Réinventer
le SMIC
Les
revalorisations artificielles du SMIC fabriquent du chômage
et « smicardisent » la société
Dans
tout diagnostic sur l’état de la France
à la veille de l’élection présidentielle,
figure assurément en bonne place la panne du pouvoir
d’achat.
La tentation de tout gouvernement c’est, dans un contexte
sans vraie croissance, de pallier cette panne par un traditionnel
«coup de pouce» au SMIC lors de sa revalorisation
du 1er juillet. L’actuel gouvernement n’a pas
résisté, même si son «coup de
pouce» fut léger. Au total le SMIC - du moins,
le Smic horaire - aura progressé de 24% en cinq ans.
« Nous avons fait mieux que Jospin », claironne
l’ancien Premier ministre. En regard, la promesse
du projet socialiste de porter le SMIC à 1500 euros
lors de la prochaine mandature - soit une augmentation de
20% - parait plus modeste.
Le problème est que
les politiques d’augmentation autoritaires
du SMIC qui
servent de vitrine sociale aux gouvernements sont économiquement
et socialement contre productives.
La question de la réinvention
du SMIC se doit d’être à
l’ordre du jour du débat des présidentielles.
Pour dissiper tout malentendu, il est bon de rappeler que
les libéraux n’ont aucune hostilité
de principe à l’idée d’un salaire
minimum. C’est même un des leurs - Antoine Pinay
- qui a mis en œuvre le premier salaire minimum garanti
(SMIG).
Mais si le salaire minimum permet d’éviter
les abus et de pousser les entreprises à un certain
niveau de productivité (en élimant les mauvaises)
il ne doit pas être porté artificiellement
à un niveau qui bloque l’embauche.
Or il faut bien constater qu’il est progressivement
passé de son rôle de «voiture balai»
au rôle de «locomotive salariale». Quoi
de plus facile et de plus tentant pour les gouvernements
à la recherche d’une «aura» sociale
que d’imposer aux entreprises une revalorisation du
SMIC au-delà des critères d’inflation
et de croissance.
C’est là un prélèvement obligatoire
déguisé et qui offre l’avantage de ne
pas être comptabilisé comme tel.
Conscient d’ailleurs des effets destructeurs de ces
augmentations artificielles (quand le coût du travail
des salariés non qualifiés dépasse
leur rentabilité économique ceci provoque
un chômage de masse et encourage le travail au noir
) l’Etat a depuis longtemps accompagné ces
augmentations d’une politique palliative d’allégement
massif des charges sociales sur les bas salaires.
Le résultat d’une
telle politique qui pousse les bas salaires
vers le haut, qui compense cette augmentation artificielle
par des baisses de charges dégressives jusqu’au
plafond d’1,6 SMIC, c’est bien évidemment
une compression des salaires comme il n’en existe
dans aucun autre pays développé et une «smicardisation»
de la société que je dénonce depuis
longtemps (le mot a depuis fait florès).
Le nombre de personnes payées au SMIC n’a cessé
d’augmenter (16% de la population active) et plus
de deux salariés sur trois sont enfermés dans
la zone des salaires inférieur au plafond des exonérations
de charges, soit 1,6 SMIC. Il s’ensuit pour beaucoup
un sentiment de dépression relative : quand le SMIC
augmente, celui qui gagnait 1,6 SMIC ne gagne plus que 1,5
SMIC.
Voila de quoi déprimer les ménages et fabriquer
la France des fins de mois difficiles.
Et comme toujours,
les désastres de l’intervention étatique
appellent de nouvelles interventions étatiques. Pour
réparer cette paupérisation salariale l’Etat
et Lionel Jospin ont cru bon de créer une prime pour
l’emploi (PPE) directement versée aux salariés
les plus pauvres.
Cette PPE n’a depuis cessé
d’être revalorisée par
la droite qui s’enorgueillit aujourd’hui de
verser ainsi l’équivalent d’un treizième
mois à un smicard. Aujourd’hui plus de 9 millions
de foyers la recoivent et sa seule revalorisation coûtera
3,7 milliards d’euros en 2007.
