CPE : Le vrai dommage collatéral

La violence des réactions contre le CPE s’est transformée en violence contre les entreprises.
Si ETHIC, dès le départ a apporté son soutien de principe à une mesure qui va dans le bon sens, celui de favoriser l’employabilité des jeunes insuffisamment formés en complétant leur formation à l’occasion de leur premier emploi, le mouvement en déplore aujourd’hui ses conséquences catastrophiques sur l’image des entrepreneurs.

A cause d’un échec complet de la pédagogie nécessaire, les patrons sont montrés du doigt. On les accuse à l’avance, au nom du CPE de :

> Jeter les jeunes salariés comme des kleenex,
> Les utiliser comme « chair à patrons » !
> Ne recruter QUE pour mieux virer,
> Refuser de s’expliquer sur le motif d’un licenciement, etc.

Selon Sophie de Menthon : « Les patrons vont payer très cher un soutien mesuré d’un contrat devant lequel ils ont été mis comme devant un fait accompli ».

La fameuse réconciliation entre les Français et l’entreprise à laquelle s’applique ETHIC (Fête des Entreprises, « J’aime ma boîte ») en pâtit gravement. On vient, quelle que soit l’issue du conflit actuel, de marteler dans la tête de toute une tranche d’âge le fait que les jeunes étaient voués à un nouvel esclavage salarial.

La haine du patron-ennemi c’est ce que véhiculent des mots qui font mal : précarité, virer, jeter… etc. C’est infiniment plus sérieux que l’intérêt d’une mesure de circonstance : la réalité n’est plus audible.

Pour les patrons d’ETHIC, rappelons cependant qu’il s’agit simplement :

1. d’intégrer certains jeunes qui ne seraient pas recrutés autrement parce que non employables ou trop peu « attractifs » pour une entreprise.
2. que l’exonération de charges sociales (on en parle plus) était destinée à compenser le fait que l’entreprise assurait une formation au jeune dès le deuxième mois.
3. que deux ans correspondent à une période qui permet au jeune recruté de « faire son trou » dans l’entreprise et de se rendre indispensable pour que l’on n’ai pas besoin de s’en séparer.
4. rompre le contrat étant possible, cela incitait l’entreprise à prendre un risque qu’elle n’aurait pas pris autrement.
5. ne pas « justifier » le licenciement est une clause juridique qui a été comprise comme un mépris humain. Or, la justification du licenciement fait peser le risque de sa juridisation devant les prud’hommes. Par simple respect envers le salarié, Il n’est pas question de ne pas lui expliquer pourquoi on se sépare de lui. En revanche la motivation formelle de son licenciement ouvre la possibilité d’un recours devant les Prud’hommes : c’est cette épée de Damoclès que toutes les PME redoutent, et au nom de laquelle elles se refusent à embaucher des jeunes dont la contribution à la valeur ajoutée n’est pas évidente et avérée.

Sophie de Menthon estime que « Le dramatique fossé entre l’enseignement qui justement pose problème, et le monde de l’entreprise, vient de se creuser un peu plus. Ce n’est pas demain que le corps professoral va souffler l’esprit d’entreprendre ! ».