Le cercle du Havre se retrouvera le lundi 3 avril à 18H autour d'un verre, au "café de la gare", 28 cours de la République au Havre (jouxte la gare SNCF).

Cette réunion sera animée par Angelo Floris, chirurgien-dentiste à Rouen, qui nous racontera comment il tente de sortir de la sécurité sociale française.

Contacter Jean-Christophe Hauguel cercleliberalduhavre@wanadoo.fr

A signaler, le livre de notre ami, Jean-Paul Oury, La querelle des OGM. Aux Presses Universitaires de France 2006-03-31 Collection de Dominique Lecourt, histoire des sciences et société. Véritable plaidoyer pour la liberté de penser, la querelle des OGM est un excellent outil qui permettra aux décideurs et aux consommateurs de se poser les bonnes questions pour prendre des décisions en connaissance de cause.

A lire le billet d’humeur de notre ami, Bruno Pineau Valencienne

Les réformes impossibles dans le dernier pays des Soviets

À moins d’un an d’une présidentielle cruciale qui s’annonce riche en rebondissements, sur fond de crise économique, morale et institutionnelle très grave, quel scénario peut- on anticiper pour l’avenir ? Comment remédier à ce profond malaise?
Un «remake» du 21 Avril 2002 demeure hautement improbable en 2007 puisque la candidature de Philippe de Villiers vampirisera probablement l’électorat traditionnel d'un Jean Marie Le Pen vieillissant lequel dépassera alors difficilement la barre des 10%. En revanche, la situation à gauche se complique pour le parti socialiste, en proie à des luttes intestines très vives, dépassée sur sa gauche par les anarcho-bolchéviques, et qui ne parvient toujours pas à susciter l'adhésion d'une opinion publique dubitative nonobstant le suspens qui plane autour d'une éventuelle participation de Ségolène Royal dans la course à l'Élysée. De surcroît, le vote altermondialiste autour d'une personnalité comme José Bové pourrait bien brouiller les cartes et ravir les stratèges de l'UMP qui ont sans doute, en secret, déjà allumé des lampions appelant de leurs voeux pieux cette candidature atypique qui les servirait indirectement . La pléthore de candidatures prévisible à droite comme à gauche risque de provoquer un émiettement de l’électorat et le ticket pour le second tour pourrait se situer nettement en dessous de la barre des 20%, rendant l’issu du scrutin extrêmement imprévisible.
Dans ce contexte de guerre civile larvée, le suspens à droite semble relancé car la pugnacité du Premier Ministre a de quoi surprendre les plus ardents réformateurs au premier rang desquels les libéraux qui ont dans leur grande majorité choisi, pour l’instant, de faire corps avec le chef du gouvernement, Alain Madelin en tête. Si Dominique de Villepin finissait par sortir vainqueur de cette épreuve de force avec les syndicats et l’extrême gauche il engrangerait très rapidement les dividendes de cette politique de fermeté qui le rapprocherait inexorablement de son rival de toujours en terme d intention de votes. Les sondages semblent déjà indiquer un regain de popularité du Premier Ministre auprès de l’électorat de droite traditionnel qui le plébiscite pour son leadership dans le dossier du CPE lequel doit servir de catalyseur pour aller encore plus loin et engager le grand chantier des reformes structurelles à venir quitte à affronter jusqu’au bout les menaces de grèves générales et les scènes de guérillas urbaines comme l’avait fait en son temps une certaine Margaret Thatcher. Le premier de cordée ne peut se permettre de fléchir au risque de dévisser entraînant dans sa chute mortelle tous ses amis politiques y compris son frère ennemi Nicolas Sarkozy.
Ainsi, les candidats tant au PS qu’à l’UMP n’auront d’autres choix que de se plier à un tour de force pour mobiliser dès le premier tour leurs électeurs respectifs las du vote utile ! Dans ce contexte, la Société Civile doit impérativement contribuer au renouvellement de l’offre politique pour que les Français connaissent enfin la vérité et réagissent contre le Colberto Socialisme National qu'ils subissent depuis au moins 40 ans. 2007 permettra, nous l'espérons, un vrai débat de fond et l'électorat libéral sans lequel la droite ne peut gagner ne manquera pas de marquer à la culotte celui qui se présente aujourd'hui comme le champion de la rupture qui soit dit en passant a préféré récemment le cabotage à l’audace du grand large dans une mer très agitée !!! Privé d’un des leurs dans la course, les libéraux feront face à un dilemme le moment venu : Choisir un homme du sérail imprégné d’une culture étatiste mais doté d’un certain pragmatisme dont la détermination demeure toutefois intacte pour reformer graduellement le pays ou privilégier le va t-en guerre qui évoque la thérapie de choc à tout bout de champs dans ses discours sans que nous sachions si il joindra réellement le geste à la parole. Dans la tourmente actuelle les faits ne donnent pas nécessairement raison au second à qui incombe maintenant le fardeau de la preuve… Se réfugieront ils dans l’abstention ou se replieront-ils plutôt sur une candidature de témoignage ? Le mystère reste entier…

