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Nos parlementaires et le gouvernement devraient donc, à cette époque de l'année, avoir une préoccupation majeure : est-il possible d'améliorer la productivité du système scolaire et universitaire, et, si oui, comment ? Avec 19,5 % du budget de l'Etat pour l'enseignement scolaire et 6,8 % pour la recherche et l'enseignement supérieur, l'enjeu est de taille, d'autant que ces pourcentages ne sont pas à rapporter à 100 %, mais à 83,9 %, les intérêts de la dette publique absorbant de façon incompressible 16,1 % du budget. Comme souvent, regarder ce qui s'est passé depuis quelques décennies et ce qui se fait ailleurs dans le monde met en présence du facteur clef. Selon « L'Etat de l'école », publication du ministère, « les tailles moyennes de classes en maternelle et primaire se situent maintenant aux environs de 26 et 23 élèves, contre respectivement 40 et 30 au début des années 1960. » Quant au second degré, y compris le privé sous contrat, avec 530.000 enseignants pour 6.520.000 élèves, on en est à 12,3 élèves par enseignant, contre plus de 15 aux Etats-Unis, au Canada ou au Japon, et 16,1 dans le secondaire public en France en 1963-1964. La productivité a donc fortement diminué, et elle est faible en comparaison d'autres pays développés. Rien que dans le secondaire, on économiserait environ 100.000 postes en remontant à 15,1 élèves par enseignant. Mais, va-t-on dire, et la qualité de l'enseignement ? Il va de soi que celle-ci ne saurait être négligée au profit du seul facteur quantitatif. Mais faire du petit nombre d'élèves par professeur le critère principal de la qualité du rapport éducatif relève de la langue de bois syndicale, non de l'examen objectif de la réalité. Un enseignant peut faire de l'excellent travail avec 50 élèves, comme on le constate dans les prépas, s'il s'agit de jeunes motivés et appliqués. En revanche, une douzaine de « sauvageons » indisciplinés sont encore trop nombreux pour tirer profit d'un enseignement, fût-il de bonne qualité. La productivité scolaire est sapée par la mauvaise éducation, la paresse et le manque d'intérêt d'une trop forte proportion de nos enfants et adolescents. Ce problème n'a pas de solution simpliste. On ne le résoudra pas par des « y-a-qu'à » et des « faut-qu'on » de café du commerce. En revanche, il devrait faire l'objet d'études approfondies, par exemple sous l'égide du nouveau Haut Conseil de l'école. C'est une question à plus de 10 milliards d'euros - plus de 20 % du déficit public. Cet aspect budgétaire n'est certes pas le plus important des motifs que nous ayons de chercher les moyens de lutter contre la chienlit qui a envahi trop d'établissements et de jeunes cerveaux, mais c'en est un, car la rentabilité de l'investissement éducatif n'est pas moins vitale que celle des autres investissements. Article
de JACQUES BICHOT,
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