Lettre bimensuelle des Cercles thématiques N° 7 - 25 janvier 2006

Les Cercles thématiques recrutent !

Trois Cercles thématiques souhaitent augmenter le nombre de leurs membres :
- la civilisation de l'internet ("Réaud Olivier" olivier.reaud@inprincipo.com),
- la culture libérale (garrigues@iegre.net),
- la réforme de l'Etat et des collectivités territoriales ("Dubruel Jean-Marc" jmdubruel@noos.fr).

Des projets d'étude importants sont en cours sur ces thèmes fondamentaux pour les libéraux.

Rappelons qu'il est possible d'être membre d'un Cercle thématique même si l'on réside en dehors de la région parisienne : on peut travailler par mail, en réagissant sur les projets de textes ou en envoyant des documents, témoignages, réflexions, articles de journaux, etc.

Prière aux personnes intéressées de contacter directement l'un ou l'autre des animateurs de ces trois Cercles thématiques

Merci bien vivement à l'avance.


Cercle thématique «La culture libérale»

Edgar Morin disait : « Finalement, je ne me sens bien qu’avec les défroqués, les heimatlos, les cosmopolites, les exclus. », Edwy Plenel, Le Monde 2, 23 juillet 2005, Edgar Morin, l’exclu

Il s’est fait le critique vigilant de la politique de l’Etat d’Israël, au nom de l’injustice faite aux Palestiniens. Il vient d’être condamné pour diffamation raciale à propos d’un article sur ce sujet paru en 2002. Condamnation en appel, contredisant une relaxe en première instance. Comme dans Le Procès de Kafka, le voilà incapable de prouver son innocence, tant elle va de soi, devant une accusation absurde.

Que l’article incriminé soit discutable, c’est l’évidence. Sa plume a laissé transparaître une passion qu’il retient d’ordinaire. Mais c’est justement pour cela même que cette condamnation est irréelle. S’il se l’est autorisée, cette passion, c’est au nom de ce qu’il est et qu’il n’a cessé de revendiquer, de livres en articles : un « juif spinosant », refusant toute idée de peuple élu, ayant forgé dans l’exil et la persécution une sensibilité universaliste rétive à tout communautarisme, à tout renfermement identitaire, à toute fermeture aux autres persécutés, à toute indifférence aux autres malheurs du monde.

« Je romps avec le peuple élu, mais je demeure dans le peuple maudit », écrivait-il en 1994 (Mes démons).

Après tout, Spinoza lui-même fut exclu de la synagogue, et sa lumière nous éclaire encore quand ses persécuteurs sont tombés dans l’oubli.


Notre commentaire sur cet article

La liberté de parole en France tend à perdre du terrain devant la montée des interdits légaux. Voila une pente dangereuse, qui nous mènera si l’on n’y prend garde vers les excès d’une époque que l’on croyait révolue.

La solidarité qui fait se mouvoir Edgar Morin nous paraît une valeur dûment libérale dans son essence : pas d’a priori identitaire ni idéologique, pas de politiquement correct...


Cercle thématique «La réforme de l’état et des collectivités locales»

Le référendum de Saint-Denis sur le droit de vote des étrangers suspendu par la justice Le Monde - 15 janvier 2006

Statuant en référé sur requête du préfet de Seine-Saint-Denis, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a suspendu la décision du conseil municipal de Saint-Denis (PCF) d’organiser, le 26 mars, un référendum d’initiative locale sur le droit de vote et l’éligibilité des étrangers aux élections locales, au motif qu’il « existait un doute sérieux sur sa légalité. »

Le préfet estimait que l’objet de la consultation ne relève pas de la compétence communale mais du Parlement, et que la commune avait tort « d’y associer les résidents étrangers non ressortissants d’un Etat de l’Union européenne. »

Un habitant sur quatre est étranger à Saint-Denis.

Le maire se défend, disant que « ce vote a pour seul objectif de recueillir l’avis de nos concitoyens sur un sujet majeur, et de le faire dans des conditions irréfutables », et il invoque la Convention européenne des droits de l’homme. Et de promettre qu’il maintiendra la consultation en tout état de cause.


Notre commentaire sur cet article

Le référendum d’initiative populaire est de nature à faciliter l’expression démocratique, et comme tel, il convient bien aux libéraux.

Que pensons-nous du vote des non Européens aux élections locales ? Dans le cas où ils travaillent et paient des impôts locaux, on voit mal pourquoi ils seraient exclus du processus de décision sur l’utilisation de leurs contributions. S’ils étaient membres d’une copropriété, ne participeraient-ils pas aux charges, avec vote en assemblée ?…

Pour ceux qui vivent d’assistance, la question est plus délicate, puisqu’ils seraient juge et partie. Et pour des élections nationales, il semble difficile d’admettre que les non Européens participent aux décisions de la nation, notamment en diplomatie et défense.

