Le vrai libéral réformateur
ne serait –il pas
Stephen Harper ?

À quelques jours du scrutin, les libéraux de Paul Martin qui se retrouvent envasés dans plusieurs scandales sur fond de détournements d’argent public et de délits d’initiés n’ont jamais parus aussi menacés à la lecture des derniers sondages qui indiquent clairement une nette inversion de tendance et une cristallisation des intentions de vote en faveur des conservateurs de Stephen Harper lesquels incarnent désormais le vrai changement après les 13 années au pouvoir du tandem Chrétien-Martin. La campagne électorale du chef libéral ressemble de plus en plus à un Golgotha ! Le syndrome «Jospin» gagne le premier ministre canadien qui semble être victime de la stratégie surréaliste d'une non campagne électorale alimentée d'une certaine dose d'arrogance le conduisant à dévisser inexorablement dans les sondages. À moins d’un événement exceptionnel très improbable, le 24 Sussex devrait donc connaître un nouveau locataire le 23 Janvier prochain. D’ailleurs, la perspective d’un gouvernement conservateur majoritaire semble plus que jamais d’actualité en dépit d’une campagne de publicités négatives de dénigrement montée à la hâte et qui se retourne finalement contre le parti libéral victime d’un effet boomerang. Il y’a des signes qui ne trompent pas sur l’ampleur du balayage d’Est en Ouest qui risque d’emporter les libéraux et son chef. Ce dernier fait actuellement l’objet de spéculations sur sa propre succession à la tête du parti libéral où le «bal des hyènes» a déjà débuté avant même le verdict des urnes! Comme si cela n’était pas suffisant, le très influent quotidien libéral de Toronto The Globe and Mail et le journal Montréalais La Presse très proche du milieu des affaires apportent à la surprise générale un soutien sans équivoque au candidat conservateur dans cette dernière ligne droite.

Tout au long de cette campagne, Paul Martin n’a cessé de jouer avec le feu et c'est tout le pays qui risquait de s'embraser !

La fougue du premier ministre canadien sur l'unité nationale lors des premiers débats télévisés ne fût en réalité qu'un

feu de paille en l'absence de projet de réforme des institutions dont le pays aurait grandement besoin. D’autre part, Il a réitéré, lors du troisième débat télévisé, son numéro d’illusionniste en promettant à la hâte dans un geste désespéré un amendement constitutionnel très discutable et dont personne ne veut . Il eut été plus constructif de proposer des mesures visant à moderniser le fédéralisme canadien en décentralisant les pouvoirs afin de donner beaucoup plus d'autonomie aux provinces. Il aurait, du même coup, évacué la question québécoise qui devient un abcès de fixation dans cette élection fédérale. Créer artificiellement cet enjeu référendaire en jouant sur l'unité nationale à des fins électoralistes relève de la pure folie car ``l'on ne peut demander à un pyromane d'éteindre lui même l'incendie`` comme le rappelait adroitement le jeune Premier Ministre conservateur du Nouveau Brunswick Bernard Lord. D'autre part, Paul Martin affaiblit son propre camp au Québec en

balayant du revers de la main le Premier Ministre Québécois Jean Charest, pourtant issu de la même formation politique que lui et dont il prédit de facto une

défaite ``annoncée`` lors des élections provinciales de 2008. L’intéressé n’a d’ailleurs pas tardé à apporter un soutien indirect au chef conservateur et il est

fort à parier que la structure opérationnelle du Parti Libéral Québécois devienne, dans les derniers jours précédant le scrutin, le porte avion

des troupes de Stephen Harper lequel lui a rendu un vibrant hommage lors des débats télévisés. Dans ces conditions, il ne serait pas étonnant que plusieurs députés conservateurs se fassent élire dans la Belle Province déjouant ainsi tous les pronostiques. Stephen Harper a d’ailleurs besoin de ministres québécois dans son futur Cabinet. Le ressac brutal que connaît actuellement le Bloc québécois, parti indépendantiste confiné dans un rôle d’opposant éternel sur la scène fédérale, est compensé corrélativement par une remonté fulgurante des conservateurs au Québec lesquels se présentent comme une alternative fédéraliste crédible face à la faillite morale des libéraux et à un vote contestataire stérile en faveur du Bloc. Les Ontariens et le reste du Canada n’accepteront probablement pas le marché de dupes de Paul Martin qui consistait à transformer cette élection fédérale en un référendum sur la souveraineté du Québec.

À contrario, Stephen Harper s'est imposé comme un leader arborant une stature présidentielle. Calme, souriant, il a minutieusement présenté les grandes lignes de son programme avec beaucoup de professionnalisme et d'assurance : Un sans faute!

Nous sommes loin de l'image du ``docteur Attila``que ses adversaires ont voulu lui coller lors de l’élection fédérale de 2004. Lucide il a reconnu très vite, au début de la campagne, la nécessité pour le Canada de diversifier ses partenaires commerciaux eu égard à la question du bois d'œuvre qui est venue exacerber des tensions canado américaines palpables depuis quelques mois. À l’inverse, Paul Martin qui prônait au début de son mandat des relations plus «sophistiquées» avec son grand frère américain ne cesse de le dénigrer espérant ainsi surfer sur une certaine animosité ambiante à l’encontre de nos voisins du sud, éludant ainsi les conséquences d'une dégradation des relations bilatérales pour le Canada. Diversifier les relations commerciales avec d'autres pays demeure l'enjeu principal des années à

venir pour assurer la prospérité aux générations futures et les rendre moins vulnérable sur le plan économique. Faut il rappeler que plus de 80% de nos échanges se font avec les États-unis. L'absence de vision sur ce dossier de notre premier ministre actuel est pour le moins surprenant voir inquiétant ! Rappelons aussi à Monsieur Martin que l'économie canadienne a été en grande partie dopée par la croissance américaine ce qui devrait l’inciter à un plus de retenu dans ses critiques acerbes de l’administration Bush, puisse t-il avoir au moins la reconnaissance du ventre ! Il reste quelques jours aux électeurs canadiens de faire le choix entre «nettoyer les écuries d'Augias» en élisant un premier ministre conservateur, réformateur et vraiment libéral (Quelle ironie !) afin de donner au pays l'impulsion nécessaire pour se moderniser en s’appuyant sur un fédéralisme d’ouverture ou de reconduire tristement au pouvoir des libéraux de Paul Martin fatigués, plus centralisateurs et interventionnistes que jamais ! Puissions nous espérer que l’élection de ce jeune Premier Ministre de 46 ans, économiste de formation, sur les traces de Brian Mulroney qui fut le chantre du libre échange avec Ronald Reagan dans les années 80 avec l’avènement de l’ALENA, inspire le courant réformateur libéral français et la classe politique dans son ensemble compte tenu des liens étroits et indéfectibles qui existent entre les deux pays.

Bruno Pineau Valencienne,
responsable du cercle Canada et USA