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Vivement
la crise
Déficits persistants, panne de
réformes libérales, croissance molle...
La crise de l’Europe et de l’euro s’annonce.
Paraphrasant
une maxime célèbre, on pourrait dire «Ce
n’est pas parce que l’on mène une politique
libérale que les choses sont difficiles, mais que les
choses sont de plus en plus difficiles parce que l’on
tarde à mener des politiques libérales».
Et hélas, les résultats des élections
en Allemagne et en Pologne, les peurs de l’opinion française
incitent la droite à être plus que jamais timorée
vis à vis d’idées libérales qui
n’ont jamais vraiment été les siennes.
Comme vient de l’écrire Raymond Barre «La
France n’est pas libérale. Sa tradition est protectionniste
et dévaluationniste : c’est la recherche de la
sécurité intérieure et des ballons d’oxygène
sur le plan monétaire» celui-ci ajoute avec
sagesse «Mais qu’ils le veulent ou non, quels
que soient les artifices de langage qu’ils utiliseront,
le monde depuis la chute du bloc soviétique évolue
vers l’économie libérale d’entreprise
et de marché : la France devra bien y passer. Plus
nous attendrons, plus ce sera pénible à supporter
lorsque le règlement final se produira».
Fort heureusement dans le monde d’aujourd’hui,
une politique «illibérale» n’est
pas soutenable. La France ne pourra pas continuer longtemps
à accumuler les déficits, à reporter
ses dépenses d’aujourd’hui (fonctionnement
de l’Etat, assurance maladie...) sur les générations
futures. Rappelons qu’à partir du 28 octobre
l’Etat vit à crédit.
Avec
la disparition du franc et l’arrivée de l’euro
«les ballons d’oxygène monétaire
dévaluationnistes» dont parle Raymond Barre
ne sont plus possibles. Et si pour mettre en oeuvre l’euro
les pays participants ont fait preuve de vertu dans la convergence
de leurs politiques il n’en est plus de même aujourd’hui.
On peut même dire que l’euro est devenu le parapluie
qui protége les mauvaises politiques économiques
des tempêtes financières. Assurément les
politiques menées en France et en Allemagne ces dernières
années auraient depuis longtemps été
sanctionnées et corrigées par les marchés
financiers (hausse des taux d’intérêt et
dévaluation) si on en était resté au
Franc et au Deutschemark.
Comme l'a souligné le rapport Camdessus, nous avons
besoin d'une thérapie de choc. Il nous faut une politique
agressive de libération de l'économie qui, seule,
nous permettra d'atteindre un niveau de croissance forte et
même d'hyper croissance nécessaire pour nous
sortir du piège de l'endettement public, du chômage
persistant et faire face sans drame à nos échéances
sociales. L’Europe pourrait nous y aider car assurément
elle a été jusqu’à présent
un formidable levier pour forcer la France à engager
les réformes libérales qu’elle est incapable
de promouvoir d’elle-même.
Hélas,
nous persistons à faire un mauvais usage de l'Europe
: au lieu d'en faire le levier des réformes en France,
on en fait le bouc émissaire de notre impuissance publique.
En refusant
lors de la campagne du référendum de faire une
pédagogie de la modernité libérale et
des changements nécessaires, en faisant une attaque
en règle contre une Europe trop libérale et
en faisant écho aux thèses les plus radicales
des écologistes, des antimondialistes, en épousant
les rhétoriques les plus à gauche sur les délocalisations,
le dumping social, le dumping fiscal ou le dumping écologique,
on ne pouvait que saper les bases des réformes nécessaires.
Mais
comme nous l’avons souvent souligné dans cette
lettre si l’on a une rigidité monétaire,
il nous faut une très grande souplesse économique.
Si l’on veut maintenir les rigidités de nos vieux
Etats providence, il nous faut une souplesse monétaire.
Résultat
: la zone euro se compose aujourd’hui d’un étonnant
cocktail de politiques divergentes, croissance, inflation,
maîtrise des dépenses publiques. Une telle situation
ne peut déboucher que sur une crise financière
et politique. Et l’on peut même penser qu’une
telle crise est nécessaire pour dessiller les yeux
des politiques et réveiller leurs ardeurs réformatrices

Alain
Madelin
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Ma réforme....au
Canada
Dominique
de Villepin a consacré, la semaine dernière,
sa cinquième conférence de presse mensuelle à
«la réforme de l’Etat». Des mesures intéressantes
qui vont dans le bon sens mais la droite manque toujours de vision
d’ensemble et de méthode. (Voir
le discours du Premier ministre et notre
dossier sur la réforme l’Etat). Dominique de Villepin,
s’il n’avait annulé son voyage à la dernière
minute, aurait dû se rendre au Canada. Une référence
en matière de réformes.