L’initiative de la municipalité dyonisienne a le mérite de poser ces questions. Voilà un débat à ouvrir, où l’on trouverait une des clés de l’intégration des immigrés dans la dignité et dans la participation. La question mérite mieux qu’un barrage préfectoralo-judiciaire.

Saint-Denis fera au minimum un sondage, utile en lui-même.

Cercle thématique «Les défis de l’environnement»

Malgré une baisse, la pollution de l’air reste élevée à Paris, Le Monde - 14 janvier 2006

Les mesures faites par Airparif montrent que plusieurs millions de Franciliens sont exposés à un air qui ne respecte ni la réglementation ni les objectifs de qualité fixés par l’Union européenne.

Le dioxyde de soufre est en très forte baisse, les polluants directement émis par les automobiles chutent aussi (-35 % entre 1992 et 2005 pour les oxydes d’azote, -68 % entre 1994 et 2005 pour le monoxyde de carbone). En revanche, l’évolution des « polluants secondaires », issus de la transformation chimique des molécules dans l’air, est plus préoccupante. Les concentrations moyennes de dioxyde d’azote et de particules à proximité du trafic routier dépassent systématiquement les valeurs fixées par la réglementation. Quant aux niveaux moyens d’ozone, leur niveau a doublé en 15 ans. Pour ces trois polluants, « la France ne respectera par les objectifs fixés par l’Union européenne pour 2010 », explique le directeur d’Airparif.

Selon lui, la politique mise en place à Paris, qui a abouti à la diminution de 15 % du trafic, ne joue qu’un rôle secondaire dans la diminution de certains polluants, la principale cause étant les améliorations techniques et le renouvellement du parc automobile.


Notre commentaire sur cet article

Nous constatons qu’Airparif prend bien soin de ne rien dire des risques sanitaires liés à ces taux de composés chimiques dans l’air, se bornant à dénoncer les dépassements de normes réglementaires.

Si ces normes réglementaires sont situées très au-dessus des niveaux de danger pour la santé, nous pouvons affirmer qu’il n’y a en réalité aucun problème de « pollution » dans l’air de Paris.

C’est le cas, tout à fait flagrant, pour l’ozone : tout le monde sait (y compris Airparif), que l’ozone est émis dans les forêts (Rambouillet, Fontainebleau…), où il n’y a pas grand monde, et que ce gaz est inoffensif aux concentrations dont on parle : écoutons l’Académie des sciences, le professeur Pariente, le professeur Derenne…

C’est le cas aussi pour les autres « polluants ». Leur risque pour la santé est pratiquement nul aux concentrations actuelles, qui de plus baissent rapidement.

Les responsables politiques affirment pourtant que notre santé est menacée ? Un vote à l’assemblée (de Paris ou de Strasbourg) ne peut pas changer la réalité. « Epur si muove », marmonnait Galilée quand la loi disait que la terre ne tournait pas. « La démocratie ne fait pas le vrai » proclament les libéraux d’aujourd’hui.

Notre air dépasse peut-être les normes fixées par les règles publiques, il ne dépasse certes pas les niveaux de danger sanitaire.

 

Cercle thématique «La libération de l’économie»

La promesse de baisse de TVA pour les restaurateurs

Voilà une promesse chiraquienne qui a bien du mal à se concrétiser.

Cette affaire constitue une péripétie mineure, mais elle est bien révélatrice de nos modes de fonctionnement.

Notre président a fait une promesse inconsidérée en 2002, omettant de vérifier si elle n’était pas contraire aux règles européennes. Depuis lors, il s’évertue à passer outre, mais les réticences d’Angela Merkel semblent sonner le glas de ses efforts.

Nous en sommes désolés pour les restaurateurs, mais il faut dire tant mieux : si nous continuons à moduler la TVA pour chaque profession, pour chaque situation particulière, nous créerons des usines à gaz, nous pousserons à la récrimination de nouvelles catégories d’acteurs, nous renforcerons l’influence de nos politiciens sur les affaires…

Que l’Europe nous bloque, cela choque beaucoup d’hommes politiques français, certains allant même jusqu’à suggérer de passer en force.

Pas nous : les libéraux craignent que l’Europe se laisse aller à l’interventionnisme fiscal, notamment pour « harmoniser » les taux d’imposition, au lieu de laisser jouer la concurrence entre états-membres. Nous savons bien qu’« harmoniser » voudrait dire aligner sur le plus taxeur.

La règle de l’unanimité sur les questions fiscales nous protège contre ces dérives. Donc elle est bonne : gardons-la, jusqu’au jour où les domaines de compétence européens seront clairement définis, excluant nommément le champ fiscal (sauf pour le maintien du libre marché).