Des contrevérités
qui arrangent ?
A-t-on
raison d’avoir peur du réchauffement climatique
? si le réchauffement climatique fait peur, l’exploitation
de cette peur en arrange plus d’un.
Le
réchauffement climatique est une réalité.
Quelle en est l’ampleur ? Quelles en sont les causes
? Et selon l’analyse que l’on fait de ces causes,
quels en sont les remèdes ?
Les idées dominantes nous annoncent une catastrophe
planétaire dont l’homme est responsable essentiellement
à travers des émissions de gaz à effet
de serre. Nous serions en état de non-assistance
à Humanité en danger. Il nous faudrait cesser
toute émission nouvelle de dioxyde de carbone ou
à tout le moins rationner drastiquement leur production.
De telles affirmations semblent aujourd’hui devenues
tellement évidentes que toute critique, mise en cause
même partielle, devient impossible. Claude Allégre
vient d’en faire les frais ayant eu l’audace,
à propos des neiges du Kilimandjaro, de dire que
«la
cause de la modification climatique reste inconnue. Donc
prudence.» A quand l’inscription dans une
prochaine loi du délit de négationnisme du
réchauffement planétaire ?
Et ce d’autant plus qu’Al Gore vient de frapper
les esprits avec le film «une vérité
qui dérange». Dans notre univers médiatique
où le sensationnel l’emporte souvent sur le
rationnel, le philosophe Raymond Ruyer appelait ça
autrefois «la preuve par le cinéma »:
«c’est vrai, je l’ai vu au cinéma
ou à la télévision».
Tout en reconnaissant humblement
notre difficulté à maîtriser un dossier
aussi complexe, nous voudrions cependant faire trois
réflexions:
1 – L’historien
Emmanuel Le Roy Ladurie a montré
comment les deux derniers millénaires ont connu des
variations importantes de température dont l’origine
était purement naturelle et s’il existe «un
consensus international» sur le réchauffement
climatique, ses travaux font l’objet d’interprétations
plus fines que celles qui sont brossées à
grands traits par la presse (voir «What
every European should know about global warning»
) elles sont même parfois controversées (voir
notre dossier «le
réchauffement controversé» ) ou
contestées («61
scientifiques de l’Académie nationale des sciences
lancent un appel à une évaluation scientifique
ouverte de l’accord de Kyoto». Voir aussi
«le
rapport des scientifiques n’est pas une défense
du protocole de Kyoto»).
2 – Si même l’on admet
comme certaine la cause humaine du réchauffement
climatique, les restrictions sur les émissions de
CO2 imposées par l’accord de Kyoto n’entraîneraient
qu'une diminution de quelques degrés de la température
globale que d’ici la fin du siècle. Insuffisant,
disent les partisans de «l’écologie profonde»
et de la «décroissance durable».
Dès lors deux voies sont possibles :
- soit un rationnement drastique, un changement complet
de nos modes de production et de nos vies.
- soit au contraire, une stratégie forte de croissance
et de progrès. Car la croissance nous donne les moyens
de stratégies d’adaptation et le progrès
nous offre des énergies de substitution et les moyens
de traitement ou d’enfouissement du CO2.
3 – L’apocalypse
est aussi, faut bien le remarquer, une thèse
qui en arrange beaucoup. Médiatiquement la peur se
vend bien. Scientifiquement, elle nourrit des budgets imposants
pour les scientifiques qui la développent. Loin de
nous de contester les moyens donnés à la science
pour expertiser des questions d’importance vitale.
Encore faudrait-il que la méthode scientifique soit
respectée, que les avis contraires soient acceptés
et que les scientifiques qui manifestent leurs désaccord
avec l’alarmisme ambiant ne voient pas leur crédit
de recherche disparaître et leurs travaux discrédités
(voir
«un climat de peur»).
C’est ainsi que le film
d’Al Gore a fait l’objet d’une
critique méthodique montrant les partis pris, les
exagérations, les erreurs et les spéculations
hasardeuses (voir notamment «Al
Gore’s An Inconvenient Truth») Mais qui
la lira ? Mais qui le saura? La force des images emporte
la conviction. D’autant que la perspective d’une
apocalypse climatique alimente les adversaires d’une
société capitaliste et d’une économie
de marché. Elle fait grossir l’exigence d’une
«gouvernance mondiale» qui trouve, bien entendu,
des partisans zélés dans les organisations
internationales, qui y voit là prétexte à
l’augmentation de leur pouvoir. Elle donne une nouvelle
jeunesse aux nostalgiques du dirigisme et aux orphelins
du marxisme perdu particulièrement nombreux en France.
Comme l’a écrit Claude Allégre «l’écologie
de l’impuissance protestataire est devenue un business
très lucratif pour quelques uns !».
Dans notre dernier éditorial nous disions que la
collection de printemps des idées présidentielles
s’annonçait courte, retro et confuse. Côté
couleur, le vert fera fureur.
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La fraude contre les droits
sociaux opposables
Décidément, les nouveaux
droits sociaux opposables devant les tribunaux
ne font pas recette chez les libéraux.
