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Discours
J'aimerais tout d'abord vous remercier de m'avoir invité à vous adresser la parole. La tâche qu'on m'a demandé de remplir aujourd'hui n'est pas facile. Si j'ai bien compris, votre défi est d'élaborer un programme et une stratégie pour la France qui soient attrayants pour une portion importante de l'électorat français, mais qui fassent en même temps preuve de rigueur d'un point de vue économique. Et vous souhaitez connaître les leçons que le Canada pourrait vous offrir dans le but d'atteindre cet objectif. En tant que critique professionnel des politiques publiques canadiennes, j'aurais aimé pouvoir vous dire que l'expérience de mon pays constitue un exemple éclatant de rationalité économique et de liberté individuelle, que l'État y a perdu son pouvoir dominant, et que la part de la richesse nationale accaparée par le gouvernement est stable ou diminue au lieu d'augmenter. Rien de tout ceci ne correspondrait cependant à la réalité. Il est vrai que le Canada est l'un des seuls pays industrialisés à avoir mis de l'ordre dans ses finances publiques à l'échelle nationale, mais cela a été rendu possible par un transfert des coûts aux autres niveaux de gouvernement et par une augmentation des impôts, non par une véritable rigueur financière ou par un contrôle des dépenses. Ce bref moment de gestion financière raisonnable est d'ailleurs déjà en voie de s'estomper, un peu comme la sensation de bien-être provoquée par un rêve dont on se souvient à peine du contenu cinq minutes après s'être éveillé. La proportion de la richesse nationale accaparée par l'État atteint maintenant presque 41 %. C'est un niveau qui peut paraître bas dans un contexte français, mais qui est élevé dans une perspective historique canadienne et par rapport à notre principal partenaire commercial, les États-Unis, où l'État absorbe seulement autour de 30% du PIB. Malgré
cela, il y a quatre domaines où l'expérience canadienne
peut, à mon avis, offrir des éléments pertinents
pour votre démarche : Laissez-moi vous expliquer chacun de ces thèmes. Vous sortez gagnants lorsqu'il y a plus d'information, d'évaluation et de responsabilisation. On
pourrait exprimer cette idée de façon différente
en disant que lorsqu'il n'existe pas Une
stratégie plus susceptible de fonctionner est d'amener le débat
sur le terrain des résultats plutôt que des intentions, et
de retirer ainsi à vos adversaires l' avantage moral dont ils bénéficient.
Beaucoup de gens vont se ranger du côté de la gauche lorsqu'il
s'agit Il est extrêmement difficile au Canada d'obtenir de l'information sur la performance des écoles publiques. La raison en est bien simple : les autorités publiques jouissent d'un monopole presque complet sur la fourniture de services d'éducation. Il est possible d'échapper à l'école publique, mais vous devrez alors payer deux fois pour le même service : une première fois par vos impôts pour les écoles publiques qui sont obligées d'accepter votre enfant, et une deuxième fois en déboursant les frais de scolarité de l'école privée où vous voulez l'envoyer. La vaste majorité des parents ne peut se permettre de faire de tels sacrifices. Comme c'est le cas de tous les monopoleurs, les autorités scolaires publiques abusent de leur pouvoir. Elles le font en accord avec la remarque perspicace d'un célèbre économiste : « la meilleure rente monopolistique est celle qui procure une vie tranquille ». (the best monopoly cent is the quiet life) Les monopoleurs du secteur public sont en conflit d'intérêts, en étant à la fois les fournisseurs d'un service et ceux qui ont la tâche d'évaluer si le service offert est suffisant et de qualité. Ces monopoleurs s'accordent une vie tranquille par le simple fait de n'avoir aucune mesure concrète et de ne recueillir aucune information utile sur l'efficacité du système, soit réussir à éduquer nos enfants. Les examens sont peu nombreux, et lorsque les résultats sont rendus publics, ils concernent presque toujours le système d'éducation dans son ensemble. Et
pourtant, les enfants reçoivent leur éducation dans des