Au delà de ces simples supputations, le dépoussiérage voir le grand ménage de nos institutions éviterait à l’avenir de revivre le séisme électoral d’il y’a 4 ans et réconcilierait la nation et ses élus. Pourquoi ne pas s’inspirer des grandes démocraties modernes à l’instar du Canada où le système politique s’appuie sur un parlement fort qui reflète plus fidèlement les aspirations du peuple et les différentes sensibilités. Avec un seul tour de scrutin, le leader du parti qui obtient le plus grand nombre de députés élus dans l’ensemble des circonscriptions du pays est alors nommé premier ministre avec ou sans majorité. Dans le cas d’un gouvernement minoritaire dans l’exemple canadien, le locataire du 24 Sussex à Ottawa doit former des alliances de circonstances avec les partis d’opposition en négociant pour trouver un compromis afin de faire adopter les projets de loi au cas par cas. Ce système responsabilise d’avantage l’exécutif qui doit rendre des comptes en permanence et l’amène à beaucoup plus d’humilité. Le camp adverse quant à lui s’efforce de trouver un modus vivendi dans une approche constructive pour ne pas devoir porter l’odieux d’un déclenchement hâtif d’élections jamais très populaire auprès des électeurs.
Notre régime bicéphale à la française taillé sur mesure pour le Général de Gaulle à l’époque et qui s’est «monarchisé» ne semble plus adapté aux réalités du XXI ième. La fonction de Président de la République apparaissant désuète, transférons ses pouvoirs à un vrai premier ministre responsable et redevable devant le parlement, l’authentique émanation du peuple. Une révision rapide de l’Article 7 par voie référendaire ou par la convocation des deux chambres permettrait dans un premier temps de soustraire certaines prérogatives à l’Exécutif et de mener ainsi une transition en douceur vers un modèle de type anglo-saxon dotant le parlement de pouvoirs accrus. En acceptant d’ouvrir le débat et de «mettre la table» pour son successeur, Jacques Chirac sortirait grandi d’une telle initiative, à moins de 13 mois de l’expiration de son bail élyséen, qui viendrait compenser un bilan plutôt calamiteux.
En plus de «réveiller» les abstentionnistes fatigués des bidouillages douteux et d’une cuisine électorale toujours aussi insipide, cette réforme constitutionnelle faciliterait une meilleure représentativité des différentes tendances de l’opinion publique au sein de l’hémicycle et réduirait considérablement les frustrations et les tentations désespérées d’un vote protestataire stérile. Elle reflèterait également une plus grande transparence sur le plan de la séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif. Les électeurs y penseraient à deux fois avant de glisser leur bulletin de votes dans l’urne dans une démarche du type «Think twice, vote once».
Enfin, cette formule permettrait aux Français de souches étrangères de faire élire des députés issus de l’immigration facilitant ainsi une politique d’intégration dynamique et ouverte. Malgré la présence de plusieurs millions de citoyens d’origines maghrébine sur le territoire français, nous constatons seulement que sur les 577 députés un seul parlementaire d’Afrique du Nord, Kleber Mesquida, siège au Parlement. Ceci devrait nous faire sérieusement réfléchir si l’on ne veut plus revivre les émeutes de Novembre 2005 ! En distillant une forte dose de proportionnelle nous permettrions alors aux partis politiques français d’inclure facilement des candidats provenant des minorités.
Le défi est de taille, mais nous n’avons plus vraiment le choix !


