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Courriel
bimensuel
des Cercles thématiques
N° 13 25 avril 2006
Editorial de Dominique Garrigues
La voix des libéraux
français reste faible, quasi inaudible, dans les débats
politiques actuels - quand elle ne sert pas de repoussoir ! Et pourtant,
les idées libérales progressent rapidement partout, et les
actes suivent - même un peu chez nous, parfois.
Notre pays est baigné dans une mondialisation incontournable, qui
commence à ses portes avec l’influence de l’Union européenne,
et cette nouvelle donne irrigue toute notre existence. Demandez aux étudiants
contestataires s’ils veulent revenir au monopole de la Compagnie
nationale Air France !
Notre conscience collective semble repousser la logique de ces évidences.
Est-ce le signe d’un soi-disant déclin français ?
Non, de multiples signes montrent qu’il n’y a pas déclin.
Nous voyons bien que nos grands industriels connaissent des réussites
remarquables - en dehors de l’hexagone.
Pourquoi cet étonnant aveuglement politique ? Il y a, bien sûr,
la complicité active de tous ceux qui profitent de nos dérives
actuelles, et qui ont trouvé de puissants relais culturels pour
diaboliser toute tentative de les remettre en cause.
Le nœud du problème réside peut-être dans ce
mot : culturel.
Notre ami Ernesto Valdes, membre du Cercle thématique « La
culture libérale », nous rappelait ceci dans une étude
sur Vargas Llosa en mars dernier : « Pour qu’en France, le
libéralisme en tant que philosophie puisse retrouver sa place,
encore faut-il que les individus puissent comprendre qu’ils doivent
être l’organe décisionnel en tant que membres de la
société civile. »
Que chaque Français assume son destin, qu’il réclame
son autonomie de citoyen, qu’il renonce au maternage intellectuel
et moral nuisible à sa capacité de juger et d’agir
en tant qu’être libre et responsable. C’est une question
d’orgueil, c’est une question de culture.
Voilà le travail des libéraux d’aujourd’hui
: trouver les mots qui décoiffent, les concepts décapants,
et les proposer à nos concitoyens pour les faire sortir enfin de
leur rêve éveillé.
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