Enfin
le vrai débat !
Le second tour se doit de clarifier les enjeux, de marquer
les différences en renforçant les choix libéraux.
Avec plus de 30 % des suffrages
exprimés au premier tour de l'élection présidentielle,
la réussite de Nicolas Sarkozy est spectaculaire.
Non seulement il a réussi à rassembler très
largement la droite autour de sa candidature, mais il est
encore parvenu à dérober à Jean-Marie
Le Pen une part importante de ses électeurs. Sans
doute aussi a-t-il réussi -et cela recoupe partiellement
les électeurs de Le Pen- à mordre sur tout
un pan de l'électorat populaire. Certes cette reconquête
s'est faite au détriment des idées libérales,
par l’adoption de postures, de propositions fleurant
bon le simplisme et le protectionnisme.
Mais l’efficacité
est là. Nicolas Sarkozy a su prendre
le vent d’une opinion populaire, désorientée
et inquiète, à la recherche d’ordre,
de sécurité et d’espoir. Comme l'a montré
une récente enquête qualitative (on laisse
un échantillon d'électeurs exprimer librement
leurs pensées), l'électorat de Nicolas Sarkozy
dessine plus un besoin de remise en ordre de la France qu'un
appétit de mise en mouvement des Français.
La France «sarkozyste» qu'ils décrivent
est celle où les travailleurs travaillent, la police
police, les fonctionnaires fonctionnent, les étudiants
étudient, les transports transportent, les rues sont
calmes et les syndicats bien élevés...
Tout au long de la campagne
du premier tour, nous avons déploré
l'absence d'une vraie pédagogie de la modernité,
le flou de propositions sans cohérence d'ensemble.
Nous avons craint que sur de telles bases, les lendemains
d'élections ne déchantent par la confrontation
des promesses au choc des réalités (voir «Et
après ?»). Mais, de même qu’on
juge un arbre à ses fruits, les résultats
du premier tour marquent un succès. La mobilisation
massive des électeurs, le souvenir du 22 avril 2002,
rejette aux marges les extrêmes et redonne une large
majorité aux partis de gouvernement UMP - PS - UDF.
Ces résultats constituent un socle sur lequel, dans
une confrontation avec la candidate du parti socialiste,
un vrai débat peut se nouer, forçant les candidats
à préciser et à articuler leurs propositions.
L'enjeu est de taille.
Le prochain président de la république, fort
des résultats du premier tour, amplifiés par
l'élan d'un second tour de rassemblement autour de
choix clairs, disposera d'une forte légitimité
et d'un mandat pour moderniser la France.
D'une certaine façon,
la percée de Bayrou et sa volonté de maintenir
son indépendance peuvent y contribuer. En effet,
face à l'heureux effondrement de l'extrême
gauche (et notamment des candidats du camp « antilibéral
», les derniers espoirs du parti socialiste passent
par la séduction de ce nouveau centre. En clair,
cette situation force le parti socialiste à prendre
un virage social-démocrate, voire social libéral
à la Tony Blair. Voilà qui pourrait décomplexer
la droite, atténuer ses tentations protectionnistes,
renforcer des choix libéraux.
Certes
il est sans doute bien tard pour développer
de nouvelles analyses, mettre en selle des propositions
de réformes plus audacieuses et plus modernes. Mais,
quoi qu'il en soit, les débats du second tour ne
peuvent que clarifier les enjeux, préciser les orientations,
dégager les cohérences des politiques proposées
et marquer les différences. C'est en tout cas notre
part d'espoir.
Les
DERNIERS EDITORIAUX d'ALAIN MADELIN
Et
après ? - Une
grande indifférence
La
société de défiance
Socialistes,
conservateurs, centristes… et libéraux
Bonnes
questions pour un candidat
...AUTRES
EDITORIAUX
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ETHIC,
recevra
Hervé Novelli,
Député d’Indre
et Loire,
Président du groupe des Réformateurs
de l’UMP
à l’occasion d’un petit-déjeuner
débat,
le jeudi 3 mai 2007, à
8h30,
sur le thème
«Quelle place pour le libéralisme
avec Nicolas Sarkozy?».
ETHIC vous accueillera
au Press Club,
8, rue jean Goujon, Paris 8e.
(parking : sous le Press Club)
Vous
trouverez ici une invitation
pour votre inscription
(à retourner par mail asdevillers@ethic.fr
ou par fax au 01 56 43 62 11). |
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Quand Bayrou critique Ségolène
Royal
On aura beaucoup remarqué les piques de
François Bayrou à l’encontre
de Nicolas Sarkozy. C’est sa critique du
programme de Ségolène Royal que
nous préférons retenir.
«Son programme (ndlr), multipliant les interventions
de l’État, perpétuant l’illusion
que c’est à l’État de
s’occuper de tout, et qu’il peut s’occuper
de tout, créant je ne sais combien de services
publics, va exactement à l’encontre,
en sens contraire, des orientations nécessaires
pour rendre à notre pays et à son
économie leur créativité
et leur équilibre».
«Ségolène Royal, par son programme,
va aggraver durablement les problèmes de
l’économie.»
La France centrifuge
Lu dans la Nouvelle Lettre, l’éditorial
de Jacques Garello. Notre ami
analyse le scrutin du 22 avril : «Je suppose
qu’un certain nombre d’électeurs
ont voté Bayrou parce qu’il incarnait
à leurs yeux «l’antisystème».
Ces électeurs en ont assez de voir le paysage
politique français toujours dominé
par les mêmes hommes, les mêmes partis,
les mêmes idées. (…) Bayrou
avait raison de comprendre que les Français
sont mécontents et de leur droite et de
leur gauche, mais il avait tort de croire qu’en
additionnant deux nullités on puisse trouver
autre chose que zéro. (…) Le centre
va laisser un vide dans l’échiquier
politique français. Le libéralisme
pourra bientôt combler ce vide. Plus la
France est centrifuge, plus elle convergera vers
les idées de la liberté.»