Hervé Novelli les dénonce,
dans un article paru dans le Figaro le 25 octobre
dernier, et «appelle
à une réflexion sur la création
des droits». Jacques Garello
ironise même sur la rupture promise par
Nicolas Sarkozy «comment
s’appelle un régime où les
droits sociaux sont garantis par l’Etat
? un régime socialiste...». «Voudrait-on
ouvrir un nouveau "piège à
pauvreté" qu'on ne s'y prendrait pas
autrement» ajoute Paul Fabra
dans les Echos. Comme nous avions tenu à
le rappeler dans notre
précédente lettre, les droits
sociaux, c’est à dire les droits-créances
ouvrent non seulement la porte à une intervention
grandissante de l’Etat ou des collectivités
locales, mais il y a surtout un vrai danger à
les transformer en droits effectifs opposables
devant les tribunaux (voir
aussi l’article de Jean-Philippe
Feldman).
S’agissant du droit au logement opposable
et des précédents invoqués
en Angleterre et en Ecosse, par souci de rigueur
les libéraux ont tenu à vérifier...
Lire
la suite
Le nouveau Bayrou est arrivé
Fidèle à sa nouvelle ligne
centriste «révolutionnaire»
François Bayrou entend
dénoncer le projet de Nicolas Sarkozy qui
marquerait comme celui d’Aznar «une
grande connivence avec les puissances d’argent».
Voila une vraie rupture pour un centriste qui
a longtemps partagé avec Aznar la direction
du Parti Populaire Européen. Quant à
la comparaison d’Aznar et de Sarkozy, elle
est plutôt flatteuse puisque Aznar a quitté
le gouvernement avec un bilan dont les points
forts sont la baisse du chômage passé
de plus de 20% à moins de 10%, une croissance
supérieure à la moyenne communautaire,
atteignant un taux de 2,3%, alors qu’en
France et en Allemagne il restait proche de zéro.
Tout ceci, dans le cadre strict de l’équilibre
budgétaire avec une inflation contrôlée,
un déficit inférieur à 3%
et une dette inférieure à 60% du
PIB. Puisse Bayrou dire vrai en faisant de Sarkozy
un Aznar français!
La droite a deux fois moins baissé les
impôts que la gauche...
A lire l’article paru dans l’ALEPS
sur l’étonnant rapport présenté
par Gilles Carez (UMP), rapporteur
général du budget à l’Assemblée
nationale, qui révèle qu’entre
2002 et 2007, la droite aura deux fois moins baissé
les impôts que la gauche entre 1997 et 2002
!. Plus surprenant encore le député
UMP «y voit la marque du «caractère
responsable et mesuré de la politique budgétaire
suivie depuis 2002». Et l’auteur de
conclure «on ne sait ce qui doit nous accabler
le plus : si c’est le fait que la droite
soit parfois encore moins libérale que
la gauche, ou si c’est le fait qu’elle
s’en vante et s’en réjouisse.»
Lire
la suite
Immobilier : le revers des aides
Philippe Martin, professeur d’économie
à Paris I, dénonce les effets pervers
des aides sur le marché de l’immobilier
dans un article paru dans Libération.
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Bio-impôt
Le
gouvernement a annoncé que le nouveau carburant E85 composé
à 85% d’éthanol et 15% d’essence classique
ne serait pas soumis à la TIPP pour la partie éthanol
de ce carburant. Imaginons que 100% des Français se convertissent
à ce nouveau carburant, la recette de la TIPP réduirait
alors de 85%, ce qui revient à une subvention de 21 milliards
d’euros à la production de bio-éthanol. Claude
Mandil, directeur exécutif de l’Agence internationale
de l’énergie, qui explique dans un article paru dans
la Tribune le 16 octobre dernier que l’éthanol produit
à partir du maïs et à un moindre degré
de la betterave compte un bilan CO2 « limité, presque
nul » et que s’il faut rouler à l’éthanol,
on a tout intérêt à se tourner vers le Brésil
ou l’Inde pour importer de l’éthanol produit
à partir de la canne à sucre. Et de conclure «nous
sommes convaincus qu’il n’est pas de développement
durable qui soit assis sur des subventions durables».

>> HUMEUR :
Ségolène Royal est créative, Elle a lancé
les « jurys de citoyens» tirés au sort pour donner
régulièrement leur opinion et évaluer les élus
et les politiques publiques. Elle a précisé sa pensée
en suggérant qu’un échantillon de 150 personnes
aurait pu évaluer le CPE. L’idée est excellente
seulement les statisticiens savent qu’un échantillon
est davantage représentatif autour de 400 personnes. Et on
sait aussi que les personnes ainsi consultées ne s’appellent
généralement pas des jurés mais des sondés.
Au fond, si on n’y réfléchit bien il n’y
rien de neuf dans la proposition de Ségolène, il s’agit
de gouverner en suivant les sondages. Ce que l’ensemble de
la classe politique réussit très bien à faire
depuis longtemps.
Le délire anti-libéral
«La France est le seul pays d'Occident où le mot
«libéral» porte, dans un large public, sinon
l'aversion, du moins l'opprobre» note Claude
Imbert dans son dernier éditorial au Point. Les
médias continuent «d’infuser une culture
populiste antilibérale» qui non seulement envahit
la gauche mais gagne également une partie de la droite «à
travers le souverainisme protectionniste». Or, «on
ne cède pas sans imprudence à l'antilibéralisme
compulsif. Il installe dans l'esprit public un refus consistant
de l'économie moderne.»
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la suite
Débat sur l’Islam (suite)
Raphaël Lellouche, philosophe, qui a beaucoup
travaillé sur l’inter-religieux et la théologie
de l’Église catholique, a décortiqué
le discours de Rastibonne de Benoît XVI. Il nous livre une
analyse remarquable dans un entretien publié par l’Institut
Hayek
lire
«Benoît XVI, le djihad et le dialogue» sur le
discours de Rastisbonne
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