Voir
notre dossier sur la réforme de la fonction publique au Canada
Echec
libéral en Pologne
Après l’échec du libéral
Donald Tusk en Pologne lors des dernières
élections présidentielles et le relatif échec
d’Angela Merkel en Allemagne, notre ami Jean-Paul
Oury (Le Cercle de Nancy), nous livre une analyse très
intéressante. On voit naître partout en Europe une
nouvelle profession : celle «d’exorcistes politiques,
spécialisée dans la chasse au libéralisme.
La recette semble bien établie : se faire élire en
faisant peur.» Jean-Paul Oury tire quelques leçons
pour l’avenir du libéralisme en Europe «c’est
en faisant peur à la peur du libéralisme » que
nous réussirons à chasser tous les fantômes,
les démons et les diables qui continuent de hanter les machines
étatiques de l’Europe toute entière».
«Notre stratégie de communication pour vendre le libéralisme
sera de « tuer une peur par une peur plus grande» :
celle de la mortalité de l’Etat providence ; puis de
la mortalité, nous passerons à la diabolisation...
»
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HUMEUR Y a-t-il
un service minimum du communisme ?
La question est posée
depuis que le député Maxime Gremetz,
le dernier représentant du communisme «traditionaliste»
a sanctionné ses attachés parlementaires. Parmi les
raisons invoquées, ceux-ci avaient déposé un
préavis de grève pour pouvoir participer à
une manifestation. Réponse de Maxime Gremetz : «Il
faut assurer un service minimum à la permanence!».

| LE
CHIFFRE |
CITATION |
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Un
bon exemple de l’économie mondiale du savoir :
aux Etats-Unis, 90% des produits de SIEMENS ont moins de trois
ans (45 000 ingénieurs). |
«On
résiste à l’invasion des armées,
on ne résiste pas à l’invasion des idées.»
Victor Hugo |
Améliorer
la productivité scolaire
Jacques
Bichot rappelle dans un article, paru dans les Echos du
02 novembre, l’urgence pour l’Etat de rentabiliser les
10 milliards d’euros annuel investis dans notre système
éducatif ( plus de 20% du déficit public).
Plus que des solutions simplistes, c’est un état des
lieux instructif qui nous est proposé. « La rentabilité
de l'investissement éducatif n'est pas moins vitale que celle
des autres investissements » c’est pourquoi Jacques
Bichot propose que la productivité scolaire fasse l’objet
« d’études approfondies, par exemple sous l’égide
du nouveau Haut Conseil de l’école.»
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La Cour des comptes pointe la mauvaise gestion des transports
publics urbains
A
l’heure des grèves à la RTM, il est utile de
se replonger dans le rapport très critique que la Cour des
comptes a publié en avril dernier sur la politique conduite
depuis des années en faveur des transports collectifs en
France. Le rapport propose plusieurs pistes dont la mise en concurrence
plus systématique des opérateurs.
Voir
le Rapport de la Cour des comptes sur « les transports publics
urbains » (avril 2005)
A
LIRE |
Cet
Etat qui tue la France
par Nicolas Lecaussin,
chez Plon |
Nicolas
Lecaussin, responsable de la revue de l’Institut français
pour la recherche sur les administrations publiques (Ifrap),
dresse dans son dernier ouvrage «Cet Etat qui tue la France»
un constat accablant sur les tentatives de modernisation de
l’Etat français.
Il résulte de son enquête approfondie sur les multiples
causes de cet échec français que les pays qui
réussissent sont ceux qui contiennent et réduisent
la sphère de l’Etat. En conséquence il propose
que «l’Etat abandonne ses prérogatives comme
elle l’a fait dans d’autre pays». |
Le
libéralisme entre la droite et la gauche
Vous
apprécierez la réflexion de notre ami Patrice
Vezine, qui défend la place du libéralisme
sur l’échiquier politique français.
«Ce libéralisme, si décrié, si mal compris,
si mal expliqué et jamais appliqué en France, est malheureusement
au centre des intérêts catégoriels au lieu d'être
à la place qu'il mérite, c'est à dire celle d'une
alternative populaire au centre de notre vie politique.»
Lire
la suite
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