële Jean lors de son assermentation en référence aux peuples et aux individus de l’Est et l’Ouest Canadien, éloignés géographiquement mais aussi culturellement. Sur le plan économique, les mesures fiscales et les baisses d’impôts promises devraient fouetter une économie canadienne déjà très robuste et favoriser la création d’emplois. Les Etats-Unis peuvent compter sur un allié sûr notamment dans la lutte contre le terrorisme qui frappe partout jusqu’en en Afghanistan où les troupes canadiennes, très exposées et ayant déjà payé un lourd tribu, font un travail remarquable dans des conditions périlleuses, tout comme les militaires français à leurs côtés, engagés sur ce théâtre d’opérations dans le seul but de faire triompher la démocratie. Par ailleurs les litiges commerciaux avec les Etats-Unis ne manquent pas eu égard à la question du bois d’œuvre mais l’heureux élu fera preuve de beaucoup plus de doigté que son prédécesseur. BONNE CHANCE STEPHEN !
Bruno Pineau-Valencienne |