A lire la chronique de résistance de notre ami, Jean-Louis Caccomo

La facture sociale

Nous récoltons aujourd’hui la facture de trente années de démagogie collectiviste sur fond de faillite institutionnelle et de déclin économique : c’est la facture sociale.
Faillite institutionnelle car l’opposition ne joue plus son rôle d’opposant mais empêche le gouvernement de gouverner en utilisant des méthodes digne de la subversion au mépris des règles civiques élémentaires. Faillite institutionnelle car les chambres n’assurent plus leur rôle législatif, se contentant d’enregistrer les décisions prises au coup par coup par un président en dehors de tout programme de gouvernement clairement défini. Faillite institutionnelle enfin parce que les syndicats, au lieu de gérer la relation nécessaire de complémentarité entre salariés et employeurs dans un souci de développement harmonieux des entreprises, prennent en otage le secteur public et la rue pour faire tomber des gouvernements démocratiquement élus.

Depuis quand des étudiants, qui n’ont pas encore un travail, auraient-ils acquis le droit de grève ? Des années d’endoctrinement, sur fond de destruction de la science économique ont conduit une génération à ne plus rien comprendre au monde qui l’entoure. C’est encore plus flagrant dans les lycées où l’enseignement de l’économie est le monopole de non économistes plus soucieux de faire le procès d’un capitalisme dont ils n’ont toujours pas compris le fonctionnement que de préparer nos enfants à s’intégrer dans le monde réel de l’économie ouverte et dynamique.
En plus de contribuer à infantiliser les masses qui se complaisent dans des postures revendicatives, le discours manichéen qui paralyse notre pays, en compromettant ses maigres chances de modernisation, occulte un clivage plus fondamental, qui dépasse la simple opposition entre la droite et la gauche, et qui rend la recherche d’une « troisième voie » bien illusoire :

- soit l’on considère que l’individu est responsable de son sort et la société doit donner la plus grande liberté pour laisser les individus exprimer leurs choix. Dans cette perspective, la société se dote d’une Constitution qui fixe des limites au pouvoir de ceux qui exercent le pouvoir, assurant par là-même la plus grande part à la respiration de la société civile ;
- soit l’on considère que l’individu ne maîtrise rien et que chacun de nous est victime d’entités collectives supérieures (la société, l’entreprise ou le marché, le « système » ou la « mondialisation ») alors l’Etat doit intervenir pour corriger toutes les situations personnelles.

De ces deux visions du fait social découlent deux conceptions antinomiques de l’Etat : d’un côté, un état « subsidiaire » qui supplée aux défaillances constatées aux niveaux qui lui sont naturellement inférieurs (régions, communes, familles, individus) ; de l’autre côté, un Etat « Providence » (pour ne pas dire un Etat-Nounou en hommage au dernier ouvrage de Mathieu Laine) qui assiste les individus dans toutes les dimensions de leur vie sociale et privée au risque d’évincer tous les niveaux qui lui sont inférieurs pour finir par évincer l’individu lui-même.

Entre ces deux conceptions radicalement opposées, il ne peut y avoir de solution intermédiaire sauf à récolter blocages, corruption et confusion des genres qui sont les conséquences inéluctables de l’économie (mal) administrée. Pourtant, dans la France d’aujourd’hui, s’interroger sur la taille « optimale » de l’Etat et les frontières naturelles de ses compétences est perçu comme une attaque ultra-libérale ! Le libéralisme est lui-même considéré comme une idéologie au service du grand capital.
Prenons garde au retour de boomerang. La critique anticapitaliste systématique a toujours été le plus sûr terreau de l’extrémisme. A tous ceux qui se complaisent dans une critique sans nuance du libéralisme, il faut rappeler que les plus farouches ennemis du libéralisme furent les fascistes, et leur seul mérite fut sans doute d’avoir mesuré toutes les implications de la philosophie libérale : «Le principe essentiel de la doctrine fasciste est la conception de l’Etat, de son essence, de son rôle, de ses fins. Pour le fascisme, l’Etat est l’absolu devant lequel les individus et les groupes ne sont que le relatif… Tout dans l’Etat, rien contre l’Etat, rien en dehors de l’Etat… Le libéralisme niait l’Etat dans l’intérêt de l’individu, le fascisme réaffirme l’Etat comme la véritable réalité de l’individu».

Que ce soit l’Etat pour les uns, le Parti unique pour les autres, ils me font toujours éprouver une grande angoisse ceux qui considèrent l’existence des individus comme une donnée relative.