écoles particulières, et non dans un « système
» abstrait. Sans information concrète, il est impossible
de savoir quelles L'institut
que je dirige a réussi à sortir les écoles publiques
de leur torpeur dans notre De plus, à peine un mois après le lancement de ce premier bulletin, chacune des provinces dans notre région avait déjà annoncé de nouvelles mesures pour évaluer la performance et responsabiliser les gestionnaires des écoles, et cela sous la pression des parents qui l'exigeaient. Ceux-ci avaient maintenant une idée plus claire de la valeur des services d'éducation qu'ils obtenaient en échange de leurs impôts et de la qualité offerte par l'école de leur localité, et dans bien des cas ils étaient loin d'être impressionnés. La demande pour le changement est venue de la base tout simplement parce que les gens avaient maintenant une meilleure compréhension de ce que le système produisait. L'information et la responsabilisation sont des outils réellement puissants. À cause d'eux, les monopoleurs du secteur public ne peuvent plus contrôler le débat, ni l'information que les gens obtiennent. Ne pensez pas que tous les changements doivent être enclenchés au sommet. Donnez l'information nécessaire aux gens impliqués sur le terrain et permettez leur d'examiner les services publics, et vous verrez que les résultats seront souvent surprenants. Les
recettes entraînent les dépenses. Ceux qui s'opposent aux réductions d'impôts prétendent qu'il faudrait le faire uniquement lorsque nous « pouvons nous le permettre », c'est-à-dire, selon eux, lorsque le gouvernement a dépensé tout l'argent qu'il voulait et qu'il lui en reste encore un peu. Mais si l'on adopte ce critère, les impôts ne seront jamais réduits parce que les gouvernements considèrent les fonds à leur disposition comme des raisons de dépenser. Un politicien canadien a exprimé la même idée autrement : les recettes entraînent les dépenses. (« revenue causes spending ») Réduisez les dépenses dans un domaine et un bureaucrate quelconque trouvera toujours une bonne raison de dépenser ces fonds ailleurs. L'expérience nous enseigne que la seule façon de réduire les dépenses des gouvernements est de leur fournir moins d'argent. Si vous combinez cela avec un engagement ferme à ne pas faire de déficit, vous obtiendrez un programme de rigueur financière qui garantira que le gouvernement vivra selon les moyens de ces citoyens. Soit dit en passant, il est possible de rendre la notion de rigueur financière attrayante pour la gauche, parce qu'elle permet d'assurer la capacité d'intervention de l'État. Or,
les syndicats du secteur public, les groupes de pression revendicateurs
qui défendent des intérêts particuliers et les autres
clients du gouvernement dénoncent évidemment toute tentative
de réduire la taille de l'État parce que cela représente
une perte d'influence pour eux, Leur contre-attaque favorite est d'affirmer
que toutes les dépenses publiques ont d'énormes effets bénéfiques
sur la société, alors que les individus et les entreprises
ne dépensent l'argent qu'ils ont gagné qu'à des fins
égoïstes. Mais le contribuable moyen n'a souvent aucun espoir
d'obtenir le salaire et la pension bien plus généreuse du
fonctionnaire qu'il finance avec ses impôts, et cela ouvre la porte
à un discours sur N'hésitez pas à souligner qu'il est insultant de suggérer que ce que les gens peuvent faire avec leur propre argent est d'une quelconque façon « inférieur » ou pire, « destructeur », comparé à ce que les fonctionnaires de l'État auraient fait de cet argent. Rappelez aux gens les autres choix possibles : N'y a-t-il pas des jeunes ménages qui souhaitent acheter une voiture pour permettre à la mère de travailler hors de la maison, ou qui cherchent à économiser pour s'acheter la maison de leurs rêves? Les réductions d'impôt transfèrent aux contribuables le pouvoir de faire ce qu'ils veulent avec les fonds qui sont les leurs. Nous
avons besoin de l'État et des impôts. Mais comme les économistes
l'ont démontré à Votre
cri de guerre devrait être qu'aucun pays n'a jusqu'ici atteint la
prospérité avec des impôts toujours plus élevés.