Résumons,
notre Etat-Gribouille: l’Etat force
le salaire minimum au-dessus de son niveau économique,
compense cette augmentation artificielle par des baisses
de charges pour les entreprises, et puis constatant les
effets désastreux ( la «smicardisation»)
d’une politique qui tire les salaires vers le bas
il ajoute une prime pour l’emploi (toujours payée
par l’impôt) au profit des travailleurs pauvres
!
Pour
retrouver le plein emploi, favoriser la
croissance et la progression du pouvoir d’achat, il
nous faut libérer le marché du travail et
libérer les salaires. Pour cela, il faut réduire
les interventions de l’Etat qui faussent les prix
sur le marché du travail et assurer une plus grande
liberté des contrats pour faciliter l’échange
de travail.
Ceci exige une nouvelle politique
en matière de salaire minimum.
Le salaire minimum qu’il faudrait apprécier
sur une base annuelle serait fixé par une commission
indépendante en fonction de critères objectifs
d’inflation et de croissance excluant tout coup de
pouce gouvernemental.
Les partenaires sociaux seraient libres de négocier
des salaires minimums professionnels supérieurs et
peut-être même ultérieurement des salaires
minimums régionaux (à un même salaire
minimum ne correspond pas le même pouvoir d’achat
à Paris ou dans la Creuse).
Les exonérations de charges sociales seraient progressivement
réduites et verraient leur plafond supprimé
au profit d’une exonération forfaitaire (par
exemple sur les 500 premiers euros de salaire).
Un revenu familial minimum se substituerait à la
prime pour l’emploi (Voir notre dossier:Instituer
un revenu familial garanti) garantissant un revenu minimum
à tous les citoyens en fonction de la composition
de leur foyer en cas d’inactivité et jusqu’à
un certain plafond en cas d’activité au moyen
d’une compensation de revenu dégressif (favorisant
ainsi au passage la reprise du travail pour celles et ceux
qui sont enfermés dans l’assistance.)
Inspiré de l’impôt négatif qui
a été mis en oeuvre dans de nombreux pays
ce revenu familial garanti (mis en œuvre dans le cadre
d’une réforme globale de l’impôt
sur le revenu) est la contrepartie d'une nouvelle politique
en matière de salaire minimum 
Les
AUTRES EDITORIAUX
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LE
BANC d'ESSAI des LIBERAUX
La
politique économique et sociale de
Nicolas Sarkozy |
Nicolas
Sarkozy
vient de préciser dans deux discours importants,
le discours d’Agen et le discours de clôture
de la convention UMP consacrée à la
santé, ce que serait sa politique économique
et sociale s’il était élu Président.
Des discours qui d’un point de vue libéral
mélangent à la fois de bonnes résolutions,
de bonnes propositions, des mesures plus ambiguës
et d’autres enfin franchement détestables.
Nous avons résumé ses propositions
pour les passer au filtre d’une première
critique libérale que nous complèterons
bien entendu.
Merci de consulter notre
banc d’essai et aussi bien sûr d’ajouter
vos
observations.
Les députés UMP au pied du mur
Voici
la majorité UMP deux fois au pied du mur
de ses ambitions réformatrices.
D’une part, avec la fusion Suez-Gaz
de France sur laquelle malgré les
réticences d'une majorité de l’UMP,
le Premier ministre et le Président de la
République ne mollissent pas renvoyant le
texte à une séance extraordinaire
du Parlement en septembre prochain. Avec une crainte
toutefois, c’est que la privatisation de Gaz
de France ne soit troquée contre un contrôle
antiéconomique des prix du gaz et de l’électricité.
Dirigisme quand tu nous tiens...
D’autre part, avec la proposition
de loi sur l'ouverture des magasins le dimanche
déposée par Pierre Lellouche
sur laquelle vient de s’engager Nicolas
Sarkozy. Pourquoi remettre à demain
ce que l’on peut faire dés aujourd’hui...
La politique étrangère
de François Bayrou
Lors
du colloque UDF sur «les relations internationales
et la défense» François
Bayrou a proposé des «inflexions»
nécessaires de notre politique étrangère.