Lire
l’éditorial
Et après…
Yves de Kerdrel, chroniqueur
au Figaro observe comme nous le faisions la semaine
dernière (voir «Et
après ?»), l’indifférence
grandissante de la sphère économique
et financière à l’égard
d’un monde politique dont elle ne dépend
plus.
«L’élément le plus important
», écrit-il, «l'élément
le plus important, c'est que, grâce à
la mondialisation, l'économie française
s'est presque totalement affranchie de la politique.
Il y a encore cinq ans, avant de renverser Jean-Marie
Messier, Claude Bébéar et Jean-René
Fourtou ont consulté Bercy, l'Élysée
et VGE. Trois ans plus tôt, avant de lancer
une OPA sur Elf, Total s'était assuré
auprès de DSK de sa bienveillance. Si Thierry
Breton entend toujours faire respecter la grammaire
des affaires, comme les Immortels veillent sur
la langue française, les industriels et
les financiers français, eux, ne répondent
plus que devant leurs actionnaires, les seuls
auxquels ils doivent des comptes. (…) Ce
que l'on retiendra de cette campagne électorale,
c'est que si les candidats ont tous évoqué
le CAC 40, les superprofits, les soi-disant superdividendes
et évidemment «les patrons voyous»,
comme si c'était une généralité,
les entreprises, elles, ont continué d'investir,
de vendre, d'embaucher - oui, de créer
des emplois - et surtout d'aller chercher la croissance
là où elle se déroulait.
Sans prêter attention aux emplois aidés
de Ségolène Royal ou détaxés
de François Bayrou. Elles ont continué
à créer de la richesse là
où c'est facile de le faire, là
où ce n'est pas condamnable, là
où l'économie croît cinq fois
plus vite que dans l'Hexagone. Pendant que les
chiens aboyaient, la caravane de l'entreprise
passait tranquillement son chemin.
Lire
l’article
Vieilles croyances
«La pensée française
est capable du meilleur et du pire», écrit
Michel Cicurel, président
de La Compagnie Financière Edmond de Rotschild,
dans une opinion parue dans les Echos. «Au
panthéon du pire, je ferai volontiers entrer
le jeu à somme nulle, inlassablement ressuscité.
Selon une vieille croyance française, en
effet, les gains d'un joueur viennent des pertes
des autres. Parmi les multiples symptômes
de ce syndrome malthusien, le concept tenace de
partage du travail : le travail des uns ferait
le chômage des autres, d'où retraite
à soixante ans et 35 heures. De même
le commerce extérieur et sa forme la plus
aboutie, la mondialisation, inspirent une grande
méfiance à nos compatriotes, convaincus
qu'à ce jeu, il y a forcément des
perdants. Quant à l'allergie suscitée
chez nous par la richesse, ne provient-elle pas
du sentiment confus que la prospérité
des uns s'explique par la spoliation des autres
? L'aspiration à l'égalité
est plutôt sympathique, mais devient belliqueuse
lorsqu'elle est éperonnée par le
postulat de somme nulle.»
Lire
l’article
Biocarburants polluants
Lu dans le Monde, «Les biocarburants
polluent aussi» par Stéphane
Lauer. «Souvent présentés
comme LA solution pour lutter contre le réchauffement
climatique, pourraient ne pas être la panacée
imaginée par certains. Un spécialiste
des sciences atmosphériques de l'université
de Stanford, en Californie, Mark Jacobson, s'est
ainsi livré à des projections pour
savoir quel pourrait être l'impact atmosphérique
d'une généralisation des biocarburants
à l'horizon 2020. "Un mélange
d'essence avec une concentration élevée
d'éthanol présente un risque égal,
voire plus grand, pour la santé publique
que l'essence seule", indique M. Jacobson,
qui ajoute : "Dans certaines parties du pays,
le mélange "E85" a entraîné
une forte augmentation de l'ozone, un des principaux
éléments du smog (mélange
de brouillard et de fumée qui se forme
au-dessus des grandes agglomérations du
fait d'une pollution atmosphérique)."»
Lire
l’article |
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A
LIRE |
L’art
du mensonge politique
De
Jonathan Swift
Editions Jérôme Millon |
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"Le
moyen le plus propre et le plus efficace pour détruire
un mensonge est de lui opposer un autre mensonge".
Le mensonge se calcule, se pèse, se distille, se
proportionne. Le texte s’emporte alors contre les
journalistes, « nouvellistes ou gazetiers »,
ces menteurs grossiers, et « leur petit talent,
leur manque de génie à débiter du
mensonge ».
Et au parti qui aura trop et mal menti, entamant ainsi
sa crédibilité, le traité propose
une cure originale d’inspiration médicale
: se mettre au régime sec, sans boniments, se contraindre
trois mois durant à ne dire que des vérités,
pour regagner chèrement le droit de mentir à
nouveau, en toute impunité. Hélas, se plaint
l’auteur, jamais on ne trouva parti ou homme politique
qui supportât un tel régime.
Parmi les nombreux conseils donnés par l'Auteur
en matière de mensonges politiques, les principaux
sont :
- Soustraire les mensonges à toute vérification
possible;
- Ne pas outrepasser les bornes du vraisemblable;
- Faire varier les illusions à l'infini;
- Instituer une véritable 'société
des menteurs' pour rationaliser la production de mensonges
politiques.
Lire
la critique De Bogdan Calinescu dans «La Nouvelle
Lettre»
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