(You cannot tax your way to prosperity) Si vous réduisez les impôts dans le contexte d'un engagement à maintenir un budget équilibré, vous devez alors réduire également les dépenses. C'est le sens de ce double engagement : vous faites confiance aux gens et à leur capacité de dépenser leur propre argent pour réaliser les objectifs qui leur tiennent à cœur, et vous assurer l'intégrité de l'État par une politique de rigueur financière. Comment alors faire face à la levée de boucliers que cela suscite? J'ai déjà suggéré quelques façons, mais allons plus loin. J'ai attentivement observé plusieurs gouvernements réformistes, notamment en Ontario, en Alberta, en Irlande et en Nouvelle-Zélande, et je crois qu'ils ont des leçons claires à nous offrir. l.
Misez sur la qualité. Lorsque les gouvernements réformistes
mettent en place des Il est dans l'intérêt des personnes les plus vulnérables de notre société que l'on réforme l'État-providence. J'arrive maintenant au quatrième et dernier thème que j'aborderai avec vous ce matin. Les politiciens et penseurs de la gauche prétendent être seuls à s'inquiéter du bien-être des plus démunis de la société. Et pourtant, il est facile de démontrer que leurs politiques sont dommageables pour les plus vulnérables. Il est plus important de réformer l'aide sociale pour des raisons de compassion que pour l'efficacité économique qui pourrait accessoirement en découler. La clé d'une réduction de la pauvreté est le travail, et non l'aide sociale. Au Canada, entre le tiers et la moitié des personnes qui se trouvent dans le quintile inférieur de revenus pendant une année n'y sont plus l'année suivante, non parce qu'elles sont mortes de faim, mais parce que leurs revenus sont plus élevés. Et les données de Statistiques Canada indiquent clairement ce qui fait la différence entre tomber dans la pauvreté et y échapper : la façon la plus facile et la plus répandue est de travailler plus longtemps. Travailler fort et bénéficier d'un marché du travail dynamique fait toute la différence. Cette
constatation est importante car elle permet d'éclairer le fait
que pour une forte proportion de ceux qu'on considère comme des
« pauvres », la pauvreté est simplement une condition
temporaire et de nature strictement économique dont ils vont se
libérer. Pour cette partie de la population, l'assistance sociale
(Qui correspond en gros à ce que vous appelez le RMI en France)
fonctionne précisément comme elle est censée Le partage de risque est la notion fondamentale qui sous-tend l'assurance. Un tel partage de risque est essentiel parce que, comme nous le savons tous, les coûts de nombreux types d'événements peuvent être catastrophiques et tombent au hasard sur quelques personnes chaque année. Cependant, tout système d'assurance a son talon d'Achille : le risque moral. Être assuré contre un risque incite les gens à modifier leur comportement parce qu'ils peuvent alors faire porter aux autres assurés les coûts des risques qu'ils prennent. Les conducteurs qui ont une assurance automobile sont statistiquement moins prévoyants que ceux qui savent qu'ils devront défrayer l'entièrement des coûts d'un accident. Les joueurs de football américain qui portent un équipement de protection se permettent de jouer de façon plus risquée que les joueurs de football européen, qui n'en portent pas. Pour éviter ces problèmes et contrôler les coûts, l'industrie des assurances a développé un ensemble de mécanismes tels que les franchises et la participation aux coûts de façon à réduire la possibilité pour un assuré de transmettre une trop grande part des coûts aux autres. Tous
les types d'assurance - et l'assurance sociale ne devrait pas faire exception
- est un compromis entre les effets souhaitables de la mise en commun
des risques et le problème soulevé par ces effets, à
savoir le risque moral. Dans le cas de l'assurance sociale, il existe
donc un second type de personnes qui ont recours au filet de sécurité
sociale non pas uniquement lorsqu'ils connaissent des problèmes
temporaires, mais qui vivent en fait en tenant pour acquise la disponibilité
permanente et certaine de bénéfices sociaux, et qui en sont
venus à dépendre entièrement de ces bénéfices.