Nous avons relevé quelques idées intéressantes.
A
lire les extraits du discours de François
Bayrou.
Vos
réactions nous interressent.
Notre courrier des présidentielles
Réaction
sur l'Exonération d'impôts et des charges
sociales pour les heures supplémentaires"
de Nicolas Sarkozy
En
2007, les libéraux devront choisir.
Aujourd’hui l’heure n’est
pas au choix des personnes, elle est à
l’élaboration et au choix des
programmes.
En toute liberté, les libéraux
entendent présenter leurs idées,
leurs propositions et les placer au cœur
du débat politique.
Retrouvez tous
les éléments du projet des libéraux
2007 et participez au débat
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Jospin,
le retour
Lionel Jospin revient avec une contribution présentée
comme majeure, publiée par le Monde. Franchement, après
un si long silence on attendait mieux. Notamment dans le domaine
économique où le retour de Jospin signifie clairement
le retour en arrière. Point de départ de son analyse
: il existe un héritage français Keynésien
avec lequel il serait dangereux de rompre. Autrement dit distribuons
des revenus et la croissance reviendra! Ben voyons...
Mittal
Arcelor : victoire sur marché
A lire l’analyse d’Yves de Kerdrel
sur la réussite de l’OPA, devenue «amicale»,
de Mittal sur Arcelor où il dénonce l’échec
«d'une rhétorique politicienne visant à faire
de cette opération un cas d'école du patriotisme économique
français». L’auteur ajoute que «celui dont
on moquait l'inexpérience en termes de «gouvernement
d'entreprise» a vite compris que, dans une telle bataille,
les seules forces qui comptent, ce sont les actionnaires, parce
que ce sont eux les propriétaires d'Arcelor et non pas les
pouvoirs publics».
Lire
la suite
S’enrichir
est un droit !
L’Institut Hayek analyse les données
du rapport «World Wealth Report» publié par Merill
Lynch et Cap Gemini qui renseigne notamment sur le nombre de millionnaires
par pays.Ce qui est intéressant n’est pas le pourcentage
de millionnaires (sensiblement comparable en Suisse et aux Emirats
arabes unis) mais le pourcentage de ceux qui sont devenus millionnaires
par leur travail, «l’ascenseur social». Si la
fortune se bâtit en une vie et par le travail aux Etats-Unis,
en revanche en Europe, c’est essentiellement par le biais
de l’héritage. De plus, «ces fortunes n’ont
été confisquées à personne, elles ont
été créées par des entrepreneurs qui
les détiennent». L’Institut Hayek ajoute que
«s’enrichir est un droit, lorsqu’on exerce dans
le respect des règles morales et juridiques élémentaires».
A
LIRE |
L'Economie
de marché
de
Roger Guesnerie,
Editions le Pommier
|
Injustices.
de François
Dubet,
Seuil |
|
Un
ouvrage de vulgarisation de l’économie de
marché. L'auteur, professeur au Collège
de France, dresse un panorama éclairant sur le
fonctionnement des économies de marché rappelant
quelques éléments de base telles que les
lois de l’offre et de la demande ou la théorie
d’Adam Smith, selon qui «l’égoïsme
de chacun constitue un facteur d’harmonie bien plus
efficace que l’altruisme». Pour finir, l’auteur
analyse quelques-uns des défis contemporains auxquels
les économies de marché sont confrontées
: mondialisation, développement durable, rôle
de l’Etat... |
Le
résultat des travaux d'une équipe de chercheurs
autour de questions centrales qui traversent à
la fois notre vie quotidienne et nos débats publics
: quelles inégalités nos concitoyens perçoivent-ils
comme des injustices dans le monde du travail ? Cet ouvrage
de référence nous permet de mieux cerner
le sentiment d’injustice, les discriminations, la
non reconnaissance ou le déclassement social. Sur
la perception des injustices, les auteurs nous donnent
des repères sur un certain nombre de valeurs: le
travail, le mérite, l’autonomie,le rôle
du droit... |
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