En d'autres mots, ils sont Le premier type de personnes à faible revenu ne pose pas de problèmes spécifiques du point de vue des politiques sociales, mais notez bien pourquoi : ils ont intégré un ensemble de comportements et d'attentes, y compris une discipline personnelle et un sens de la valeur du travail, qui leur permettent, de sortir assez facilement de leur situation de pauvreté et de retrouver un style de vie qui correspond mieux à leurs attentes. Le taux de renouvellement dans cette catégorie de pauvres est un signe parmi d'autres de la vigueur des individus qui s'y retrouvent à un moment de leur vie. La pauvreté n'est pas uniquement une condition économique, mais aussi dans bien des cas une condition culturelle En dépit d'une rhétorique politique très présente et malgré les prétentions des mouvements pour les droits sociaux, la pauvreté n'est pas uniquement-ni même principalement - une condition économique. Elle est aussi sous plusieurs aspects une condition culturelle, dans la mesure où elle dépend des valeurs d'une personne. Cela signifie qu'on ne peut jamais venir à bout de la pauvreté simplement en distribuant des chèque de soutien au revenu, mais bien en remettant en question et en modifiant des comportements. En réalité, la pauvreté est une question de caractère individuel à un degré surprenant. Edward
Banfield a écrit à ce sujet un ouvrage clé qui a
été largement oublié, pour le plus grand préjudice
des personnes prises au piège de notre système d'assistance
publique. Dans ce livre qui traite des problèmes des quartiers
pauvres des villes américaines, intitulé The Unheavenly
City, Banfield accumule des preuves convaincantes pour montrer que la
différence cruciale entre le pauvre et celui qui ne l'est pas ne
tient pas au revenu, mais aux valeurs culturelles, et en particulier aux
attitudes par rapport au temps. Selon ses termes, les pauvres ont une
perspective orientée vers le présent, alors que tous les
aines regardent vers le futur. La notion d'efficacité personnelle qui se déploie dans le temps semble être dans une large mesure une valeur apprise. Et pour bon nombre de gens, cet apprentissage a été limité ou n'a pas eu lieu. Les jeunes ont souvent une perception très vague des conséquences à long terme de leurs actions. La société a traditionnellement compensé ces lacunes par un ensemble de structures - la famille, l'école, le travail, l'église, les groupes communautaires, les pressions légales et sociales pour maintenir une cellule familiale stable et éviter les grossesses hors mariage. Le travail était récompensé, et pas seulement parce qu'il constituait la seule façon de gagner sa vie. Le travail conférait également un statut social, procurait le sentiment d'être un membre respecté de la communauté, et ceux qui ne travaillaient pas étaient stigmatisés. La
mobilité socio-économique qui, comme je l'ai noté
plus tôt, est le seul moyen de sortir de la pauvreté, dépend
en fait de la volonté des pauvres d'investir du temps, de l'énergie,
de la concentration psychique et de l'argent - des investissements dont
les dividendes n'apparaîtront que dans l'avenir. Comme Charles Murray
l'a souligné dans son important Pour maintenir l'effort tout au long de ce qui peut être une longue période, le système doit aussi offrir des incitations et des récompenses: Les deux facteurs les plus importants dans cette dynamique sont donc les valeurs culturelles et les récompenses, pas le revenu. Il est nécessaire de croire que les investissements vont produire des bénéfices, et il doit y avoir des récompenses en cours de route pendant que des sacrifices sont faits pour investir. Au lieu de cela, la philosophie qui sous-tend nos politiques d'aide sociale a fortement ébranlé ces valeurs culturelles, en insistant sur le fait que la pauvreté est simplement quelque chose qui vous tombe dessus, comme si vous étiez une victime impuissante, et non une condition de laquelle on peut se tirer en travaillant fort. S'il est vrai que certaines personnes travaillent fort et échappent à la pauvreté, alors on doit en conclure que plusieurs de ceux qui sont restés derrière auraient pu aussi s'en tirer mais ne l'ont pas fait. Ce n'est pas nécessairement parce qu'ils sont paresseux, mais plutôt parce qu'il leur manque peut-être la série de valeurs culturelles qui rendraient ce succès possible, à savoir les valeurs qui établissent un lien entre vos actions d'aujourd'hui et votre condition demain. Les incitations font une différence Venons-en
donc à mon point suivant, qui est que dans cette bataille pour
inculquer les bonnes valeurs culturelles qui procurent aux pauvres les
moyens de réussir, les incitations font une différence majeure.
Nous obtiendrons les types de comportement que nous voulons seulement
si nous les récompensons et les renforçons. Et cela est
doublement vrai dans le contexte de la Nouvelle Économie, une économie
caractérisée par une abondance de capitaux et de savoirs,
mais aussi par une pénurie de main-d'œuvre. Le résultat n'a pas été l'appauvrissement et la misère, mais plutôt une remontée du taux de participation au marché du travail, l'utilisation de nouvelles technologies pour rendre les personnes peu éduquées plus productives, et une augmentation autant de l'emploi que du revenu parmi la masse de ceux qui avaient été jusque-là pratiquement exclus du marché du travail et qui connaissaient le chômage depuis des générations. Cette application des nouvelles technologies que je viens de mentionner est un exemple particulièrement approprié dans le contexte de la Nouvelle Économie. À mesure que la main-d'ceuvre devenait moins abondante, il devenait de plus en plus nécessaire de trouver des façons rapides de faire travailler des personnes considérées comme inaptes au travail. Ainsi, McDonald's a par exemple investi beaucoup d'argent dans la conception d'une caisse enregistreuse pouvant être utilisée par des personnes analphabètes. Et puisque le travail procure des récompenses tangibles et immédiates (en termes de salaire, d'estime de soi, de sentiment d'accomplissement), alors que l'école demande justement cette croyance dans les dividendes à long terme qui fait souvent défaut, il est beaucoup plus réaliste dans bien des cas de mettre les gens au travail que de les forcer à s'éduquer. Ce
qui apparaissait d'abord comme une difficile réforme sociale s'est
en fait révélée une immense expérience émancipatrice
pour des centaines de milliers de personnes. L'État est mal équipé pour résoudre les problèmes qui provoquent une pauvreté pathologique Le dernier point que je voudrais mentionner découle des autres. Pour ceux qui n'ont pas les valeurs culturelles appropriées, la seule façon de se sortir de la pauvreté est de modifier leur comportement. Cela peut en partie s'accomplir avec de meilleures incitations, mais il y a une limite à notre capacité d'augmenter les « incitations positives ». Ce dont nous avons besoin n'est pas plus d'argent, mais bien une meilleure capacité de discriminer entre ceux qui se servent de l'aide sociale comme d'une assurance leur permettant de traverser un moment difficile dans leur vie, et ceux dont les valeurs et les comportements les condamnent à la pauvreté. Et nous devons mettre en place des politiques qui feront progressivement en sorte qu'il sera plus difficile pour les membres du deuxième groupe de demeurer prestataires à long terme. L'État
est toutefois mal équipé pour remplir ces fonctions d'assistance
sociale. L'État peut très facilement émettre des
chèques sur la base de critères abstraits et objectifs,
par exemple un faible revenu, une situation de chômage, ou le fait
d'être vieux. Mais il n'a pas du tout les compétences nécessaires
pour discriminer entre ceux dont les valeurs et C'est justement pour cette raison, à mon avis, que nous constatons maintenant aux ÉtatsUnis et en Grande-Bretagne un rôle grandissant du secteur privé dans la fourniture de services sociaux, y compris des organismes à but non lucratif et des oeuvres de bienfaisance liées aux églises. Le principal attrait de ce développement n'est pas vraiment qu'il permet d'économiser des fonds publics -je crois en fait qu'une véritable réforme de l'aide sociale n'entraîne pas d'économie, et que ce n'est pas le but de l'exercice - mais plutôt que ces agences privées seront plus exigeantes envers leur clientèle, et auront des attentes plus élevées pour ce qui est de l'amélioration des comportements. Je vous remercie de m'avoir écouté si attentivement et je me ferais un plaisir de répondre à vos question. Discours
de Brian Lee Crowley,
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